ASSE : comment les Verts peuvent sortir de la crise (2/2)
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par Benjamin Danet
ANALYSE

ASSE : comment les Verts peuvent sortir de la crise (2/2)

L'ASSE, actuellement 15e de la Ligue 1, va devoir affronter dans les prochains jours le Stade Brestois et le LOSC. De mauvaise augure alors que l'équipe semble en proie au doute. Et si certaines solutions, en interne, permettaient également aux Verts de voir le bout du tunnel ?

Gérer le prochain mercato avec professionnalisme

On pourrait en faire des tonnes. Et facilement remuer le couteau dans la plaie si nous n'avions pas été autant désabusés par le dernier mercato des Verts. Car autant être clair, aller chercher un défenseur grec (Panagiotis Retsos), blessé depuis des années au Bayer Levenkusen, pour rater sous forme de prêt William Saliba, parti (pour rien) à Arsenal, il fallait oser. Comme, d'ailleurs, ne pas constater que la ligne offensive de l'équipe manquait cruellement d'un vrai buteur pour ensuite patauger dans le dossier M'Baye Niang. Certes, et il faut également le reconnaître, tout n'a pas été de la responsabilité des dirigeants. Niang en est un bel exemple.

En revanche, Saliba, les Verts l'ont raté et on se demande encore comment, alors que le dossier aurait dû être travaillé au préalable et non lors de la toute dernière journée du mercato. Pour finalement échouer 5 minutes après la fermeture du mercato. A vouloir assainir les finances, et à diminuer le nombre de joueurs sous contrat (ce qui a été fait d'ailleurs), on en oublie l'essentiel : se renforcer. Et permettre à Puel d'assurer un maintien dans de bonnes conditions.

Est-le cas ? Assurément pas. Les blessures succédant aux blessures, notre équipe souffre de cruels manques à chaque journée et ne devrait, logiquement, pas être épargné d'ici la trêve hivernale. Espérons, cette fois, que les dirigeants, Puel compris, auront pris la mesure de l'éventuelle urgence....

 

Avoir des dirigeants qui assument et qui s'expriment

Il aura donc fallu attendre le début du mois d'octobre, et une conférence de Claude Puel à l'Etrat, pour que le peuple Vert comprenne enfin à quelle situation il allait être confronté. Jusque-là, personne, et surtout pas les deux présidents, n'avait osé affirmer que la vente de Wesley Fofana allait permettre de sauver des emplois au sein du club. On était alors très, très loin du bilan économique idyllique envoyé chaque saison par la cellule communication du club. Finis les gros salaires, adieu les promesses de Top 5 et l'ambition débordante. Place à un nouveau projet, qui repart de zéro et avec, au fond, assez peu de moyens mis à disposition.

On le sait, l'épidémie du coronavirus, et le dossier tragi-comique de Mediapro, mettent à mal tous les clubs de Ligue 1. Mais qui, à l'ASSE, est venu rappeler cette évidence ? Qui, de Bernard Caïazzo, Roland Romeyer ou encore Xavier Thuilot, s'est présenté face aux micros pour expliquer à quel point la situation économique était périlleuse ? Personne. Silence radio au contraire. Pas un membre, à l'exception de Puel, n'a voulu assumer ce changement brutal de cap qui date, en réalité de plusieurs mois. La direction se mure dans le silence, ce qui au regard des résultats actuels n'est pas compliqué à comprendre.

On souhaiterait, au contraire, un discours clair et des tapements de poings sur la table. Loin des propos de Roland Romeyer qui, au cours de l'été, nous assurait que ni Wesley Fofana, ni Denis Bouanga ne quitteraient le club car l'ASSE n'avait pas besoin de vendre. On connaît la suite. Malheureusement...

 

Comprendre, ENFIN, les blessures à répétition

Il y a quelques jours, au sortir du match perdu à Metz (0-2), les supporters des Verts accueillaient avec fatalisme la perte d'un énième joueur sur blessure : Panagiotis Retsos. On ne savait, alors, si il s'agissait pour la recrue du mercato du pubis ou de l'adducteur. Seule certitude, Retsos n'est plus réapparu, depuis, dans le groupe de Puel. Confirmant, au passage, ce que tout le monde évoque depuis des années en suivant l'ASSE : il y a un problème avec la santé (physique s'entend) des joueurs. Si il fallait s'en convaincre, allez faire un tour sur le site poteauxcarrés qui, au mois d'octobre donnait l'information glaciale suivante :  la blessure de Retsos était, tenez-vous bien, la 37e en seulement 14 mois !

Le désordre alimente les réseaux sociaux depuis fort longtemps, poussant, logiquement, certains supporters à se demander pourquoi, et même comment, le staff médical actuel n'est pas remis en cause. Il semble, de toute évidence, que ce ne soit pas un sujet qui se discute à l'ASSE. Incompréhensible. Puel, qui a pourtant les mains libres, doit dès lors considérer que les blessures à répétition sont de l'ordre du naturel. Comme une fatalité. On aimerait bien, pourtant, que ce ne soit plus le cas. Quitte à se poser les bonnes questions et à remettre certaines personnes en cause. 

B.D.