FC Nantes – EXCLU : Kita, formation, recrutement… Robert Budzynski fait le point

Ancien joueur et directeur sportif du FC Nantes pendant 35 ans, Robert Budzynski est le supporter n°1 des Canaris. Pour But!, il a fait le point sur leurs possibilités de grandir.

Que vous inspire le début de saison du FC Nantes ?
Je pense qu’ils méritent un peu mieux même s’ils se retrouvent dans un type de situation où ils sont déjà obligés de penser à se mettre à l’abri. Il ne faudrait pas non plus qu’ils se sentent sans cesse comparés aux belles années du club, ce qui pourrait vite être un frein.

Où situez-vous réellement la place de cette équipe en Ligue 1 ?
Les données du football ont changé. A l’époque, des clubs sortaient déjà du lot au point de vue financier mais maintenant, un gouffre s’est créé. On voit bien que Nantes n’a pas les mêmes moyens que les gros clubs français. Mais si le mariage entre recrutement et formation prend, je les vois bien viser les 7 ou 8 premières places.

Que pensez-vous justement du recrutement opéré cet été ?
Je sais à quel point il est dur de recruter, de trouver la perle rare, surtout que le club a dû trouver des joueurs à quasiment tous les postes. Surtout en attaque. Et là aussi, il est toujours plus difficile de dénicher des joueurs capables de créer et de marquer que de démolir ou défendre.

En tant qu’ancien défenseur, voyez-vous Lorik Cana devenir le leader du FCN ?
Je ne le connais que très peu, je l’ai vu jouer deux fois depuis son arrivée. Autant, je n’ai pas de réserve sur la qualité du joueur, autant j’en ai encore sur sa capacité à pouvoir fédérer. C’est sans aucun doute un mec bien et son expérience peut beaucoup apporter mais c’est encore trop tôt pour le dire. On pourra en juger dans deux ou trois mois, pas avant.

Pensez-vous que cette équipe stagne depuis sa remontée en Ligue 1 ?
Je pense qu’elle est à sa place, dans le ventre mou du championnat, à cause de la différence financière qu’on a déjà évoquée avec les tout premiers. Ces clubs-là ont des moyens énormes pour recruter et être gérés. Mis à part avec notre formation, je ne vois pas très bien comment lutter.

Cette formation, justement, vous paraît-elle assez efficace aujourd’hui ?
A mon époque, José Arribas avait fait une analyse pointue de la situation : il voulait des résultats mais avec une progression très claire qui devait passer par la formation et non par les finances. Du coup, on était archi-présent sur le terrain pour être les premiers à dénicher les talents. Aujourd’hui, je pense que le salut de Nantes passe par là. C’est le seul moyen de revenir tout en haut. Voilà ce que je crois.

Pensez-vous que le club ne se donne pas tous les moyens de réussir en ce sens ?
Non, je ne connais pas tous les impératifs donnés par la direction dans le domaine. Je dis simplement qu’on avait déjà conscience de l’importance de la formation il y a quelques années et je sais qu’il faut aussi se donner les moyens pour la recherche formative. C’est un travail qui doit très précis et affiné.

Depuis plusieurs années, le président Kita a pourtant donné une stabilité au club…
Exactement et il ne peut pas tout faire. On sait qu’il prend tout sur son dos financièrement, il est inattaquable pour cela. Je dirais même qu’heureusement qu’il est là pour maintenir le club en Ligue 1.

JP