ASSE - EXCLU BUT! : choux à la crème de Rep, canne à pêche de Rocher, les souvenirs de Guy Demonteil
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par Benjamin Danet
Souvenirs

ASSE - EXCLU BUT! : choux à la crème de Rep, canne à pêche de Rocher, les souvenirs de Guy Demonteil

Comme chaque semaine, dans But! Sainté, retrouvez les souvenirs du moteur de l'ASSE 31 ans durant, Guy Demonteil. Place à des anecdotes savoureuses.

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Les choux à la crème de Rep

Lors du match PSV Eindhoven-ASSE, en 16° de finale de la coupe UEFA (novembre 79 ), le jour du match. Je buvais un café au bar de l'hôtel lorsque Johnny Rep me rejoint et me propose une pâtisserie. Je refuse, il insiste et se commande un magnifique choux à la crème. Devant ma réprobation il m'explique que dans son pays, les sportifs ont coutume de manger des pâtisseries et m'assure qu'il aura le temps de digérer son gâteau d'ici ce soir. De toute façon, "ça n'aura pas de conséquence parce qu’on va gagner ce match".
Nous voici attablés, lui devant son énorme chou à la crème et moi devant mon café, sous les yeux du Président Rocher ! Le Président m'invite expressément à le suivre dans un coin reculé du salon et me dit :" Comment pouvez vous faire une chose pareille ? - Vous me décevez – je n'aurai plus confiance en vous." Mea, maxi mea-culpa. Je n'ai rien répondu. Victoire 2-0 pour nous, peut-être une embellie ?

Au retour à Geoffroy-Guichard, grosse engueulade dans son bureau. Pour m'entendre dire : "C'est fini. Mais si vous avez envie d'un chou à la crème, allez le manger chez vous ." On s'est serré la main. L'affaire était close ! Cependant, j'avais manqué à l'une des règles qui s'imposent dans tout club de football professionnel. J'en mesurais la gravité. Aussi me suis-je appliqué à lire le Règlement interne qui précisait, en particulier, le respect des horaires d'entraînement, de la hiérarchie sportive et administrative, de l'hygiène de vie (sommeil, diététique, récupération après l'effort). Ces règles étaient importantes à connaître, surtout lors des tournées.

La canne à pêche du président

Arrivé à l'hôtel à Abidjan, je néglige l’ascenseur pour aller dans ma chambre et j'emprunte un escalier en colimaçon. Je me heurte à Roger Rocher et Louis Arnaud, vice-président, suant pour monter une étrange chose d'environ quatre mètres de long, emmaillotée dans une housse. Combien d'étages à escalader ? Environ dix si ma mémoire est bonne. Je propose mon aide. Non, merci me répond le président : "C'est Mon cadeau pour le Président de la Côte d'Ivoire Félix Houphouet-Boigny. C'est un secret jusqu'à la réception de demain". Les chemises et les visages de nos héros baignaient d'une sueur triomphante. Belle performance.

"Bravo Président, mais demain, il faudra la redescendre". Mon humour n'a pas été apprécié, si bien que le lendemain quatre Ivoiriens ont redescendu l'objet lourd et encombrant sous l’œil inquiet de notre Président. La soirée du lendemain fut joyeuse. Le dîner en plein air comportait 150 couverts . Nous étions dispersés parmi les autres invités. Les discours des Présidents furent clôturés par le cadeau ....Cinq Ivoiriens en tenue d’apparat rutilante portaient l'énorme canne à pêche sur l'épaule avec la gravité d'une cérémonie funèbre.
Je ne suis pas certain que le sourire discret du Président Houphouet–Boigny se voulait seulement protocolaire car ses yeux semblaient briller d' un certain amusement. Il a eu la délicatesse de prier les porteurs d’aller déposer le joyau derrière le podium, comme si l'énorme objet pouvait lui faire de l'ombre..


Curko me tire des larmes à Tahiti

Vol dans un avion fabuleux, le 747. Un piano-bar à l'étage. Survol de la Banquise, j'en avais plein les yeux... Escale à Los Angeles. L'arrivée à Papeete inoubliable ! L'accueil de rêve avec danseuses superbes, sourires, colliers de fleurs et de coquillages et danses endiablées auxquelles nous avons tous participé. C'était au petit matin. Et voila que je suis appelé discrètement auprès de madame la Sous-Préfète, laquelle était présente avec son époux pour nous accueillir. 

Elle se trouvait mal avec une forte fièvre et une vilaine angine. Je l'ai soignée aussi bien que j ai pu et je lui ai conseillé vivement de garder immédiatement la chambre, ce qu'elle a fait. Elle allait mieux le lendemain et elle a tenu à participer au repas traditionnel donné en notre honneur sous les cocotiers. J'ai eu plaisir de déjeuner à ses cotés et j'ai dû quitter la table prématurément car c'était à mon tour d’être malade ! Roger Rocher accompagné des dirigeants est venus me rendre visite dans les heures qui ont suivi . Quel honneur ! le lendemain, j'étais en pleine forme. J'en ai conclu que j'avais un bon médecin ....

Le séjour se déroulait agréablement avec invitations, visites de différents sites, planche à voile sur une eau bleue et translucide ; un rêve qui m'a fait oublier les vicissitudes que j'avais subies depuis octobre 1977. Un matin, alors que je me promenais, je rencontrais Ivan Curkovic (c'était un "lève tôt"), il me propose de visiter les tuamotus en avion personnel. Je devais rêver. Nous sommes partis pour survoler les îles avec un pilote qui nous détaillait le moindre îlot dont l’île de Marlon Brando etc... C'est pour vous remercier Doc ! Grosse émotion pour moi, je l'ai remercié avec la larme à l’œil. Aucun commentaire sinon que je garde un souvenir extraordinaire de cet épisode. Voila comment on apprend à connaître la face cachée des autres parfois."

Pour résumer

Comme chaque semaine, dans But! Sainté, retrouvez les souvenirs du moteur de l'ASSE 31 ans durant, Guy Demonteil. Place à des anecdotes savoureuses.

Benjamin Danet
Article écrit par Benjamin Danet