ASSE - Exclu But ! : Green Moulin, Ruffier, Puel, les dirigeants... les vérités de Gilbert Ceccarelli
Gilbert CeccarelliCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
INTERVIEW

ASSE - Exclu But ! : Green Moulin, Ruffier, Puel, les dirigeants... les vérités de Gilbert Ceccarelli

Dans But ! Saint-Etienne à paraître ce mercredi, l'ancien gardien des Verts Gilbert Ceccarelli (58 ans), qui vit toujours à Saint-Etienne, s'est confié sur la saison de l'ASSE, la politique menée par Claude Puel et la revente du club. En étant élogieux, notamment, sur Etienne Green et Jessy Moulin... Et en revenant sur « l'affaire Ruffier ». Extrait.

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But ! : Gilbert, la saison a été spéciale avec le Covid, les huis clos. Avez-vous tout de même suivi l'ASSE ?

Gilbert CECCARELLI : Bien sûr. Mais il faut reconnaître que sans les supporters, c'était quand même difficile. On s'est mieux rendu compte de l'importance du public dans les stades. Sans eux, c'est vraiment triste. J'espère qu'ils pourront vite revenir. Ils manquent à tout le monde. Et je tire mon chapeau aux joueurs. Dans ce contexte particulier, en plus, ils n'ont pas été vernis : il y a eu de nombreux cas positifs, des blessés. C'était dur mais ils n'ont pas lâché. Il faut les féliciter et souhaiter qu'ils démarrent la saison prochaine comme ils ont fini celle-ci.

 

Claude Puel estime que c'était une saison satisfaisante. Etes-vous d'accord avec lui ?

C'était surtout satisfaisant sur la fin, sur la deuxième partie de saison. On a très bien débuté mais ça s'est vite compliqué. Le départ de Fofana a fait du mal, Debuchy s'est blessé, Maçon aussi, et une mauvaise spirale s'est enclenchée. Il y a eu une période délicate, avec les défaites qui se sont enchaînées, une dégringolade au classement. Mais l'équipe a su relever la tête. Ce qui est hyper positif pour l'avenir, c'est ça, son état d'esprit, sa combativité. Quand une saison part en vrilles, ce n'est pas toujours évident de corriger le tir. On finit 11e. Pour une saison de transition on va dire, ou d'apprentissage pour les jeunes, c'est plutôt correct.
 

N'avez-vous pas eu peur pour le maintien ?

Non. Franchement non. On n'a jamais été relégables. On n'était pas loin de la zone rouge mais on a bien négocié ce match à Nîmes qui était vraiment très important. Si on l'avait perdu, là oui j'aurais été inquiet. La victoire là-bas a remis l'équipe sur les bons rails. Ça a été le tournant. Derrière, on bat Bordeaux, on fait de bons matches à Paris, à Lille. Et on assure le maintien à la maison contre Marseille après la victoire à Montpellier. En plus, le contenu était meilleur sur la fin. Il y a eu une belle qualité de jeu sur certains matches, si on excepte la dernière défaite contre Dijon. J'ai trouvé l'équipe plus libérée.

 

Qu'avez-vous pensé de la saison de Jessy Moulin ?

Il a fait une saison correcte. Il y a toujours des détracteurs mais il a fait ses matches. Il a été décisif sur certains matches et il n'a pas été responsable sur les buts encaissés. Ce n'était pas évident car il y a eu beaucoup de blessés en défense à un moment donné. Et il ne faut pas oublier que Jessy n'avait jamais autant enchaîné. Pour une première saison comme n°1, c'était pas mal. Assumer cette casquette quand on n'est pas habitué à jouer tous les week-ends, ce n'est pas donné à tous les gardiens. Il s'en est bien sorti. Il n'a rien lâché. Il a montré que l'on pouvait compter sur lui. C'est vraiment un garçon qui a les valeurs du club. Il donne tout pour le maillot.

 

Qu'avez-vous pensé des débuts d'Etienne Green ?

Sur ce qu'il a montré, je l'ai trouvé prometteur. Avec Jessy et lui, le club est tranquille.

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« Green a bien su saisir sa chance. Le plus dur dans le foot, c'est de confirmer. Mais je pense qu'il est sur de bons rails »

Vous le connaissiez ?

Non. Je l'avais croisé quand il était gamin, mais je partais. Je ne l'ai donc jamais entraîné.

 

Vous voyez en lui le gardien du futur pour l'ASSE ?

Je ne sais pas qui va jouer. Mais j'ai confiance en nos deux gardiens. En plus, c'est une chance d'avoir deux gardiens formés au club pour porter nos couleurs. On voit bien qu'ils aiment le maillot, qu'ils sont prêts à se donner corps et âme. Vu leur état d'esprit, je ne m'inquiète pas : quel que soit le n°1, je pense qu'ils vont travailler en osmose. Ils sont bien accompagnés avec André Biancarelli.

 

Il y a aussi Stefan Bajic...

Oui. J'en entends beaucoup de bien depuis longtemps, il a gagné la Gambardella. Mais je l'ai rarement vu jouer. Et c'est difficile de le juger sur les quelques matches qu'il a fait en équipe première.

 

Quelles qualités vous ont séduit chez Etienne Green ?

C'est un tout. J'ai bien aimé ce qu'il a dégagé. Il a un bon jeu au pied, une bonne présence. Il est téméraire. On l'avait décrit comme quelqu'un de timide mais ça ne s'est pas senti. Après, il faudra qu'il affirme sa personnalité mais ça viendra naturellement, avec le temps. S'il reste sur sa lancée, il va prendre de plus en plus confiance en lui et faire sa place, fédérer avec les joueurs, devenir un meneur depuis ses cages. En tout cas, Green a bien su saisir sa chance. Le plus dur dans le foot, c'est de confirmer. Mais je pense qu'il est sur de bons rails.

« Ruffier, j'en pense ce que j'en pense, sur ses qualités, sa personnalité. Mais cette mise à l'écart, je n'ai pas aimé »

Que pensez-vous du travail de Claude Puel ?

Puel, on le connait depuis longtemps. On sait que c'est un coach travailleur, qui donne sa chance aux jeunes. Ceux qui en veulent, il n'hésite pas à les lancer, à les faire jouer. Il n'a pas peur de ça. A Saint-Etienne, c'est intéressant d'avoir cette philosophie surtout qu'on a de bons jeunes. Après, il faut faire attention : les jeunes, c'est bien, mais il faut qu'ils soient bien encadrés. Ça a été le cas à Lille cette saison avec Fonte, Yilmaz, André, et ils ont créé la surprise en étant champion. C'est l'exemple à suivre, je pense.
 

Puel a marqué son territoire en écartant Stéphane Ruffier, qui a fini par être licencié. Qu'avez-vous pensé de cette « affaire Ruffier » ?

Je ne suis pas un pro Ruffier, je me suis déjà exprimé là dessus. Par contre, la façon dont ça s'est passé m'a chagriné. Ruffier, j'en pense ce que j'en pense, sur ses qualités, sa personnalité. Mais cette mise à l'écart, je n'ai pas aimé. Après, je ne le défends pas à 100% et je ne condamne pas les dirigeants, parce que je ne connais pas tous les tenants et les aboutissants.


 

Que reprochez-vous à Ruffier pour ne pas être un « pro Ruffier » ?

C'est un bon gardien, ou c'était un bon gardien puisqu'il a raccroché, à priori. Là dessus, pas de souci. Mais c'est plus sa personnalité. Je trouve qu'il était trop dans sa bulle, dans son coin. Il ne s'investissait pas assez. Un gardien est seul dans ses buts, c'est un peu à part, mais il doit être fédérateur, il doit avoir une influence positive sur l'équipe. Et ça, vu de l'extérieur, je ne le ressentais pas chez Ruffier. Il n'avait pas ce leadership qu'on était en droit d'attendre, surtout par rapport à son niveau, son statut.

 

Les dirigeants ont annoncé leur intention de vendre le club, de passer la main. Est-ce le bon moment selon vous ?

Houla... Moi, je suis comme Saint-Thomas. Je crois ce que je vois. Ce discours, cette volonté de vendre, on l'a déjà entendu plus d'une fois. Et pourtant, ils sont toujours là. Ça ne bouge pas. Ça fatigue un peu.

 

Vous comprenez l'agacement des supporters, leur mécontentement ?

On peut le comprendre. On voit bien que le club n'évolue pas. On fait un pas en avant, trois en arrière. Ça n'avance pas. Je pense que pour faire évoluer l'ASSE, il faudrait d'autres dirigeants. Ce serait bien que quelqu'un arrive avec d'autres moyens, d'autres idées. Dans pas mal de clubs, c'est ce qu'il s'est passé. Nous, on stagne et on risque de se faire passer devant par pas mal de monde si on n'évolue pas. J'espère qu'on va voir arriver un repreneur sérieux, avec un bon projet, ambitieux. Le club le mérite.

L'ancien Vert Gilbert Ceccarelli s'est confié

Ancien Gardien de l'ASSE, Gilbert Ceccarelli (58 ans) donne son avis sur l'actu des Verts, ses gardiens et la possible vente du club. Entretien.

Laurent HESS
Rédacteur
Laurent HESS