ASSE – L'analyse de Laurent Hess : « Les Verts peuvent-ils tomber plus bas ?»
Puel et son staff, à BrestCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
APRES-MATCH

ASSE – L'analyse de Laurent Hess : « Les Verts peuvent-ils tomber plus bas ?»

La prestation de l'ASSE, corrigée à Brest (1-4), ne peut qu'inquiéter ses supporters. Surtout que dimanche, c'est Lille qui viendra dans le Chaudron...

Avant la 7e défaite consécutive des Verts, subie à Brest ce samedi, Yvan Neyou, tout heureux d'avoir prolongé jusqu'en 2024, avait expliqué qu'il ne fallait pas du tout s'inquiéter pour l'ASSE, que les joueurs travaillaient bien à l'entraînement, qu'il y avait beaucoup de qualité dans le groupe stéphanois et une grande détermination. Un discours très positif, assez semblable à celui de Claude Puel. Mais après le match, c'est le pauvre Zaydou Youssouf qui a été chargé de commenter la déculottée bretonne, et là, le discours étant forcément différent... « Cette défaite, ça fait mal. On prend un but, puis un deuxième. On revient à 2-1 mais on en prend deux autres juste derrière... ça fait mal. On a essayé d'être plus conquérants en deuxième mi-temps mais on n'a pas réussi. Il va falloir réagir parce que là, ça commence à faire beaucoup. Il faut qu'on se réveille ! Ce n'est pas normal ! »

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Puel n'y arrive pas

Après l'embellie (à zéro point, hein) du derby, les Verts sont retombés dans leurs travers. De façon pathétique. Ils ont d'abord eu une possession stérile avant d'encaisser un but sur la première attaque bretonne, puis un deuxième sur la deuxième attaque bretonne. Mahdi Camara a réduit le score sur un coup de pied arrêté du revenant Ryad Boudebouz, bien aidé par la sortie ratée de Gautier Larsonneur, mais l'ASSE a trouvé le moyen de prendre un 3e but sur la 3e attaque de Brest, puis un 4e sur la 4e ! Et à l'infortuné Jessy Moulin, donc, d'aller chercher quatre fois le ballon au fond de ses filets sans avoir eu le moindre arrêt à faire, à chaque fois abandonné par une défense ca-ta-stro-phique...

Et dimanche c'est Lille qui débarque

Ensuite, la seconde mi-temps sembla durer une éternité entre des Brestois en mode gestion et des Verts en mode « ah bin tiens on a le ballon mais on est incapables de se créer la moindre occasion ». Avec les entrées en jeu de Mathieu Debuchy et (à un degré moindre) de Miguel Trauco, il y eut du mieux défensivement, un semblant de rigueur. Mais dans cette 7e défaite de rang, certains choix de Puel laissent quand même dubitatifs. On pense à la titularisation d'Alpha Sissoko à gauche, alors que l'ancien réserviste clermontois, qui avait déjà montré des limites criantes lors de ses apparitions précédentes, n'avait pas joué depuis un mois à cause d'une blessure et qu'il n'avait même pas pris part au match amical disputé face à Grenoble (3-2) une semaine plus tôt. Un match où le jeune Aïmen Moueffek, laissé sur le banc à Brest, s'était mis en évidence. C'est encore le (trop ?) jeune Lucas Gourna-Douath qui lui a été préféré aux côtés d'Yvan Neyou, avant de sortir à la mi-temps. Quant à Zaydou Youssouf, il a disputé l'intégralité de la rencontre, mais il a semblé perdu sur le terrain, d'abord milieu gauche puis milieu droit, lui qui est tellement plus à l'aise dans l'axe, avec son volume. De drôles de choix.

La peur du vide

Au final, il n'y a pas eu un Vert pour rattraper l'autre à Francis Le Blé. Et l'ASSE a plus que jamais ressemblé à une équipe en perdition, sans attaque, sans défaite, sans équilibre, sans verticalité, sans répondant dans les duels, sans réaction, sans rien. Une équipe qui enfonce dangereusement et qui vient d'entrer dans les annales de l'ASSE en égalant le record du plus grand nombre de défaites consécutives en L1, qui datait de 2008 avec Laurent Roussey puis Alain Perrin sur le banc. Pourtant, on ne peut pas dire que les Verts aient affronté sur cette série les cadors du championnat, à moins de considérer comme tels le Stade Rennais, Lens, Nice, Metz, Montpellier, Lyon et Brest. Et dimanche, c'est Lille qui viendra dans le Chaudron. Pour se rassurer, les plus optimistes se diront que l'ASSE préfère les gros, que le mois de décembre est très abordable (Dijon, Angers, Bordeaux et Nîmes avant de finir à Monaco), que Puel pourra compter sur Romain Hamouma et Wahbi Khazri, qu'il y aura aussi sûrement Boudebouz, Debuchy, Nordin, voire Retsos. Mais c'est surtout un vent de pessimisme qui souffle chez les supporters stéphanois en ce moment avec cette spirale infernale. Et cette peur de voir les Verts tomber encore plus bas. »