ASSE – Yves Verrière (Le Progrès) : « Je ne prendrai jamais ma retraite de supporter »

Tombé dans la marmite verte enfant et journaliste depuis plus de 30 ans, Yves Verrière  prend désormais sa retraite. De Loire-Matin à La Tribune-Le Progrès en passant par le service de communication de l’ASSE, Yves revient sur sa carrière. Entretien.

L’ASSE vue de l’intérieur

« Travailler autour de l’ASSE, c’est un privilège et une difficulté »

« Quand le club vient me chercher à Loire Matin en 1987, je me rends compte de la chance que je vais avoir d’écrire pour eux. Cette saison marque le retour de Robert Herbin et une embellie sportive avec la 4e place. Les résultats deviennent ensuite irréguliers. C’est en 1996 que les choses se compliquent. Le club est relégué en Ligue 2 et de nombreux licenciements se font faute de moyens financiers. Parmi ces licenciements, le mien y figure. C’est difficile à accepter. Quand tu fais du bon travail et qu’on t’écarte, tu te demandes forcément pourquoi. C’est toujours un risque dans ce métier et surtout dans un club. Ta place ne dépend pas seulement de la qualité de ton travail. Beaucoup d’autres facteurs entrent en jeu. Travailler autour de cette équipe, c’est un privilège mais également une difficulté. Tu vis des déplacements magnifiques, pour une équipe que tu supportes, et pour laquelle tu travailles. En travaillant depuis 21 ans au Progrès, j’ai pu me rendre compte que quoi que je fasse, je serai toujours autour de l’ASSE. »

Son plus grand derby

« Galtier a su rééquilibrer la balance pour les derbys »

« Le 100 ème derby a été le plus marquant. Le scénario du match est incroyable. Jamais je n’aurai pensé à la victoire et sur la fin du match, d’un coup-franc lointain, c’est Dimitri Payet qui nous offre ce derby. C’est une injustice pour l’OL mais on l’avait tellement subi. En travaillant au Progrès, je me suis forcément fait chambrer de nombreuses fois, surtout pendant leurs grandes années. J’ai déjà vu des derbys à Gerland où les Verts gagnent 7-1, mais ça remonte peut-être un peu trop loin. En soir de derby, c’est difficile pour moi de rester dans ma posture de journaliste. C’est énervant, crispant, on se chambre avec les journalistes Lyonnais. Ce derby-là est différent de tous les autres, les habitants et supporters des deux villes le vivent pleinement. C’est un événement à part. »

Son départ à la retraite

« J’ai peut-être un peu participé à écrire l’histoire du club »

« Je suis toujours intéressé et passionné par les Verts. Voir les supporters heureux en sortant du match, c’est la plus belle image possible. Avant de partir, les présidents m’ont organisé une petite réception. Mes enfants étaient là, j’étais heureux. Je suis fier d’avoir vécu de ma passion du football, et encore plus de ma passion des Verts. J’ai peut-être un peu participé à écrire l’histoire du club. C’est plaisant de voir son nom en bas de la page. On se dit qu’on fait un peu parti de la famille, de son histoire. Il faut prolonger cette histoire, pour ce grand club et ses supporters. »

Propos recueillis par Nathan VACHER