ASSE – L’analyse de Laurent Hess : « L’important, c’est pas la chute »

Tombée de la 3e à la 12e place de la L1 en l’espace de deux mois, l’ASSE n’a plus que 4 points d’avance sur l’actuel barragiste, Toulouse, avant de se rendre à Marseille, dimanche, dans un stade Vélodrome où elle ne s’est plus imposée depuis 1979. 

On le savait, c’est confirmé : les choses peuvent aller très vite dans le foot. Oscar Garcia l’a montré en prenant la poudre d’escampette dans la foulée d’un derby cataclysmique, et l’ASSE le démontre avec sa chute vertigineuse au classement. 3e de L1 mi-octobre après son succès contre Metz (3-1), fêté dans le kop nord par Bryan Dabo, le club forézien n’est plus que 12e aujourd’hui, deux mois plus tard. La réussite qui avait accompagné les Verts lors des premières journées s’est envolée, leurs illusions aussi. Avec la pauvreté du jeu proposé, les difficultés éprouvées par ses recrues de l’été, tout le monde craignait un début de saison en trompe l’œil. Et l’ASSE a été rattrapée par sa médiocrité. Déçu de son effectif et des dysfonctionnements du club, Oscar Garcia a préféré s’en aller. Julien Sablé joue les pompiers de service, avec Jean-Louis Gasset pour le seconder, mais le constat est là : avec 2 points pris en 4 matches depuis sa nomination, « Juju » a beaucoup de mal à éteindre l’incendie. L’équipe reste sur une série de 7 matches sans victoires (3 nuls, 4 défaites) et son avance sur la zone rouge a fondu comme neige au soleil, avant une fin d’année compliquée. Bref, il y a le feu chez les Verts !

Et il faudra faire sans Perrin

« On est conscients de la situation », a soutenu Vincent Pajot après le match nul contre Nantes (1-1). L’ancien Rennais avait montré la voie en ouvrant le score d’une très belle frappe. Mais cela n’a pas suffi. Claudio Ranieri a corrigé le tir à la mi-temps et les Canaris sont repartis du Chaudron avec 1 point mérité. Ils auraient même pu en prendre 3, sur la fin, sans un bon Stéphane Ruffier et un raté de Santy Ngom sur la dernière action du match. Contrairement à ce qu’il s’était passé à Bordeaux (0-3) cinq jours plus tôt, l’ASSE était pourtant bien entrée dans la partie. Mais la blessure de Loïc Perrin a été un tournant. Léo Lacroix, qui l’a remplacé, a été de suite en grande difficulté, et l’équipe n’a fait que subir lors des 30 dernières minutes. Si ce match nul,  le 2e en 2 matches à domicile depuis que Sablé est là, est un moindre mal, il n’arrange pas les affaires de l’équipe, qui ne compte plus que 4 points d’avance sur le 18e, Toulouse. C’est bien une ASSE toujours aussi malade qui se déplacera dimanche soir à Marseille, en clôture de la 17e journée de L1, et personne ne s’attend à un exploit, dans le Forez, compte tenu de la forme des deux équipes, surtout qu’il faudra faire sans Perrin, et compte tenu aussi de cette malédiction qui frappe les Verts au Vélodrome, où les Stéphanois restent sur une série de 24 matches sans victoire (20 défaites, 4 nuls) depuis leur dernier succès en 1979. Battus à plate couture l’an dernier (0-4), l’ASSE ne partira vraiment pas favorite. Mais pourtant, il faudra bien qu’elle prenne quelques petits points sur ses 3 derniers matches (Marseille, Monaco, Guingamp) pour passer les fêtes au chaud.