ASSE – EXCLU : « Les poteaux carrés, c’est une légende »

Grande figure de France Inter, Jacques Vendroux a suivi toute l’épopée européenne de l’ASSE. L’organisateur du défilé des joueurs sur les Champs-Elysées, au lendemain même de la finale, revient avec émotion sur ses Vertes années.

Que vous reste-t-il, quarante ans après, de cette épopée mythique de l’ASSE ?
Cela a été des moments merveilleux à vivre. Il faut que vous sachiez, tout de même, que suivre les Verts a été la première mission qui m’a été confiée sur le plan professionnel. Nous étions, à cette époque, que deux ou trois journalistes à constamment être avec eux, dans les bons comme dans les mauvais moments. J’avais des missions de deux jours, mais je restais en réalité deux ou trois semaines à vivre avec eux. C’était une autre époque, on allait chez les joueurs pour faire les interviews, on pouvait les appeler sur leur fixe sans problème. Il y avait une complicité incroyable. Très vite, je me suis entrainé avec eux et j’ai logiquement sympathisé avec plusieurs joueurs.

Avec certains, plus qu’avec d’autres ?
Oui. Par exemple, ma fille ainée a pour parrain Jean-Michel Larqué. Nous sommes toujours très proches. Je revois aussi assez souvent les joueurs de l’époque, que ce soit Oswaldo Piazza ou Ivan Curkovic.

Comment avez-vous vécu la finale perdue de Glasgow contre le Bayern Munich ?
A l’époque, et il ne faut pas l’oublier, le Bayern Munich était l’une des équipes phares du football international avec six ou sept joueurs allemands champions du monde en 1974. En ce qui concerne le match, il fut très agréable à commenter. Tous les auditeurs voulaient que les Verts gagnent, j’étais donc un peu partisan par la force des choses. Au coup de sifflet final, j’étais un peu déçu. J’ai toujours été très supporter des Verts et si je suis modestement devenu ce que je suis devenu aujourd’hui, c’est en grande partie grâce à eux. Il ne faut pas l’oublier. Ensuite, il y a l’histoire des poteaux carrés, qui est à jamais liée à cette rencontre. Mais c’est une légende, car rien ne dit que si les poteaux avaient été ronds, le ballon serait rentré sur la tête de Santini et la frappe de Bathenay.

Que reste-t-il aujourd’hui de cette épopée des Verts ?
Cette épopée est inscrite dans le temps. Regardez le maillot ManuFrance de 1976, il est toujours autant demandé ! Je vais vous donner un autre exemple, d’après Jean-Michel Larqué, Christophe Galtier mériterait d’avoir joué pour St Etienne car il a l’ADN du club en lui, parce qu’il est très bon et parce que c’est quelqu’un de très bien. Aujourd’hui c’est cet ADN, créé à la grande époque, qui continue de vivre un peu partout en France. Il y a encore 140 clubs de supporters des Verts dans tout le pays !

Pensez-vous que cette épopée est comparable à celle des lyonnais durant les années 2000 ? Où à celle que sont en train de vivre les Parisiens ?
Même si Lyon et le PSG sont des clubs respectés, ils ne sont pas populaires dans toute la France alors que St-Etienne l’était. Encore maintenant, quand l’ASSE se déplace dans n’importe quel stade, c’est souvent plein. Le mythe et l’ADN sont restés, tout comme les personnages, qui ont créé la légende.

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