ASSE : le projet Puel laisse de plus en plus sceptique chez les Verts
Claude PuelCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
DEBAT

ASSE : le projet Puel laisse de plus en plus sceptique chez les Verts

« Croyez-vous encore au projet de Puel ? » : telle est la question de notre débat de la semaine à l'ASSE. Laurent Hess et Alexandre Corboz débattent.

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« ça devient vraiment difficile »

« Honnêtement, quand on voit l'état de décrépitude de l'ASSE contre Monaco, l'écart de niveau entre les deux équipes, le manque de fond de jeu des Verts, de technique, d'automatismes, de caractère, d'âme, il est difficile de croire que Puel est sur la bonne voie. A son arrivée, le Castrais a eu le mérite de remettre tout le monde au travail alors que certains s'étaient endormis sur leurs lauriers et leurs statuts avec Ghislain Printant, et de lancer des jeunes. L'ASSE en a reccueilli les fruits avec le transfert de Wesley Fofana à Leicester. Mais depuis, c'est la bérézina, et je n'ai pas attendu cette nouvelle débâcle contre Monaco pour faire part de mes vives inquiétudes sur l'avenir du club, son maintien et la réussite du projet de Puel.

Aujourd'hui, le constat est là : l'équipe, 17e l'an dernier, est 16e de L1 à 8 journées de la fin. Elle ne progresse pas. Par rapport au projet de départ, il y a eu le départ de Fofana et celui de Xavier Thuilot, le bras droit de Puel. Il y a eu aussi un Mercato d'appoint avec des joueurs prêtés : Modeste et Cissé, après Retsos. Et le club est dans une situation sportive et financière qui rend une prolongation de Puel difficile à imaginer, alors qu'il ne lui reste plus qu'un an de contrat et qu'il touche 225 000 € par mois avec les résultats que l'on sait, 14 victoires en 50 matches et un ratio de point/match dans la lignée de celui de Printant. Il y a certes eu deux ou trois bons matches, à Rennes et à Angers, à Bordeaux, mais globalement, avec une seule victoire lors des 13 derniers matches à Geoffroy-Guichard, la trajectoire est plus inquiétante qu'autre chose. »

Laurent HESS

De moins en moins...

… Mais, faute de mieux, c'est encore le plus pertinent pour l'AS Saint-Etienne à court terme. Bien évidemment sous réserve de ne pas se retrouver dans le rouge dans la course au maintien. Bien sûr, la fracture avec certains cadres du vestiaire est évidente. Bien sûr, on ne perçoit pas d'amélioration notable dans le jeu ni dans la progression des jeunes. Bien sûr, certains sont déboussolés de la manière dont le Castrais les incorpore dans l'équipe avant de les mettre de côté. Passé ces constats, il faut prendre de la hauteur sur le marché des entraîneurs et la situation économique du club.

Quel technicien sur le marché acceptera de reprendre l'ASSE en l'état ? Avec quels moyens pour reconstruire ? Car le nœud du problème est bien là. Aujourd'hui, Saint-Etienne ne peut pas tirer un trait sur le virage amorcé, payer un gros chèque pour limoger Claude Puel et réinvestir sur de nouveaux joueurs de l'extérieur pour relancer la machine. Les Verts ont besoin d'un entraîneur prêt à fonctionner avec les jeunes. Il faut faire mûrir les promesses du centre de formation, leur donner de l'espace et les vendre pour redresser des finances dans le rouge. C'est l'ADN du projet bâtisseur confié par la direction à Claude Puel. Un projet qui, pour une fois, n'est pas qu'une simple vision à six mois ou un an.

Etre entraîneur (ou manager) de l'ASSE aujourd'hui, c'est devoir assumer de réclamer de la patience aux supporters. C'est aussi pouvoir couvrir sur son image les éventuelles défaillances de la jeunesse, les résultats en dent de scie et le fait d'être devenu une équipe de bas de tableau. Claude Puel n'a peut-être pas la personnalité idoine, ne serait-ce que dans la communication externe (et interne d'ailleurs!), mais il a une grosse capacité de résilience aux difficultés. On l'a vu à Lyon et à Nice notamment. Il est l'un des rares à pouvoir incarner ce genre de politique à risques avec peut-être Julien Stéphan, désormais sur le marché.

Alexandre CORBOZ