Tribune supporters : du virage s’élèvera, l’histoire d’un chant

true

Chaque mardi à 19h, nous étudions l’origine d’un chant de supporters, connu ou inconnu, dont l’histoire comme la beauté valent le détour.

Cette semaine, on retraverse l’Atlantique, direction le pays des ultras : l’Argentine. Nous avons déjà exploré des chansons de Rosario Central et de River Plate, voici venu le tour de San Lorenzo. Considéré comme l’un des cinq grands de Buenos Aires avec Boca, River, le Racing et Independiente, le Ciclon est l’un des plus méconnus en dehors de ses frontières.

Ces dernières années, on a entendu parler de lui parce que l’acteur Viggo Mortensen et surtout le Pape François sont des fans absolus du Cuervo (le Corbeau). Et pour cause… Quand vous écoutez une fois les chœurs du Gasometro, difficile ensuite d’aller ailleurs. Pour dire : les fans de San Lorenzo sont considérés comme les meilleurs du pays avec ceux de Boca.

Leur Barra Brava la plus connue se nomme La Glorosia Butteler, en référence à la place du même nom où les supporters ont l’habitude de se réunir. Et attention, comme dans tous les clubs argentins, le mouvement ultra de San Lorenzo ne date pas d’hier : la première hinchada remonte à 1927 !

En 1967, à une époque où les bandes de supporters organisées n’étaient qu’un songe creux en Europe, plus de 500 ultras du Ciclon retournèrent la voiture du président du club pour bien lui faire comprendre qu’il n’avait pas intérêt à vendre le meilleur joueur (« Lobo » Fischer) à River Plate !

Alors, après tant et tant d’années, La Glorosia Butteler a eu le temps d’inventer des chansons. Le site barrabrava.net en a recensé… 93 ! Oui, 93 ! Toutes avec un rythme typique de l’Argentine, tellement entraînant. Voici notre préférée, Cuervo sos mi alegria, une déclaration en bonne et due forme à trois jours de la Saint-Valentin ! Ultime précision : Boedo, dont il est question dans la chanson, est le quartier de Buenos Aires où le club a été fondé. En 1979, il a été obligé de le quitter pour celui d’à côté mais il s’apprête à y retourner après des années d’un rude combat avec les politiques de la ville.

Cuervo sos mi alegria (Le Corbeau, vous êtes ma joie)
Mi locura, vos sos mi vida (Ma folie, vous êtes ma vie)
A Boedo vamos a volver (Nous retournerons à Boedo)
Por la vuelta todo daria daria ciclon (A notre retour, tout serait Ciclon)
Donde juegues yo voy a estar (Où tu joueras, je serai)
Hasta la muerte (Jusqu’à la mort)
Hoy tenes (Aujourd’hui, tu dois)
Que ganar (Gagner)
Que Boedo es un carnaval (Que Boedo soit une fête)
Aca esta (Elle est ici)
La mas fiel (La plus fidèle)
La gloriosa Plaza Butteler (La glorieuse Plaza Butteler)

Raphaël Nouet

Journaliste à But! depuis 2001