ASSE, le Bataclan… La ligne de défense grotesque du président du FC Metz

Bernard Serin aurait mieux fait de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de réagir en conférence de presse à la décision de la Commission de discipline de la LFP suite à l’incident de Metz – OL.

Sanctionné d’un retrait de deux points et d’un match à rejouer à huis-clos face à l’Olympique Lyonnais pour le jet de pétard dont a été victime Anthony Lopes le 3 décembre dernier, le FC Metz ne décolère pas. En marge de la présentation de Cheikh Diabaté, le président du club lorrain Bernard Serin s’est laissé aller à une comparaison assez fumeuse pour se défendre : «Quelle faute a-t-on commis ? Celle d’avoir laissé quelqu’un entrer avec un pétard gros comme une petite pile ? 488 engins pyrotechniques ont été jetés dans les stades de L1 cette saison. Quelle faute a-t-on commis de plus que les 17 autres clubs concernés par ces 488 jets depuis le début de saison ? (…) C’est comme si, il y a quinze mois, la justice avait condamné le Bataclan !»

Saint-Etienne et Nancy utilisés pour défendre l’indéfendable

Pour se plaider sa cause face aux justifications de la Commission de discipline, le dirigeant messin a évoqué d’autres incidents vaguement similaires : «Le président de la commission (Sébastien Deneux) a dit que cette décision sanctionnait des faits inédits et intolérables. J’espère que ce ne sera pas une tolérance à géographie variable. Pour le coté inédit, il a la mémoire courte. En mai 2015, lors de Nancy-Angers, le gardien du SCO (Butelle) avait été atteint par un pétard, l’ASNL avait pris 10 000 € d’amende. En mai 2016, lors d’ASSE-Lille, le gardien du LOSC Enyeama avait aussi été atteint par un pétard, cela a donné lieu à un match à huis clos et 30 000€ d’amende.»

Rappelons quand même que, suite à ces jets de pétard, Anthony Lopes a été conduit à l’hôpital avec une surdité traumatique et un traitement sous plusieurs semaines. Ce qui ne fut le cas ni de Ludovic Butelle ni de Vincent Enyeama sur les précédents évoqués. On peut certes comprendre la frustration de Bernard Serin de voir son club pénalisé durement alors qu’il avait renforcé le nombre de stadiers mais de là à mettre ça sur un pied d’égalité avec un attentat ou des incidents à la gravité moindre, non.

Arnaud Carond