Euro 2016 – Affaire Pogba : Pape Diouf fait la leçon à beIN Sports

Dans son billet sur Le Monde, Pape Diouf a donné son avis sur la politique éditoriale de beIN Sports dans l’affaire Pogba.

Depuis quelques jours, « l’affaire » du bras d’honneur de Paul Pogba à la presse à l’issue de France – Albanie (2-0) fait beaucoup parler. Plus encore que le geste en lui-même, c’est l’attitude assumée de la direction de beIN Sports, qui a boycotté les images et demandé à ses collaborateurs de ne pas les diffuser, qui a fait parler.

Certains journalistes comme Daniel Riolo se sont étonnés de l’attitude de la chaîne qatarie. Dans les colonnes du Monde, Pape Diouf (ex-agent, président de l’OM et accessoirement journaliste) s’est étonné du procédé : « Pour un organe de presse, être supporteur ne devrait pas exclure le devoir d’informer, l’exigence de vérité, le respect de ceux qui lisent, écoutent ou regardent. Florent Houzot a tort d’ignorer que même s’il est mis au courant de tristes choses, le lecteur-auditeur-téléspectateur se sent plus considéré. Que le geste de Paul Pogba puisse être l’objet d’une discussion ou d’une approche contradictoire, qu’il soit compréhensible ou pas, excusable ou non, est un autre débat. Mais qu’on occulte complètement ce geste, comme s’il n’avait jamais existé pour, nous dit Florent Houzot, faire l’économie « d’une polémique inutile » n’est pas fait pour honorer celui qui s’est rendu coupable d’un tel manquement, en prenant cette décision insensée. »

Dans son billet, Pape Diouf a évoqué une chaîne où les « journalistes se retrouvent dépossédés de leurs attributions » au dépend des consultants occupant l’espace : « Cette chaîne de complaisance, où il convient de ne faire déplaisir à personne, n’a plus que des rapports lointains avec le journalisme que célébrait Albert Londres qui aimait répéter que « l’exercice n’est pas de faire plaisir, non plus que de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. » Telle doit être la noble mission de tout organe de presse et non de placer l’exigence d’informer sous scellés, selon les circonstances. »

Arnaud Carond