ASSE : rencontre avec l’humoriste stéphanois Jason Chicandier, qui cartonne sur le web

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ASSE : l'interview de l'humoriste stéphanois Jason Chicandier, qui cartonne sur le web

Humoriste stéphanois connu pour ses billets d’humeur sur les réseaux, Jason Chicandier revendique le « Bon Vivant », le nom de son nouveau spectacle. Mais aussi sa passion pour l’ASSE. Entretien.

But : Jason, être Stéphanois quand on est humoriste, est-ce que cela apporte quelque chose en plus ?

Jason CHICANDIER : De base quand on entend « humoriste de Saint-Etienne » on pense obligatoirement à Murielle Robin. Cette ville est un bon terreau à l’humour, dans le sens où c’est une ville coincée entre Clermont et Lyon. Saint-Etienne a une histoire, il ne faut pas l’oublier. C’est une ville minière qui a souffert et qui aujourd’hui peut mettre en avant son côté solidaire et festif. Ici, on a beaucoup d’humour et de répartie.

Dans vos vidéos, vous vous attaquez au rugby, au tennis, pourquoi pas au foot ?

Je me remets petit à petit au foot. Bien évidemment, quand on vient d’une ville comme celle-ci, on est obligé d’y passer. J’avais la passion du tennis. Je me met à beaucoup aimer le foot. D’ailleurs, je commence à être suivi par beaucoup de footballeurs sur les réseaux, dont Jérémie Janot et Patrick Guillou. Ils me font bien marrer tous les deux. Jérémie Janot est un mec avec beaucoup d’humour et d’autodérision. Promis, les footeux vont y passer !

On est obligé de supporter les Verts ici ?

C’est clair ! Il y a une volonté d’aimer et de faire aimer l’équipe, le club. Mon père suivait énormément le foot mais ma mère très peu. Une fois qu’ils se sont séparés, je n’ai plus suivi comme avant, avec un attachement énorme. Je me suis mis à apprendre à aimer à nouveau mais sur le tard. Mes amis sont des fous de foot. Mon coeur est vert évidemment.

Vous avez dû passer par la case stade…

Bien évidemment. La dernière fois que j’y suis allé, le maire m’avait invité. Mais à Saint-Etienne, les matchs se vivent bien mieux quand on n’est pas dans les loges. Sentir l’atmosphère, la crispation d’un match,  l’attente d’une décision arbitrale, tout ça engendre le fait que le football est unique. Geoffroy-Guichard, c’est un stade qui respire le football. Un jour je me suis rendu à un match avec des amis. Arrivé devant le chaudron, je vois des CRS qui prennent en charge des supporters alcoolisés. Un de ces supporters m’interpelle en criant mon prénom. Je me retourne et le vois. Il baisse son écharpe et jette un fumigène sur les CRS puis part en courant. On était à la fac ensemble. Le lendemain, il a dû retourner à son travail comme si rien ne s’était passé : il est notaire !

« Le derby, c’est sujet à embrouilles ! J’ai des amis Lyonnais et Stéphanois. Une semaine avant un derby plus personne ne se parle. C’est assez incroyable. »

Quels sont vos joueurs préférés ?

Je suis obligé de citer en premier Loïc Perrin. Ici, c’est un Dieu vivant, en terme de longévité de carrière à Saint-Etienne et d’état d’esprit. On a croisé beaucoup de joueurs en boîte de nuit. À Sainté, ils jouent bien, mais ils savent bien s’amuser aussi ! Je me souviens que mon père m’avait emmené au jubilé des Verts en 86, j’avais 8 ans. Je repense à Robert Herbin,  Dominique Rocheteau, aux frères Revelli. À ce moment là, quand on voyageait avec mes parents, partout où on allait, les gens connaissaient Saint-Etienne. C’était magique. On était reconnu à l’international, et c’est encore le cas aujourd’hui.

Il va y avoir beaucoup d’attente la saison prochaine avec le retour des Verts en Coupe d’Europe…

Oui. Avec mon épouse, on envisage de retourner dans la région sud. Mais si le Maire de Saint-Etienne continue de m’inviter ou que mes amis ne m’oublient pas, je vais forcement aller les soutenir. C’est une compétition à part la Coupe d’Europe, surtout dans un stade comme celui-ci.

Les derbys sont tout aussi importants…

Alors là, le derby, c’est sujet à embrouilles ! J’ai des amis Lyonnais et Stéphanois. Une semaine avant un derby plus personne ne se parle. C’est assez incroyable. J’avais deux copains d’école de commerce, désormais ils ne se parlent plus à cause du foot.

On pourrait retrouver de plus en plus cet aspect « stéphanois fier » dans vos sketchs ?

C’est probable. Mais je ne vais pas me contenter de devenir le stéphanois de l’humour. Mes billets doivent toucher tout le monde. J’essaye de distinguer le personnage de Chicandier de moi-même. Les gens m’apprécient parce que mon personnage a vocation à fédérer le plus de personnes possible.

Nathan VACHER (avec Laurent HESS)