La colère des supporters verts en mai dernier après la relégationCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
JUSTICE

ASSE : incidents d'Auxerre, verdict ce mercredi pour les 11 supporters stéphanois

Les 11 supporters stéphanois qui passaient devant le tribunal correctionnel de Saint-Etienne pour leurs actes commis lors du barrage face à Auxerre en mai dernier seront fixés sur leur sort ce mercredi.

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C'est mercredi dernier que les 11 supporters des Verts mis en examen suite aux scènes de violence qui avaient accompagné la relégation du club, en mai dernier après le barrage retour perdu face à Auxerre ont été entendus mercredi dernier par le tribunal correctionnel de Saint-Etienne, où de nombreux médias s'étaient déplacés. La majorité des supporters a reconnu les faits, comme le relate L'Equipe. « C'est difficile à expliquer, a témoigné le premier appelé à la barre. Ma tête a vrillé. J'ai voulu exprimer mon mécontentement, certes pas de la meilleure des façons. C'est pour cela que je me retrouve ici. » Ce supporter, membre des Green Angels, risque gros car c'est un récidiviste : il avait été incarcéré et interdit de stade à plusieurs reprises. Avant, ce fameux soir de mai, d'être vu en train de saisir et jeter une barrière sur la pelouse, puis de frapper un agent de sécurité à l'extérieur du stade... Il avait échappé à la détention provisoire mais une obligation de soins psychologiques lui avait été ordonnée depuis les incidents. « Cela m'aide sur plein de choses. Je n'allais plus trop aux matches et je m'y suis retrouvé ce jour-là, après un repas de famille. Je pensais arriver à me contrôler, mais il faut que j'arrête d'aller au stade. J'ai envie de comprendre pourquoi j'en suis arrivé là. »

« Le club a coulé, et tout le monde a pété les plombs »

Devant la présidente Stéphanie Perrin au discours ferme, le capo des Green Angels a expliqué : « Il y avait beaucoup de frustration, sur un laps de temps assez court et dans une atmosphère déjà très tendue. C'était un acte complètement absurde qu'on aurait pu éviter, a reconnu le capo des GA92. Il aurait pu y avoir des blessés graves. Sur le moment, on ne l'a pas mesuré. » « Toute ma vie tourne autour de l'ASSE. Cela faisait six ans que je n'avais pas raté un match. Mes jours de congé sont pris pour le club », a quant à lui expliqué le trésorier des Magic Fans. « Le club a coulé, et tout le monde a pété les plombs », a commenté un autre Ultra. De son côté, Mᵉ Olivier Martin, l'avocat de l'ASSE, qui s'est constituée partie civile, a notamment mis en avant le coût financier pour le club. « C'est un exercice difficile de se constituer face à des individus qui clament leur amour au club, a-t-il expliqué. Quand vous voyez que l'un est pompier, l'autre à un master de droit, le troisième est commercial... Ils sont tous mariés, ils ont des enfants. Ils ont de bonnes rémunérations, un niveau intellectuel plus que correct. C'est extrêmement étonnant.  Mais l'ASSE n'appartient pas à ses supporters. Que le club ait des supporters, avec une histoire collective construite grâce et avec eux, c'est une réalité. Mais on ne peut pas aller au-delà. »

Maître Olivier Martin, avocat de l'ASSE : « Ces Ultras font très mal au club »

L'avocat du club prone donc la sévérité... « Les faits sont graves et doivent être absolument sanctionnés. La position de l'ASSE est très claire : il n'y a eu ni complicité bienveillante ni négligence. Nous sommes la victime directe de ces agissements. Cela ne peut plus être accepté. Il y a une prise en otage du club, il est responsable des agissements et a une obligation de résultats. Ce qui fait qu'à chaque fois qu'un supporter commet une infraction dans le stade, le club est sanctionné. Ce qui s'est passé la saison 2021-2022, ça s'est traduit par 338 000 € d’amendes, six matches à huis clos avec 500 000 € par match de manque à gagner et six fermetures partielles. Au total, ce sont près de 3,5 € de préjudices... Le club est victime. La passion des supporters est sincère. Mais elle doit être mise au service du club, pas au service de mouvements de protestation. On aurait pu utiliser cet argent pour autre chose, notamment renforcer l'équipe. C'est beaucoup beaucoup d'argent mais je pense que ces Ultras font encore plus mal au club en terme d'image. N'importe qui, qui aime le football et qui a vu ce qu'il s'est passé après le match d'Auxerre n'a plus envie d'aller au stade. Même le plus passionné des supporters ». Les Ultras ont donc pu apprendre que c'était eux qui avaient plombé le Mercato de l'ASSE... Le magistrat, lui, a requis des peines allant de quatre mois de prison avec sursis à un an de prison ferme (aménageable en détention sous surveillance électronique) dont quatre mois avec sursis, ainsi que des interdictions de stade allant de deux à cinq ans, avec obligation de pointage. La décision du tribunal sera prononcée ce mercredi.

L'avocate d'un supporter : « On veut faire un exemple »

Le quotidien régional Le Progrès a publié certains passages des plaidoiries des avocats des 11 supporters qui ont comparu mercredi dernier au tribunal correctionnel de Saint-Etienne...

Me Laurent Verilhac : « On a déjà connu des faits beaucoup plus graves. Il y a eu des agissements plus graves commis à l’extérieur du stade ce soir-là et aucun de ceux ici présents n’en sont responsables. »

Me Laure Salomon : « On ne juge qu’une poignée alors qu’il y avait des centaines de personnes qui se sont rendues coupables d’infractions ce soir-là. »

M e Solange Viallard-Valézy d’ajouter : « On veut faire un exemple. Mais faire le buzz avec ces onze-là, ça me laisse perplexe. Pourquoi eux seulement sont jugés aujourd’hui ? »

Me Franck-Olivier Lachaud : « Il n’y a pas de volonté de faire mal. C’était disproportionné, mais ils voulaient faire passer un message, car ils sont extrêmement déçus par les résultats et la gestion de ce club. »

Pour résumer

Les 11 supporters stéphanois qui passaient devant le tribunal correctionnel de Saint-Etienne pour leurs actes commis lors du barrage face à Auxerre en mai dernier seront fixés sur leur sort ce mercredi. Un verdict très attendu.

Laurent HESS
Rédacteur
Laurent HESS

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