ASSE – EXCLU Krimau : « Je suis venu à Saint-Etienne pour le défi »
Merry Krimau (au Mondial 1986 avec le Maroc)Credit Photo - Icon Sport
par Alexandre Corboz
NOSTALGIE

ASSE – EXCLU Krimau : « Je suis venu à Saint-Etienne pour le défi »

Attaquant de L1 durant 15 ans, passé par l'ASSE entre 1986 et 1987, Merry Krimau (66 ans) nous donne de ses nouvelles. Aujourd'hui à Casablanca, l'ex-international marocain (17 capes) suit toujours d'un œil les Verts. Entretien.

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But ! Saint-Etienne : Krimau, que devenez-vous aujourd'hui ?

Merry Krimau : Je suis encore très actif. J'ai deux grandes écoles de football à Casablanca et Marrakech. Je forme des joueurs de 4 à 18 ans. En parallèle, je suis consultant dans une grande radio locale ainsi que DTN à la Fédération marocaine de football.

Quel souvenir gardez-vous de votre court passage à Saint-Etienne (33 matches, 9 buts) ?

Je garde toujours le meilleur de mes aventures. Pendant un an, j'ai travaillé avec Henryk Kasperczak. C'était sa dernière année avant qu'il ne soit remplacé par Robert Herbin et que je file de mon côté à Paris, au Matra. A l'époque, Saint-Etienne était une équipe en reconstruction. Il y avait beaucoup de jeunes avec les Ribar, Peycelon, Ferri, Clavelloux et l'ancien Castaneda. On était arrivé avec Pascal Françoise pour encadrer cette équipe. C'était une année à la lutte pour le maintien. Même si je n'étais pas au mieux physiquement après une préparation écourtée par la Coupe du Monde au Mexique, je suis content d'avoir aidé le club à rester en première division avec ma petite dizaine de buts.

En France, votre belle histoire d'amour, c'était surtout Bastia (finaliste de la Coupe de l'UEFA 1978). Comment définiriez-vous Saint-Etienne par rapport à vos années en Corse ?

Même si ce n'était plus le Saint-Etienne de la fin des années 70, j'étais venu pour le défi, pour aider le club à se reconstruire après des années en deuxième division. Je suis content d'avoir eu cette chance de porter ce maillot mythique. Après, c'est sûr que les moments les plus forts de ma carrière et de ma vie, je les ai connu à Bastia. J'ai toujours une attache particulière là-bas, mes enfants y vivent toujours. Maintenant je ne renierais aucune de mes aventures. Je me suis vraiment éclaté partout.

Plus jeune, vous avez connu le grand Saint-Etienne avec Michel Platini et consorts...

Oui, j'ai beaucoup joué contre eux. Je me souviens de matchs mémorables avec les Curkovic, Janvion, Synaghael, Larqué... J'étais tout jeune mais c'était vraiment impressionnant de jouer dans le Chaudron face à cette équipe. Je me souviens d'un match mémorable où on s'était imposé à Saint-Etienne avec Bastia (victoire 4-0) et où je marque. J'ai toujours eu de l'admiration pour ce club. Il a fait beaucoup pour le football français.

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« Le club le plus prestigieux dans lequel j'ai joué »

C'est ce qui a poussé en 1986 à choisir les Verts plutôt qu'un autre club à votre départ du Havre ?

Oui. Cela a été une fierté pour moi d'avoir été Stéphanois à mon tour. En terme de nom et d'aura dans le monde entier, c'est le club le prestigieux dans lequel j'ai joué. Même lors des belles années du SEC Bastia, où on avait pourtant fait une finale face au PSV Eindhoven, la locomotive du foot français en Europe, c'était Saint-Etienne.

Avez-vous eu l'occasion de revenir à Geoffroy-Guichard après votre carrière ?

Je suis passé à Saint-Etienne plusieurs fois, sans faire de vagues. Dernièrement, j'étais à Lyon pour un stage de management du sport et je suis passé devant le stade. Il a beaucoup changé. C'est important de garder le contact. J'ai eu parfois Monsieur Romeyer au téléphone. Mustapha El Haddaoui, de qui je suis resté très proche, vient de temps en temps. Dès que la situation sanitaire le permettra, j'espère avoir l'occasion de faire le tour de mes anciens clubs en France.

Suivez-vous toujours les résultats de l'ASSE depuis le Maroc ?

Bien sûr ! Le club traverse une saison difficile. Comme à mon époque, l'équipe est en reconstruction avec des jeunes. Pour l'avoir connu, c'est une période qui demande beaucoup de patience. Patience chez les supporters, patience pour le coach, patience pour cette jeunesse qui est prometteuse. Aujourd'hui, Saint-Etienne a du mal à gagner ses matchs. J'espère qu'ils vont s'en sortir. Je pense qu'ils vont se maintenir.

Vous connaissez Claude Puel. Que pensez-vous de lui ?

J'ai beaucoup joué contre lui lorsqu'il était à Monaco. Paradoxalement, je le connaissais assez peu. Je l'ai davantage connu lorsqu'il était entraîneur de Lyon. Il y a quelques années, l'OL était venu passer quatre jours à Marrakech en stage durant l'hiver. J'avais eu l'occasion de le croiser et discuter un peu. Il a sa personnalité. C'est un entraîneur qui a besoin de temps pour mener à bien son projet. Pour moi, il faut lui donner. L'ASSE a choisi une nouvelle politique. Il faut l'accepter et aller au bout même s'il y aura des hauts et des bas.