Roland Romeyer et Bernard Caiazzo
Roland Romeyer et Bernard CaiazzoCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
OPINION

ASSE – Exclu But ! : Olivier Sapet, sponsor des Verts : « L'ASSE a besoin d'un bon projet local »

Membre du Club des Etoiles depuis 17 ans, Olivier Sapet (54 ans), directeur du cabinet AS conseil et audit, à Saint-Chamond, estime que l'ASSE a tout intérêt à rester sous pavillon local. Entretien.

Zapping But! Football Club L'AS Saint-Etienne : La question du jour

 But !: Olivier, quand vous est venue cette passion des Verts ?

Olivier SAPET : Elle a toujours été là. Je suis Stéphanois. Mon père m'amenait au stade quand j'étais petit et maintenant, c'est moi qui amène mes enfants, même s'ils sont assez grands pour y aller sans moi aujourd'hui. Mon fils est dans les kops. L'ASSE, c'est héréditaire !

 

Qui étaient les héros de votre jeunesse ?

J'ai eu la chance de connaître l'époque des Verts de 76. Et après les années Platini, Rep, Janvion. En 40 ans, j'ai vu passer pas mal de joueurs, mais c'est vrai que j'ai été marqué par Platini. Il reste dans les mémoires. Les chevauchées de Piazza aussi, les arrêts de Curkovic, les envolées de Jérémie Janot, de Stéphane Ruffier.

 

Pourquoi avoir intégré le Club des Etoiles ?

Par passion, tout simplement. C'est un plaisir pour moi d'être partenaire du club, depuis 17 ans maintenant. Je suis un fidèle.

 

Vous connaissez donc les actuels présidents ?

Bien sûr. Surtout Roland Romeyer, comme tous les Stéphanois. Bernard Caiazzo, je l'ai croisé de nombreuses fois dans des manifestations mais Roland est plus abordable. On connait son attachement au club. C'est quelqu'un que j'apprécie. Il a le cœur sur la main.

 

Quel est votre regard sur le dossier de la vente du club ?

On va au devant d'une nouvelle ère et mon souhait, c'est que l'ASSE soit toujours gérée par un local. C'est dans son ADN. C'est l'histoire des Verts. Il y a eu Casino, Rocher, André Laurent, Roland Romeyer, Alain Bompard aussi dont le fils est Stéphanois. Je suis attaché aux valeurs de Saint-Etienne.

 

« Les fonds de pension, je ne suis pas fan. Quand on voit la façon dont le château de cartes s'est écroulé à Bordeaux... C'est dangereux. Il faut un bon projet sur du long terme »

 

Il y a un projet local avec Olivier Markarian. Avez-vous été approché ?

J'ai entendu parler du projet Markal, bien sûr, mais je ne suis pas dans le secret des Dieux. Et je n'ai pas été approché, non.

 

C'est quelque chose qui pourrait vous intéresser ?

Oui, mais si on me demande 20 M€ ça risque d'être compliqué ! Tout dépend où on place le curseur. Je pense en tout cas que c'est un projet qui doit être encouragé. Les fonds de pension, je ne suis pas fan. Quand on voit la façon dont le château de cartes s'est écroulé à Bordeaux... C'est dangereux. Il faut un bon projet sur du long terme, de préférence avec des gens qui connaissent le club et le monde de l'entreprise.

 

Les actionnaires souhaitent vendre d'ici la fin de l'année...

Je sais. Mais ça me semble compliqué. Ce serait une bonne chose car il y a un vrai besoin de renforcer l'équipe. S'il n'y a pas de vente, il faudra faire un nouveau prêt. C'est vital, je pense, si on veut se maintenir en Ligue 1.

 

Comment vivez-vous cette première partie de saison ?

Elle est terrible. J'assiste à tous les matches. On sent qu'on n'a pas une équipe de L1. On a un buteur de L1 avec Khazri mais on est beaucoup trop tendre. On a beaucoup de jeunes joueurs. Ils ont peut-être un bon potentiel pour la plupart, mais pour l'instant ils n'ont pas le niveau de la L1, malheureusement. Ils ne sont pas assez épaulés. C'est dommage, y compris pour eux, car on est en train de les griller.

 

Vous regrettez certains départs ?

Bien sûr. Je ne comprends pas comment on a pu laisser partir un joueur comme Mathieu Debuchy. Il était exemplaire ! Les jeunes manquent de cadres. Dans une entreprise, quand vous avez des apprentis, il faut des gens plus expérimentés pour les former.

 

Que pensez-vous du travail de Claude Puel ?

J'ai du mal à comprendre certains choix. On ne garde pas Debuchy, on prolonge Hamouma au beau milieu de l'été et on ne le fait pas beaucoup jouer. On prend Ramirez le dernier jour du Mercato et il ronge son frein sur le banc. Sans parler de ces jeunes qui ont gagné la Gambardella et qui sont aux oubliettes, comme le petit Benkhedim qui me semblait prometteur. Cette gestion m'interpelle. Et on a l'impression qu'il n'y a pas une bonne osmose entre les joueurs et le coach. On est derniers. La mayonnaise ne prend pas. Et en plus beaucoup de titulaires vont partir à la CAN, notamment Khazri. On se demande avec qui on va jouer en janvier. C'est très inquiétant. Il y a un besoin impératif de se renforcer cet hiver.

 

Vous comprenez que Puel soit toujours en place malgré son bilan ?

Je ne suis pas spécialement favorable au changement d'entraîneur quand il y a de mauvais résultats, mais je pense que ce problème relationnel entre Puel et certains joueurs est très conséquent. Plusieurs joueurs ont été écartés. Y compris Khazri, alors qu'on se demande où on serait sans lui. Boudebouz aussi, on s'est privé de lui pendant longtemps alors qu'il fait du bien depuis son retour en grâce, on le voit. C'est dommage. Je pense que ce groupe là vaut mieux que son classement même s'il manque cruellement de joueurs d'expérience, en particulier en défense. Quant à Puel, il est en fin de contrat. Il ne sera plus là la saison prochaine. J'ose espérer qu'on sera toujours en L1. Une descente serait terrible pour le club, la ville et les supporters.

Pour résumer

Membre du Club des Etoiles depuis 17 ans, Olivier Sapet (54 ans), directeur du cabinet AS conseil et audit, à Saint-Chamond, estime que l'ASSE a tout intérêt à rester sous pavillon local. Il soutient donc le projet piloté par Olivier Markarian.

Laurent HESS
Rédacteur
Laurent HESS