ASSE : Loïs Diony, muet malgré lui

A la recherche de son premier but depuis son arrivée à l’ASSE au mercato, Loïs Diony, acheté 7,3 M€ à Dijon, tarde toujours à justifier son transfert. Mais est-ce uniquement sa faute ? 

Dans le quotidien Ouest-France, avant le match contre Nantes (1-1) dimanche dernier, le recruteur de Chelsea Guy Hillion, qui avait faire venir Loïs Diony aux Girondins de Bordeaux puis au FCN, a reproché à l’ASSE la mauvaise intégration de son ancien protégé. « Loïs traîne son spleen dans un collectif à la dérive, a en effet soutenu Hillion. J’ai assisté au dernier match des Verts à Bordeaux. Loïs a été intelligent dans les déplacements mais on ne lui a pas souvent donné le ballon au moment où il le fallait. Il a un cœur énorme, un gros volume de jeu mais c’est un gamin qui fonctionne beaucoup à la confiance. Pour qu’il soit bon, son entourage doit être bon. La meilleure façon de mettre un attaquant en confiance, c’est de lui permettre de marquer des buts en début de saison. Il s’est créé trois pénaltys depuis le début de saison et n’en a pas tiré un seul… Ils ont été à côté de la plaque à Saint-Etienne. S’il avait mis ces trois pénaltys, il ne serait pas dans la galère. C’est un gamin qui a du talent mais, actuellement, il est à la rue moralement. » Des propos corroborés par Pierre Aristouy, actuel coach de la réserve nantaise, qui avait relancé le n°9 des Verts à Mont-de-Marsan. “Loïs encore plus que les autres, il marche à l’affect. Il faut qu’il sente une vraie volonté de lui faire confiance, de mettre en place des choses pour lui. Je n’ai pas de conseil à donner mais j’ai du mal à comprendre ce qui se passe avec lui à Saint-Etienne. Il est là-bas depuis six mois, on voit qu’il n’est toujours pas bien. S’il est bien, c’est 15 buts dans l’année. Je ne comprends pas trop pourquoi on en est encore là…

Il a peu de ballons et ne tire pas les penaltys

Quinze buts dans l’année, Diony en est encore loin, très loin, puisqu’il n’a toujours pas ouvert son compteur depuis son arrivée à l’ASSE : zéro but en treize matches, dont huit comme titulaire. L’attaquant reste sur deux titularisations à Bordeaux et contre Nantes. Deux matches au cours desquels il a été très peu servi : à chaque fois, l’ancien Dijonnais a touché vingt-six ballons. Il n’a tenté qu’un tir à Bordeaux et trois contres Nantes, sans en cadrer un seul. Face aux Canaris, Diony n’a pourtant pas ménagé ses efforts. En vain. “Beaucoup le critiquent mais honnêtement, je trouve que c’est injuste et un peu trop facile, soutient l’ancien attaquant des Verts Adrien Ponsard. Diony bouge beaucoup, il fait des appels. Mais le plus souvent, il est obligé de s’excentrer pour toucher le ballon. Et la plupart du temps, il est dos au but. Ce n’est pas le plus facile pour marquer.” La meilleure occasion du n°9 contre Nantes a d’ailleurs été sa tentative de ciseau, dos au but, dimanche dernier. Le joueur, arrivé à Saint-Etienne avec quatre kilos de trop cet été, a montré quelques signes encourageants face aux Canaris. Avec le retour de Rémy Cabella, peut-être aura-t-il plus de ballons négociables lors des matches à venir. Il en reste trois d’ici la trêve pour que le joueur le plus cher de l’histoire de l’ASSE, acheté 7,3 M€ l’été dernier selon les chiffres avancés par Roland Romeyer, ne termine pas la première partie de la saison sur un zéro pointé.

Laurent Hess, à Saint-Étienne