Mon OM à moi – Des comptes à équilibrer

Journaliste à But! depuis 2001, Raphaël Nouet est avant tout un supporter raide dingue de l’OM. Qui partage ses souvenirs avant la finale de mercredi.

Demain, je vais vivre ma sixième finale de Coupe depuis les tribunes. La première d’Europe. J’étais trop jeune pour celles de 91 et 93 et, de toute façon, je ne vois pas comment j’aurais pu les voir autrement qu’aux côtés de mon père, qui nous a quittés peu de temps après que Thierry Roland ait déclaré qu’on « pouvait mourir tranquille » le 12 juin 1998 suite au triomphe des Bleus à la Coupe du monde. En 1991, il avait eu un geste de rage après la volée manquée de Papin. Problème : j’étais à côté de lui à ce moment-là et il m’avait involontairement tapé ! Deux ans plus tard, il avait halluciné en voyant que je n’avais pas touché à mon assiette (une rareté pour ceux qui me connaissent), tellement j’étais nerveux. En 1999, un problème de passeport m’avait privé du voyage à Moscou et en 2004, nous avions bouclé à But! une édition spéciale pour la finale perdue contre Valence. Je me souviens d’Olivier Rey voulant mettre en Une la tête de Pierluigi Collina, qui avait expulsé Fabien Barthez après avoir accordé un pénalty à Valence juste avant la mi-temps, avec une cible sur le front !

Une pensée pour le supporter venu d’Orléans

J’ai dû attendre d’avoir 26 ans pour vivre ma première finale. Et quelle finale ! Un Clasico au Stade de France, rien de moins ! Mon enthousiasme est vite retombé entre la faute de Mendy qui a blessé Pagis sans être sanctionné d’un pénalty et les buts parisiens signés des fantômes Kalou et Dhorasoo. L’identité des héros du PSG est la preuve que quelque chose d’irréel s’est passé ce soir-là. D’ailleurs, pour faire écho à une précédente chronique, je n’ai pas vu le but de Maoulida puisque ma limite avec le PSG est un 0-2. J’ai entendu la clameur des supporters marseillais depuis le quai du RER… J’étais déçu mais ce n’était rien comparé à OM-Sochaux un an plus tard, soit en 2007. Quel fiasco ! Je n’ai jamais vu une foule aussi silencieuse que celle des supporters marseillais quittant le SDF au coup de sifflet final. Nous étions tous abattus, tristes au possible et, personnellement, certain qu’une malédiction planait sur le club, qui l’empêcherait à jamais de remporter un nouveau titre. Ce soir-là, j’ai beaucoup pensé à un supporter phocéen venu d’Orléans. A cette époque, je prenais un abonnement au Vélodrome pour la fierté d’en posséder un. De fait, j’avais eu le droit à une place en virage pour la finale, que je m’étais empressé de revendre. Le pauvre supporter était venu après son boulot depuis Orléans, avait lâché une somme assez élevée pour avoir le précieux sésame et avait dû repartir anéanti…

Heureusement, en 2010, la roue tourne a tourné, comme l’a dit Franck Ribéry, à qui je ne pardonnerai jamais d’avoir été transparent contre Sochaux en 2007. Pour la finale de la Coupe de la Ligue, j’avais pris une place presque par réflexe. J’étais persuadé que nous allions prendre une tôle face à des Bordelais qui marchaient sur l’eau. Au lieu de quoi, c’est nous qui avons donné la leçon, brisé la malédiction des 17 ans sans titre et créé une dynamique qui allait nous porter vers le sacre en championnat. Quelle soirée magique dans ce SDF aux trois-quarts rempli de Marseillais ! En 2012, rebelote face à l’OL (j’ai manqué la finale de 2011 à cause d’un ennui de santé mais j’avais acheté ma place) ! Tout le monde a dit que ça avait été un sommet de l’ennui. Eh bien, perso, quand je gagne, je ne m’ennuie jamais ! J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer la finale de la Coupe de France 2016, perdue contre une montagne de billets…

 

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Si on fait les comptes, ça fait 2 victoires et 3 défaites pour le moment. Mon côté pessimiste me fait dire que mes finales marchent par cycles de deux et que celle de demain va donc se conclure sur une note amère. Mon côté optimiste espère que les comptes reviendront à l’équilibre mercredi sur les coups de 23h. Même si une victoire en Europa League pèse bien plus lourd dans la balance que les Coupes nationales…

R.N.