ASSE – EXCLU BUT ! : prix de vente, projet, profil des nouveaux investisseurs... le Maire de Saint-Etienne en dit plus
Roland Romeyer et Bernard CaiazzoCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
AVENIR

ASSE – EXCLU BUT ! : prix de vente, projet, profil des nouveaux investisseurs... le Maire de Saint-Etienne en dit plus

Dans l'entretien accordé à But ! Saint-Etienne, Gaël Perdriau, le Maire de Saint-Etienne, donne son avis sur les conditions d'une éventuelle vente de l'ASSE... Extrait.

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But ! : Les dirigeants avaient failli vendre l'ASSE aux Américains de Peak 6 il y a trois ans. Savez-vous pourquoi les négociations avaient échoué ?

Gaël PERDRIAU : Non. Mais je viens du monde de l'entreprise. Et un investisseur qui rachète un club tout en acceptant de ne pas être décisionnaire, ça n'existe pas. Dans le cas de Peak 6, les présidents voulaient vendre tout en restant quand même au club. C'est flou : un coup ils sont prêts à vendre puis ils veulent rester, ils cherchent un actionnaire majoritaire, puis finalement un actionnaire minoritaire... Et aujourd'hui, on ne sait plus trop. Je pense qu'il y a une nécessité d'éclaircir tout ça. Une prise de position claire permettrait peut-être à certains de se positionner. Sans parler des offres fantasques, fantaisistes.

 

L'ancien président André Laurent nous confiait récemment que l'idéal, selon lui, serait de voir arriver un nouvel industriel local à la présidence...

Cela correspondrait à l'histoire du club et à la volonté des dirigeants actuels de passer la main à des gens attachés aux valeurs de Saint-Etienne. Ce serait une singularité qui nous honorerait de ne pas appartenir à des fonds étrangers, de rester ce que nous sommes.

 

Et si des capitaux étrangers arrivaient ?

On a certains exemples de clubs qui ont montré que ce pouvait être une réussite. En tant que Maire, je souhaiterais les rencontrer pour connaître leur plan, leur stratégie, leurs moyens.

 

Vous avez un droit de regard ?

Non. Je ne suis pas actionnaire. Mais je représente la Ville de Saint-Etienne. Quand on sait ce que représente l'ASSE pour l'image de Saint-Etienne, de la région stéphanoise, j'espère échanger avec les futurs dirigeants, s'il y en a, quand ils se feront connaître.

 

Selon vous, quel est le juste prix d'un club comme l'ASSE aujourd’hui ?

Les présidents ont dit que ce n'était pas une question d'argent mais de projet, et on ne peut que les soutenir dans cette démarche. Ce qui compte, ce n'est donc pas le prix de vente mais le montant des investissements, des moyens injectés. Ce qui compte, c'est de faire en sorte de construire sur la durée, de garder nos meilleurs joueurs.

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« Ce qui inquiète aujourd'hui, c'est surtout le manque de lisibilité par rapport à l'avenir, le manque de perspectives »

Aujourd'hui, quelles sont vos relations avec les présidents ?

Avec le covid, je ne peux plus aller au stade. On se voyait aux matches, les relations sont donc moins régulières. Les matches étaient l'occasion d'échanger sur de nombreux sujets. Du coup, on échange moins. Et on n'échange pas sur tous les sujets...

 

Avec qui échangez-vous le plus ?

Avec Roland Romeyer. On se connait mieux. C'est plus fréquent. Avec Bernard Caiazzo, c'est plus épisodique. Mais on parle aussi. De tout un tas de choses.

 

Vous avez refusé une demande du club de baisser le montant de la location du stade Geoffroy-Guichard. Pour quelles raisons ?

Parce que la crise sanitaire est un moment difficile pour les citoyens, leur situation sociale, familiale. Il y a les écoles, les Ephad... On ne peut pas faire des efforts partout. Et la location du stade est à un montant très raisonnable (ndlr : de l'ordre d'1,5 M€ par an). Un geste ne changerait pas grand-chose aux 35 M€ de déficit annoncé...

 

Le club a sollicité une baisse de salaire des joueurs et du staff...

C'est bien. C'est sain et compréhensible. Il me semble que cette contribution a été faite ailleurs, de manière plus spontanée.

 

Ressentez-vous un impact des résultats de l'ASSE sur les Stéphanois ?

J'ai vu qu'une étude évoquait un désintérêt pour le foot en général. Avec la situation sanitaire, c'est difficile car le lien avec le stade est rompu. Mais je crois que le supporter stéphanois arrive à passer au delà des turpitudes sportives. C'est ancré. J'avais vécu le match contre Troyes dans le kop, l'arrêt de Jérémie Janot à la fin, pour ses débuts, alors qu'on aurait pu chuter en 3e Division. La délivrance au coup de sifflet final. Quand on vit ces moments là, la chair de poule on l'a pour toujours. C'est au delà des résultats, du moment. Ce qui inquiète aujourd'hui, c'est surtout le manque de lisibilité par rapport à l'avenir, le manque de perspectives. C'est en ce sens que je dis que l'ASSE a besoin d'un nouveau souffle.

 

Pour résumer

Perdriau aimerait y voir plus clair sur l'avenir de l'ASSE

Laurent HESS
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Laurent HESS