OM – Atletico Madrid : pourquoi les Lyonnais n’ont aucun intérêt à être derrière Marseille

Si on peut reprocher aux fans de l’OL de ne pas soutenir l’OM face à l’Atletico Madrid en Ligue Europa, plusieurs raisons sont plus que légitimes.

Il y a ceux qui pensent que, pour la Ligue 1 et le football français, une victoire de l’Olympique de Marseille sur l’Atletico Madrid en finale de la Ligue des Champions est bénéfique. Et il y a les Lyonnais… qui seront supporter des Colchoneros. Si cela peut s’expliquer par la simple rivalité exarcerbée entre les deux Olympiques et le fait que cela en ferait boîter certains de voir Marseille être sacré au Groupama Stadium, d’autres facteurs plus « objectifs » poussent les Rhodaniens à se détourner de Marseille. Analyse en trois facteurs comptables.

Parce que l’Atletico ouvre la porte de la C1

Depuis ce week-end, l’OL est passé 3e de Ligue 1. A moins d’un exploit de l’ESTAC face à l’AS Monaco samedi soir, il est peu probable que l’équipe de Bruno Genesio récupère la place de dauphin. Au mieux, Lyon peut donc espérer le 3e strapontin… Qui ne donne lieu qu’à un barrage de Ligue des Champions si l’OM remporte la C3. En revanche, si l’Atletico (déjà qualifié pour la prochaine Ligue des Champions) s’impose, le 3e du championnat de France sera directement qualifié pour la C1. On le sait, s’éviter un tour préliminaire minimise les risques d’incidents sportifs aux retombées économiques importantes. Cela aura donc pour effet de sécuriser le Mercato de l’OL et donc de permettre au club de faire des efforts financiers avant l’entame de la saison 2018-2019.

Parce que, grâce à l’Atletico, les Gones toucheront plus d’argent

Qui dit victoire de l’OM, dit possibilité pour la France, si l’ASM finit second et l’OL troisième, de voir quatre de ses représentants en Ligue des Champions en 2018-2019. Sur le papier, cela peut être intéressant. Pour le PSG mais surtout pour l’AS Monaco et Lyon, c’est un mauvais calcul économique. En effet, le marketpool payé par les chaînes de télévision françaises (en l’occurence SFR Sports à partir de l’an prochain) se partage entre les clubs engagés. Initialement prévu pour trois, le gâteau se divisera donc par quatre. Avec un indice lié au classement. Par le passé, le champion récupérait 50%, le second 30% et le troisième 20%. Comment cela peut-il se passer à quatre et quel sera le manque à gagner pour les trois qualifiés par le biais du championnat ?

Parce qu’il n’y a plus d’enjeu à l’indice UEFA

Longtemps, cela a été un argument de Jean-Michel Aulas pour défendre l’intérêt supérieur du football français : l’indice UEFA à préserver face aux Portugais et aux Russes. Sur les finales 2018, il n’y a plus de clubs des deux autres nations… Et la France a assuré sa 5e place avec 56.415 sur les cinq dernières années. La Russie (6e) est à 53.382 et le Portugal (7e) à 47.248. Par ailleurs, l’exercice 2018-2019 est censé effacer celui de 2013-2014, le pire ratio (8.500) des cinq dernières années pour le football français. C’est donc l’an prochain qu’il s’agira d’être plus performant que la Russie et le Portugais pour creuser l’écart.

Arnaud Carond