ASSE - Exclu BUT ! Daniel Riolo : « Puel a bien fait de mettre un grand coup de pied dans tout ça !»
Claude PuelCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
INTERVIEW

ASSE - Exclu BUT ! Daniel Riolo : « Puel a bien fait de mettre un grand coup de pied dans tout ça !»

Daniel Riolo, qui vient de sortir un livre sur les vérités que le foot français refuse d'entendre, intitulé « Cher football français », donne son point de vue sur l'ASSE, son actualité et le travail de fond entrepris par Claude Puel.

But ! : Daniel, au dos de votre livre, vous écrivez : « J'arrive avec une belle lame bien aiguisée, mais ça se termine toujours à la hache »... Pourquoi les dirigeants du foot français vous énervent-ils autant ?

Daniel RIOLO : J'ai écrit ça parce qu'on me conseille souvent d'être plus diplomate, et que j'aimerais moi aussi faire ce que je fais avec plus de grâce. Je m'y emploie. Dans mes émissions, j'arrive tous les soirs en me disant ça, mais le naturel revient au galop, avec cet emballement qui me caractérise. Nos dirigeants, je les trouve quand même très décevants. Ce sont pourtant souvent des gens sympas, à l'image des présidents de Saint-Etienne.

Quels dirigeants trouvent grâce à vos yeux ?

C'est dur d'en trouver. Aulas sort du lot mais depuis dix ans, c'est dur. Il y a eu le stade, il y a cette forte identité avec beaucoup de joueurs formés au centre, qui sont Lyonnais pour la plupart. C'est ce qui le sauve. Car avec 250 M€ de budget, ce n'est plus flamboyant. Je trouve qu'Aulas fatigue. On l'a encore vu avec ses propos sur Médiapro. Il dit que Médiapro ne peut pas ne pas payer. Mais alors pourquoi tout ce cirque ?

Vous évoquez votre relation avec Bernard Caiazzo dans votre livre. On sent de l'estime...

Oui. Roland Romeyer m'est sympathique aussi. Quand il m'appelle, on échange et c'est toujours sympa. Bernard, on a des origines communes, on aime aussi tous les deux le tennis. Ça nous a rapprochés. C'est quelqu'un qui aime le foot, un passionné. Il connait bien le foot. Il est de bonne compagnie.

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« Quand je regarde ce club, je n'arrive pas à comprendre. L'ASSE, c'est un club historique mais je trouve qu'il illustre bien ce qu'est notre football aujourd'hui : ça vivote. C'est flou. Je ne vois pas de ligne directrice »

Et que pensez-vous de son travail à l'ASSE ?

En fait, je me demande souvent, à travers nos discussions, si c'est vraiment lui qui gère Saint-Etienne. C'est un mystère. Dans ce club, il y a Thuilot, Puel. Avant, il y a eu Romeyer, Wantier, Paquet, Rocheteau, Comolli, Tong-Cuong. Et à chaque fois, on se demande qui fait quoi. Caiazzo, il représente l'ASSE dans les instances, à Paris. Il essaie d'être influent. Mais la gestion des Verts au quotidien, je ne crois pas que ce soit lui. Romeyer est sur place. Le reproche que l'on peut lui faire, c'est de manquer de distance. Et au final, quand je regarde ce club, je n'arrive pas à comprendre. L'ASSE, c'est un club historique mais je trouve qu'il illustre bien ce qu'est notre football aujourd'hui : ça vivote. C'est flou. Je ne vois pas de ligne directrice.

Vous consacrez plusieurs passages à Claude Puel dans votre livre. Vous semblez partager plusieurs de ses idées, sur le manque de technique des joueurs notamment...

C'est vrai. Puel, je le trouve peu emballant, peu enthousiasmant. Il ne communique pas beaucoup. Mais j'ai lu ses interviexs à son retour d'Angleterre et j'ai trouvé qu'elles étaient excellentes. Il a tout compris des problèmes de notre foot : le déficit technique et la prédominance physique à la formation, le manque d'autorité des clubs.

Qu'avez-vous pensé des critiques de l'agent de Stéphane Ruffier à son encontre ?

Ruffier, j'en ai toujours pensé plus de mal que de bien. Je n'ai jamais été fan. Même à l'époque de Galtier, quand il était au top de sa forme. Je le trouvais dans son monde. Il s'était créé une bulle avec son entraîneur. Il imposait de jouer bloc bas et on voyait que seule sa personne l'intéressait, ses statistiques. Il a fait de bonnes saisons, on ne peut pas le nier. Sur sa ligne, il a toujours été très bon. Mais ce n'est pas un gardien moderne : il ne sort pas de ses six mètres, il n'a pas de relance. Il ne s'inscrit pas dans le collectif. Il est très égoïste. Puel a constaté que ça ne pouvait pas durer comme ça. Il a voulu changer le visage de l'équipe et ça passait par un changement de gardien. Sportivement, ce changement se justifiait mais Ruffier n'a pas accepté d'être mis sur le côté. Il a une très haute opinion de lui-même mais pourtant, ça fait neuf ou dix ans qu'il est à Saint-Etienne et il n'a jamais été sollicité.

« Ces joueurs ont aidé l'ASSE à se maintenir et à finir 4e en 2018-19, mais à quel prix ? Les mecs sont cramés, ils n'avancent plus ! Ces gars sont venus pour le cacheton, des vieilles gloires. Ils avaient connu l'étranger. Ils considéraient que l

Que pensez-vous de son successeur, Jessy Moulin ?

J'aime bien. Ce n'est pas un crack mais lui au moins, il est dans le collectif. Il est plein de générosité. Il apporte de la fraîcheur malgré son âge, de l'envie. L'ASSE n'a pas beaucoup de moyens mais avec lui, elle a un gardien qui peut s'inscrire dans le projet. Sur ce début de saison, je ne vois pas ce qu'on peut lui reprocher.

Ce manque de moyens s'est confirmé avec le transfert de Wesley Fofana à Leicester. Qu'en avez-vous pensé ?

C'est comme ça. On sentait qu'à 30 M€, c'était non, mais qu'à 40, ce serait oui. Romeyer l'avait fait comprendre. Il y a toujours un chiffre qui fait que ça s'impose. C'est la vie d'un club. Aujourd'hui, les clubs vivent des ventes de joueurs et des droits TV. Et on voit les incertitudes qu'il y a avec les diffuseurs. En plus, Fofana voulait partir. « Sainté » ne pouvait pas lui proposer de jouer le Top 5. Il savait qu'il était là pour être vendu, en 2020, en 21 ou en 22. Il a eu cette opportunité avec Leicester, il n'a pas voulu la laisser passer. C'est notre foot qui est comme ça. Les joueurs sont des marchandises, dans une Ligue 1 qui est devenu un centre de formation pour les grands championnats européens.

Vous voyez l'ASSE jouer quel rôle dans ce championnat ?

Je ne sais pas. Devant, il y a le PSG, Rennes, Lille. Il y aura sûrement Marseille, Lyon qui aura un calendrier allégé, Monaco aussi. Je vois les Verts dans la première partie du tableau. Si ça veut rire, peut-être que ce sera 5-6, s'il n'y a pas de blessés. Mais bon, avec le départ de Fofana, la blessure de Maçon, ça ne démarre pas très bien. Et l'équipe est sur une mauvaise série. C'est dommage parce que j'avais adoré ce début de saison, la victoire à Marseille en particulier, avec une grosse intensité.

Dans votre livre, vous qualifiez de « belles arnaques » les joueurs recrutés par Jean-Louis Gasset il y a deux ans...

Ces joueurs ont aidé l'ASSE à se maintenir et à finir 4e en 2018-19, mais à quel prix ? Les mecs sont cramés, ils n'avancent plus ! Ces gars sont venus pour le cacheton, des vieilles gloires. Ils avaient connu l'étranger. Ils considéraient que l'ASSE, c'était moins bien. C'était sûr qu'ils n'allaient pas se mettre le cul par terre. On l'a bien vu avec Ghislain Printant. C'était catastrophique. Puel a bien fait de mettre un grand coup de balai dans tout ça. Il va imposer ses idées, avec des jeunes et du travail.

Vous êtes souvent élogieux avec Denis Bouanga dans l'After Foot...

Oui. C'est un joueur que j'aime bien. Les Verts se sont pas mal plantés sur leurs attaquants ces dernières années, mais pas sur Bouanga. C'est un bon joueur, même s'il est moins bien en ce moment.