ASSE - Le rendez-vous de Bigard : « Rien ne peut pousser Caiazzo et Romeyer à partir. Ou presque... »
Caiazzo, ici avec PuelCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
TENSIONS

ASSE - Le rendez-vous de Bigard : « Rien ne peut pousser Caiazzo et Romeyer à partir. Ou presque... »

Cette semaine, Didier Bigard évoque les défaites à Lorient et contre Lens mais aussi la direction du club, fragilisée par les résultats sportifs et financiers, et dans le viseur des supporters...

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 « Ce ne sont pas les succès à Nice, sur Metz et à Rennes qui « avaient fait changer de position les supporters de l’ASSE ». Ils réclament depuis plusieurs semaines le départ de Bernard Caiazzo et Roland Romeyer. L’élimination de la coupe à Sochaux, les nuls face à Nantes et Reims et maintenant la défaite à Lorient, ne modifieront pas la teneur de leurs banderoles. Ni le piquant de leurs tweets signés peuple vert en colère. Il y a même des chances pour qu’encore plus de fuites canalisées sortent des murs derrière lesquels on saisit tout ce qui se discute dans le bureau présidentiel, salon de réception devenu tour de contrôle incontrôlée. Alain Bompard et Gérard Soler se demandaient, en leur temps, s’il n’y avait pas des micros dans les faux plafonds, et, sous l’ère de Roger Rocher, les journalistes savaient que les portes ne filtraient pas la résonance de la caisse noire. Rien n’a changé en passant de Geoffroy-Guichard à l’Etrat. A l’heure du numérique mal maîtrisé, pas besoin de hackers rançonneurs pour fouiller dans des ordinateurs trop bavards.

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Un climat apaisé depuis l’arrivée de Soucasse

Le climat semble plus serein dans les étages depuis l’arrivée de Jean-François Soucasse, au caractère moins rigide que ses prédécesseurs, Frédéric Paquet et Xavier Thuilot. Mais on sait que seul le terrain apaisera vraiment les tensions. Et pour l’heure, le comportement de l’équipe reste chaotique, le classement inquiétant. De là à voir le peuple au maillot vert renverser les princes qui dirigent le royaume de leur cœur, il y a un pas que le système de capitalisation ne permet pas de franchir. On n’est plus aujourd’hui dans un monde associatif où une simple assemblée générale peut envoyer un président à ses études ou en retraite. Même les Marseillais, grands vainqueurs médiatiques, ultras et politiques tous unis, n’ont pu faire sauter que le fusible Jacques-Henri Eyraud qui avait lui-même mis un peu trop de surtension dans un circuit auquel il n’a pas tout compris. McCourt reste celui qui fournit l’énergie. Il en sera de même à Nantes où les brigades historiques peuvent faire tomber le fils, moins le père Kita, comme à Bordeaux où Longuépée prendra certainement un jour la voie de Eyraud, sans bouleverser le système. Seules les pertes financières estimées à 80 millions pourraient pousser King Street à quitter le navire. Pour l’heure le fond d’investissement tient bon, à coup de licenciements.

Bernard Caïazzo n’est présent à Saint-Étienne que par visioconférence

A Saint-Étienne pas encore de plan, même s’il y a eu beaucoup de départs négociés et volontaires dans les services et dans le vestiaire. Les ventes de joueurs ont même permis de garantir quelques dividendes et les deux actionnaires tiennent bon, par passion ou amour propre pour l’un, par ambition ou goût médiatique pour l’autre. On vous laisse deviner la distribution des rôles. Au grand dam des ultras qui aspirent au changement, force est de constater que si Bernard Caiazzo n’est présent à Saint-Étienne que par visioconférence, il n’a pas trouvé l’investisseur capable d’inciter Roland Romeyer à prendre plus de temps pour faire du vélo en famille. Ils sont « chez eux », comme le dirait ce dernier et rien ni personne ne peut les obliger à vendre ou même pour le président du directoire à prendre le recul qu’il promet périodiquement depuis trois ans.

La politique de formation mise en avant par Claude Puel pourrait être un argument pour appâter un actionnaire avec des jeunes valorisés et donc une valeur marchande. Mais le trading est aussi une raison de s’accrocher pour ceux qui ont réalisé de belles ventes ces derniers saisons dont le doublé Saliba - Fofana. Ah, si, il y a peut-être bien un déclic qui pourrait provoquer le retrait de l’improbable duo, mais cela, personne ne peut l’espérer, surtout pas les supporter du club. Alors merci aux joueurs de s’éloigner de la zone de relégation... »

Didier BIGARD