RC Lens : Jean-Pierre Papin n’a toujours pas digéré

Viré en juin 2008 par Gervais Martel, Jean-Pierre Papin n’est pas du genre rancunier. La preuve ? Il a accepté de parrainer la soirée de lancement du Bollaert Business Team. En revanche, le Ballon d’Or 1991 a toujours en travers de la gorge ses six mois de relations houleuses avec Daniel Leclercq… et il l’a répété !

La patience de Jean-Pierre Papin n’a pas de limite. En tout cas, il lui en a fallu une sacrée dose pour se faire photographier consciencieusement, un par un, avec la totalité des partenaires présents pour le lancement du Bollaert Business Team. Il faut dire que l’occasion était belle pour les invités ! L’attaquant vedette des années 90 avait fait le déplacement depuis sa résidence d’Arcachon avec son fameux Ballon d’Or décroché en 1991. Et c’est rarissime qu’il le sort ! En plus, le périple de l’homme et de son trophée n’ont pas été de tout repos. Ne souhaitant pas laisser le précieux sésame dans la soute à bagages d’un vol de ligne – on le comprend – et les autorités lui ayant interdit de le prendre en cabine – on les comprend moins, c’est en voiture que “JPP” avait donc fait le déplacement depuis la Gironde. Or, pour se coltiner douze heures de route, aller-retour, pour venir soutenir une opération commerciale dans un club dont vous avez été limogé sept ans plus tôt par SMS, il ne faut vraiment pas avoir la rancune tenace. Quoi que…

« Je regrette d’avoir été naïf »

Durant son intervention, JPP y est d’abord allé de son pronostic hyper optimiste. “Je suis certain que Lens va monter en Ligue 1 en fin de saison, a-t-il lancé à une assemblée comblée de le rencontrer mais tout de même un peu sceptique. Le Racing est un peu décroché au classement mais devant, ça n’avance pas !” Si, comme à son habitude, “JPP” a mis une sacrée dose de bonne humeur dans ses interventions au micro, le ton s’est largement durci lorsqu’il est revenu quelques instants sur son départ de Lens. Dans son viseur, Daniel Leclercq bien sûr! “Ça m’a porté préjudice, a-t-il une nouvelle fois expliqué. Je sortais d’une belle aventure où j’avais fait monter Strasbourg. Mais Lens a été un coup d’arrêt. C’est pour ça qu’ensuite, j’ai accepté le challenge Châteauroux. On s’est sauvé à la dernière journée avec une équipe de gamins et de nombreux absents. Aujourd’hui, je suis satisfait de mon parcours d’entraîneur même si j’aimerais retrouver les terrains…” Plus rien ne changera le cours des choses. Mais son intervention aura eu le mérite de faire dire sur scène à Gervais Martel : “Cette année-là, j’ai merdé !”. Problème pour JPP, son aventure lensoise et cette terrible relégation à l’issue de la saison 2007/08 ont forcément laissé des traces dans l’inconscient de nombreux présidents. Son principal regret ? Il est loin d’en porter seul la responsabilité. “Je regrette d’avoir été naïf, résume-t-il. Leclercq faisait tous les choix tactiques et c’est moi qui allait tout justifier devant la presse !” Une erreur tactique certainement. Mais finalement, la naïveté de “JPP” ne fait-elle pas partie intégrante de son personnage ? Une carrière énorme doublée d’une personnalité simple et attachante, voilà qu’elles sont les forces indélébiles de Jean-Pierre Papin. Bref ! Un vrai gars du Nord et l’icône de toute une génération…