par Benjamin Danet
ENTRETIEN

ASSE - Exclu BUT! : ses souvenirs, son départ, ses regrets, Paganelli et sa vie en Vert

Homme de terrain reconnu depuis des lustres sur les antennes de Canal Plus, Laurent Paganelli a aussi, et surtout, été un joueur aussi précoce que brillant de l'ASSE lors des années fastes.

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But Sainté : Le Paganelli d'aujourd'hui, homme de terrain de Canal Plus, est-il plus souvent interpellé pour son activité médiatique ou ses exploits d'antan sous le maillot Vert ?

Laurent Paganelli : Ca dépend des gens que je croise, bien entendu. Mais dans l'immense partie des cas, on me parle surtout des Verts et de la belle époque. Il n'est pas excessif que de dire que cette équipe, ce club, a marqué toute une génération de Français et que dans leurs souvenirs, les Verts occupent encore une place à part. Ils ont été bercés par les exploits du grand Sainté et ils n'ont rien oublié. Moi, je suis arrivé après, mais on continue de m'associer aux belles heures.

Plutôt étonnant puisque vous apparaissez à l'ASSE plus de deux ans après la finale de Glasgow...

L.P. Et c'est d'ailleurs un moment marquant que l'on me rappelle très, très souvent. Mais si je ne suis pas un ancien Vert de l'épopée, j'ai tout de même évolué avec tous ces gens merveilleux. Les Curkovic, Janvion, Lopez et j'en passe, j'ai eu la chance et le bonheur de les côtoyer. C'est sans doute pour cette raison que l'on continue, au fil des ans, à m'associer à ces grands Messieurs. 

Dans les différents entretiens qu'ils nous ont accordés, les anciens Verts de la belle époque disent presque tous qu'ils ne se rendaient pas compte du phénomène qu'ils incarnaient, du poids qu'ils avaient. Et vous ?

L.P. J'étais déjà loin de tout calcul, car moi la seule chose qui me préoccupait, c'était de jouer au foot. Mais j'avais quand même bien conscience d'être au milieu de stars pas comme les autres. J'avais un trac immense. Et c'est aussi parce que j'étais un joueur des Verts qu'il y a eu autant de médiatisation pour mon premier match avec les pros au Parc des Princes en 1978. C'était de la folie, et même si je n'avais que seize ans, je me rendais compte à quel point ce club marquait les esprits. A quel point il était aimé. Presque cinquante ans plus tard, les gens me parlent encore de mon match contre le PSG au Parc des Princes. C'est fou !
 

"Je peux vous le dire quarante ans après : quand je suis parti de Sainté, j'ai ressenti une immense tristesse. Je me voyais dans ce club toute ma vie."
 

A l'époque, ce cirque médiatique ne vous effraie-t-il pas, alors que vous êtes encore un adolescent ?

L.P. On me l'a demandé des milliers de fois et je réponds toujours par la négative. Je n'étais pas dans la réflexion à cette époque, seulement dans le plaisir de taper dans un ballon et de jouer au plus haut-niveau. Le foot était une passion, tout simplement, et je ne m'arrêtais pas à ce qu'il y avait autour. Et lorsque, en plus, vous jouez dans le club que tout un pays aime, vous n'allez pas vous prendre la tête.
 

Et pourquoi l'avez-vous quitté ce club ?

L.P. Parce que on me l'a demandé ! Tout simplement. A la fin de la saison 1982-1983, c'est le président de l'époque, André Laurent, qui me dit : "On ne te garde pas". Bon, d'accord et je signe dans la foulée à Toulon. Vous devez tout de même savoir qu'on est beaucoup de jeunes, champions de France de D3 quelques années plus tôt, à être mis devant le fait accompli. La Caisse Noire avait déjà provoqué des dégâts, certains étaient considérés comme des pro ou des anti Herbin, tout se mélangeait et le sportif était vraiment mis de côté. Une magnifique génération de joueurs a été sacrifiée à cause de l'extra-sportif et des querelles entre hommes. Mais moi je peux vous le dire quarante ans après : quand je suis parti de Sainté, j'ai ressenti une immense tristesse. Je me voyais dans ce club toute ma vie. Aujourd'hui, sait-on jamais, j'habiterai même à Sainté.

A propos de Robert Herbin, justement, comment expliquer votre lien si fort avec lui et son incapacité à vous dire les choses des mois durant en vous laissant de côté après un match raté en Coupe d'Europe ?

L.P. Il était comme ça Roby, à considérer que son joueur devait s'en sortir tout seul et trouver lui-même les solutions. Mais comme on avait tous les deux un rapport particulier, qu'il nous arrivait souvent de parler de tout sauf de foot, je n'ai compris que bien plus tard sa manière de fonctionner. Je n'étais pas non plus très simple à gérer, il faut bien l'avouer. Mais ça ne m'a jamais empêché d'adorer cet homme, cet entraîneur.

Suite de notre entretien avec Laurent Paganelli demain sur notre site

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Pour résumer

Homme de terrain reconnu depuis des lustres sur les antennes de Canal Plus, Laurent Paganelli a aussi, et surtout, été un joueur aussi précoce que brillant de l'ASSE lors des années fastes. Au travers de propos sincères, et émouvants, Paga revient sur son Sainté d'hier et d'aujourd'hui. En se refusant à refermer le livre.

Benjamin Danet
Rédacteur
Benjamin Danet

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