ASSE - EXCLU BUT! : médecin des Verts pendant 31 ans, Guy Demonteil raconte tout
Credit Photo - Icon SPORT
par Benjamin Danet
Témoignage

ASSE - EXCLU BUT! : médecin des Verts pendant 31 ans, Guy Demonteil raconte tout

Médecin de l'ASSE de 1977 à 2008, le Docteur Guy Demonteil a couché une grande partie de ses souvenirs sur papier. Avant de les communiquer à But! Sainté et d'en dire plus sur ses motivations et ses souvenirs. Intéressant.

Zapping But! Football Club ASSE : tops, flops, avenir... le bilan de la saison 2020-2021 des Verts

Avant d'évoquer votre si longue carrière à l'ASSE, on a tout d'abord envie de savoir pourquoi vous avez décidé, il y a des mois, de raconter votre passage au sein du club ?

G.D. Au départ, et depuis que j'avais quitté le club, il y a tout de même plus de dix ans, je n'en avais aucune intention. C'est un ami à moi qui, souvent, insistait pour que je raconte tout ce que j'avais vu et entendu. Que je relaie cette histoire si particulière. C'est venu petit à petit, sans aucune envie de raconter un événement plutôt qu'un autre. C'est le manuscrit que vous avez ensuite récupéré.

Lorsque vous débarquez au sein du club, en 1977, vous avez déjà l'impression d'arriver dans un univers exceptionnel ? On parle tellement des Verts au lendemain de l'épopée que vous devez en être assez fier ?

Je vous arrête, pas du tout ! C'est sans doute ce qui a fait ma force pour résister aussi longtemps, mais le foot pour moi, ça ne voulait pas dire grand-chose à l'époque. Les Verts, l'épopée, les supporters, je n'en entendais pas parler et, même, je ne regardais pas les matches ! Moi, j'étais à fond dans la médecine, simple généraliste sur les routes de campagne et dans les petits villages. Alors le ballon rond....

Ne pas avoir vu un match des Verts à cette époque, on a du mal à vous croire...

Mais j'avais près de 60 patients par jour ! Je n'avais guère de temps pour autre chose.

Lorsque Roger Rocher vous propose le travail de médecin du club, comme vous le racontez dans votre récit, c'est une simple coïncidence ?

Il y a plusieurs facteurs qui ont contribué à ce qu'il me téléphone. D'abord, je m'étais peu à peu spécialisé dans la traumatologie. J'avais passé l'examen, je savais comment ça se passait avec les sportifs et je m'étais fait connaître auprès d'une clinique stéphanoise. Par ailleurs, j'avais dans ma clientèle des patients stéphanois. C'est peut-être grâce à ça qu'un jour ma secrétaire m'a fait part d'un appel du président Roger Rocher. Je ne le connaissais même pas !

Et on passe donc d'une clientèle de campagne à des joueurs de football professionnels adulés sans se prendre la tête ? C'est aussi simple ?

Vous savez, le côté strass et paillettes de l'ASSE, ça m'a toujours laissé de marbre. Je n'ai jamais été impressionné par un joueur de football. Ils étaient connus, OK, et alors ? D'ailleurs, c'était la même chose quand on me demandait des places de match ou des autographes : je répondais que ce n'était pas mon problème, ni mon sujet. J'ai toujours fait la part des choses.

Et faire la part des choses lorsqu'on vit de l'intérieur la caisse noire et la folie des hommes, c'est possible ?

Cela a été un événement d'une violence inouïe, je vous l'accorde. Je n'imaginais même pas voir et entendre tout ce à quoi j'ai été confronté. Mais une fois encore, c'est resté loin de moi. J'ai vite pris du recul, et parfois trop car des gens ont essayé de prendre ma place à cette époque. 

Que ce soit Roger Rocher, ou d'autres, vous n'êtes pas toujours tendres avec certains présidents ?

Ca ne s'accorde pas à Roger Rocher, croyez-moi, mais certains ont toujours pété plus haut que leur cul. C'est humain, pas propre à l'ASSE. Chacun son ambition, son caractère, son manque d'humilité...Certains présidents ont été beaucoup plus proches de moi que d'autres. Et Roger Rocher en faisait partie.

Pour résumer

Médecin de l'ASSE de 1977 à 2008, le Docteur Guy Demonteil a couché une grande partie de ses souvenirs avant de les communiquer à But! Sainté. Témoignage.

Benjamin Danet
Article écrit par Benjamin Danet