ASSE : joueurs limités, entraîneur dépassé, pourquoi les Verts ont pris une vraie leçon
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par Benjamin Danet
Ligue 1

ASSE : joueurs limités, entraîneur dépassé, pourquoi les Verts ont pris une vraie leçon

L'ASSE accueillait ce soir l'AS Monaco au stade Geoffroy-Guichard dans le cadre de la 30e journée de Ligue 1. Résultat, les Verts se sont logiquement inclinés (0-4) face à une formation monégasque nettement supérieure.

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Privé de Jessy Moulin, Arnaud Nordin et Adil Aouchiche, victimes du Covid-19, Claude Puel avait été contraint de modifier certains choix, mais pas de système. C'est donc une charnière centrale Sow-Cissé qui débuta, comme à Angers, avec, toutefois, le retour de Debuchy, suspendu en Anjou.

Bajic, une baraka de courte durée

Les supporters des Verts l'avaient déjà vu deux fois à l'oeuvre sous le maillot vert. Lui, c'est Stefan Bajic, espoir de la maison au poste de gardien, aligné la saison dernière en championnat face au FC Metz (0-1), puis cette saison en Coupe de France pour une défaite à Sochaux (0-1). Remplaçant de Moulin, Bajic a cru un instant vivre un conte de fées dans le chaudron vide. Et connaître une baraka dont on se souvient toute une carrière. A la 7e minute, une frappe lumineuse de Jovetic s'écrasait sur...sa barre transversale ! Trois minutes plus tard, pour une faute de main inutile de Debuchy, il voyait le même Jovetic envoyer son pénalty sur... son poteau droit ! Le miracle était toutefois de courte durée car trois minutes plus tard, Jovetic, encore et toujours, enrhumait sans aucune difficulté Kolo et Trauco et trompait Bajic d'une frappe vicieuse du pied droit. La domination monégasque pouvait alors s'installer.

Devant, c'est si tiède...

A la pause, nombreux devaient être les fans de l'ASSE a se féliciter de n'être menés que d'un petit but par l'AS Monaco. Une anomalie évidente au regard de l'outrageante domination des hommes de Kovac, à l'aise avec le ballon, bien placés, agressifs sur le porteur et sans cesse tournés vers l'avant. Face à eux, une formation stéphanoise valeureuse, accrocheuse même, à qui on ne peut reprocher son engagement. Mais comme l'a répété, à de nombreuses reprises, le consultant de Canal +, BenoÎt Cheyrou, impossible de répondre à l'ASM avec des attaquants aussi éloignés les uns des autres. Impossible de se créer des situations dangereuses avec un Boudebouz situé à plus de 50 mètres de Bouanga ou de Khazri. Les Verts, qui ne parvenaient déjà pas à garder le ballon, ont souffert une fois encore de leurs carences offensives. Et au delà des joueurs, c'est également le système de jeu de Claude Puel qui en est la cause.

Les choix (curieux) de Puel ne produisent aucun effet

Au retour des vestiaires, sans doute conscient que sa formation éprouvait toutes les peines du monde à exister, Claude Puel changea de système avec un retour à une défense à quatre. Résultat, Miguel Trauco, transparent 45 minutes durant, fila à la douche et Charles Abi entrait en jeu. Problème, le jeune attaquant, qui manque déjà cruellement de confiance..., n'était pas placé par son entraîneur dans un rôle de pivot, en point fixe devant la défense monégasque, mais dans un poste d'ailier droit qui ne lui correspondait guère. Perdu, incapable de déborder, cela ne facilitait pas son entrée, qui se traduisait par deux coups de tête non cadrés (51e, 57e) et une question simple : pourquoi Puel s'évertue à faire jouer des avant-centres qui n'en sont pas ? Le rôle est parfois dévolu à Hamouma, ou à Khazri, sans que les deux hommes n'en aient les caractéristiques. Toujours aussi étrange, à 0-2, alors que les Verts devaient revenir au score, Puel faisait sortir un créateur (Boudebouz) pour bétonner son milieu de terrain (Youssouf). Et à 0-3, il faisait enfin entrer un véritable avant-centre (Modeste)....On soulignera enfin et surtout que les choix de Puel n'ont jamais contre-carré les plans de l'ASM. C'est pourtant ce qu'on demande à un entraîneur. Qui, depuis dix-huit mois dans le Forez, cherche, cherche mais jamais ne trouve.

Erreurs techniques en cascade, joueurs limités

Compliqué, certes, pour un milieu de terrain et une défense acculés, de conserver de la lucidité 90 minutes durant. Ce pourrait être et c'est souvent  le cas, au sein d'une formation du haut de tableau, comme l'AS Monaco. Mais pas à l'ASSE qui, de son côté, s'appuie sur des joueurs trop limités pour offrir un quelconque répondant. Debuchy et Kolo ont ce soir affiché leurs criantes limites, dépassés et multipliant les relances approximatives. Neyou, pourtant à l'aise balle au pied, a pris suffisamment de risques pour perdre des ballons importants, parfois synonymes de buts (0-3).

Son compère, Camara, infatigable ratisseur, dépense trop d'énergie pour pouvoir remonter le ballon et le donner dans de bonnes conditions. Bouanga, comme à chaque match, donne l'impression de rater tout ce qu'il entreprend, et notamment lorsqu'il s'agit d'être décisif. Boudebouz conserve certes le ballon, sans jamais créer un quelconque décalage ou servir un partenaire. Khazri, lui, pas avare d'efforts, est trop seul sur le front de l'attaque pour espérer marquer à nouveau. Les Verts ont ce soir pris une leçon. Une de plus.

Et il leur faudra, comme souvent, attendre les résultats de Nîmes, Lorient et Nantes, ce week-end, pour en mesurer les conséquences.