Mon OM à moi – Pas de mythe sans foi ni combat

Journaliste à But! depuis 2001, Raphaël Nouet est avant tout un supporter raide dingue de l’OM. Qui partage ses souvenirs avant la finale de mercredi.

Au moment où cette chronique sera diffusée, je serai en route pour Lyon ou déjà arrivé. La pression, déjà bien présente depuis lundi, aura explosé au moment où je découvrirai l’Aulas Stadium pour atteindre un niveau insoutenable lors du coup d’envoi. Cette fois, on y est. La plénitude qui s’est emparée de tous les supporters marseillais depuis la qualification pour la finale va soit s’arrêter brutalement, soit connaître un paroxysme orgasmique. C’est triste à dire mais depuis la fin de la période Deschamps, les saisons de l’OM s’arrêtaient dès février-mars, quand une qualification pour la Ligue des champions s’envolait et quand les éliminations dans les Coupes nationales étaient consommées. Cette année, ô joie, le plaisir aura duré jusqu’au 16 mai. Une vraie prouesse, enfantée par des matches déjà légendaires contre Leipzig et Salzbourg.

Pour ce soir, je l’ai dit, je ne suis pas très optimiste. Mais je ne le suis pas de nature, surtout avec l’OM. Je préfère anticiper un verre à moitié vide et être heureux s’il est plein qu’inversement. Beaucoup de choses rapprochent la finale de ce soir de l’historique 26 mai 1993, que tous les supporters marseillais chérissent au plus haut point. L’adversaire semble largement supérieur (plus en tout cas que Parme en 1999 ou Valence en 2004), son maillot possède des rayures rouges verticales (oui, c’est tiré par les cheveux), c’est un représentant du meilleur championnat du moment, notre équipe est plus combattive que talentueuse, personne ne la voyait aller aussi loin… Pour entrer dans la légende comme Deschamps, Boli, Barthez et compagnie, il va falloir que Rudi Garcia et ses hommes fassent leur une phrase inscrite sur les écharpes vendues aux abords du Vélodrome dans les années 90 : un mythe, une foi, un combat. Tout l’OM résumé en six mots. Pour accéder au statut de mythe, il a fallu combattre et avoir la foi. Je ne doute pas une seconde que cet effectif renie ses vertus guerrières en ce soir si particulier. J’espère seulement qu’il a suffisamment foi en sa capacité à terrasser l’ogre « colchonero ». Nous, en tout cas, nous l’avons. Depuis toujours et pour toujours. Le mythe marseillais a contaminé des milliers de supporters à travers l’Hexagone. Tous les matches à l’extérieur en Ligue 1 permettent de mesurer l’incroyable cote de popularité du club. Dernièrement, à Troyes, j’ai été choqué (et les joueurs aussi) car au moins la moitié du stade était phocéenne. Le parcage visiteur était vide mais les Aubois ont été copieusement sifflés à leur entrée sur le terrain, des « Aux armes » sont partis des quatre tribunes, ce qui a méchamment énervé le speaker local.

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Cette foi, cette passion, cet amour démesuré ne seront pas remis en cause en cas de défaite ce soir. Dans le pire des cas, on se verrait comme notre adversaire, qui était surnommé à une époque le « Malchanceux FC ». Mais un triomphe européen embraserait un peu plus le volcan. Et surtout, surtout, il donnerait à ma deuxième fille, qui devrait naître dans quelques jours, un deuxième prénom commémoratif. Pour rigoler, j’avais soumis l’idée qu’en cas de succès le 16 mai, on l’appellerait aussi Victoire. La blague pourrait finalement prendre une tournure officielle (surtout si elle a le bon goût de venir au monde le 26 mai !). Alors, pour tous les supporters qui comme moi n’ont pas connu Munich depuis les gradins, pour nous tous qui avons été gavés de pain noir ces dernières années, chambrés par les fans d’autres clubs, mais aussi pour Victoire, ALLEZ L’OM !

R.N.