ASSE : Claude Puel reçoit une lettre ouverte
Claude PuelCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
MISSIVE

ASSE : Claude Puel reçoit une lettre ouverte

Supporter de l'ASSE, Dominique Bréard, l'ancien recordman de victoires à TLMVPSP, le jeu de Nagui sur France 2, s'adresse à Claude Puel à travers une lettre ouverte intitulée « Déléguer n’est pas honteux »...

« Mon cher coach,

C’est encore à vous que j’écris cette fois-ci et c’est au manager général de l’ASSE que je m’adresse plus particulièrement. 7 défaites consécutives, c’est lourd et je ne vous apprends rien sur ce point. Samedi soir, sur le réseau social ornithologique, c’était la sinistrose et ce que je lisais me déplaisait au plus haut point. J’ai même pu lire qu’il valait mieux se cogner le petit doigt de pied dans une porte que supporter l’ASSE. Bien entendu, j’ai compris qu’il s’agissait d’humour, politesse du désespoir comme disait mon regretté Desproges.

Mais tout de même, ces propos laissant supposer que tout valait mieux qu’être supporter des Verts, ça m’a rappelé la chanson de nos ennemis jurés et j’ai trouvé que ces incantations étaient, au final, bien pires que nos 7 défaites consécutives. Après, cher coach, vous pouvez je le suppose comprendre l’immense désespoir qui étreint mes congénères. Non seulement ils sont confinés, ils ne peuvent pas faire leur job de 12ème joueur(se), mais il leur est offert des prestations dont certaines sont à faire pleurer un an de pluie à Brest, si vous voyez ce que je veux dire. Faut-il pour autant condamner votre projet comme le disent certains ? Non bien sûr.

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« Vous n’êtes pas là par défaut, vous êtes une solution cohérente pour l’avenir de notre chère équipe »

Comme à chaque crise de résultat, on remet en cause la gestion du club et son entraîneur. On regrette des départs, on déplore des arrivées et on voudrait aussi virer certains joueurs, c’est le deal. Mais, au risque de redire plus mal des choses déjà exprimées par d’autres commentateurs, vous gérez avant tout un héritage précédent et cet héritage a laissé plus de dettes que de créances, c’est comme ça. Et encore, comme l’ont dit ces mêmes commentateurs, il n’y a pas de plan B. Vous n’êtes pas là par défaut, vous êtes une solution cohérente pour l’avenir de notre chère équipe. Est-ce à dire qu’on continue comme ça sans chercher de solution à cour terme ? Je suis convaincu que vous-même ne le pensez pas.

« Et si vous preniez un peu de recul ? »

Peut-être parce que je vis des choses actuellement qui mettent le foot un peu au second plan, ce recul obligatoire a fait que, samedi soir, plutôt que de me mettre en colère comme je l’aurais fait habituellement, j’ai réfléchi et j’ai eu une idée. Et si vous preniez un peu de recul ? Vous avez dans notre club le statut de manager général et vous êtes membre du directoire. Autant dire que vous avez les manettes exécutives de l’ASSE. Et en plus de cet aspect directionnel, vous êtes sur le banc de touche. D’autres managers le font, je le sais parfaitement. Mais lorsqu’on traverse une telle crise de résultats, ne faut-il pas voir les choses de plus haut ? Lino Ventura disait en substance que celui qui n’a pas un ami pour lui dire franchement les choses est un homme perdu. Laissez-moi être votre ami de circonstance. Si j’étais vous, je laisserais actuellement vos adjoints s’occuper de la composition de l’équipe et du coaching au cours des matchs.

L’ami encore a envie de vous dire, par exemple, qu’il pense qu’un Miguel Trauco ou un Gabriel Silva sur une jambe vaut mieux que les deux jambes d’Alpha Sissoko. Et puis il aimerait vous demander pourquoi vous avez sorti Abi à Brest alors que, quelle qu’ait été sa performance en première mi-temps, on a besoin d’un vrai 9 tout au long des matchs, c’est ma conviction. Pendant que vos adjoints, pour autant qu’ils remplissent les conditions juridiques et notamment de diplômes, s’occuperaient du terrain, vous libéreriez du temps pour être manager.Même quelqu’un de talentueux ne peut pas être sur tous les fronts et vous avez, je le crois, beaucoup de choses à mettre en place pour assurer la pérennité du club. Déléguer n’est pas honteux, c’est même certainement l’essence d’une grande femme ou d’un grand homme de pouvoir.

Tel était ce que j’avais envie de vous dire mais croyez bien que ce n’est pas cette crise de résultats qui va m’affaiblir et, quoique vous fassiez je vous conserve tout mon soutien.

Votre très dévoué,

Dominique Bréard, qui pense toujours qu’être supporter des Verts n’est pas la misère mais une gloire.