ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « C’est la faute de l’entraîneur ! »
Claude PuelCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
ANALYSE

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « C’est la faute de l’entraîneur ! »

Didier Bigard estime qu'il serait un peu trop facile de jeter la pierre à Claude Puel en cette période où les mauvais résultats s'enchaînent à l'ASSE...

«  « C’est de ma faute, je peux faire tellement mieux »... Ce mea culpa est de Vincent Kompany dont la Libre Belgique écrit qu´il s’inspire des plus grands, Guardolia, Mourinho, Klopp. L’entraîneur d’Anderlecht n’est pas le seul à protéger ses joueurs. Claude Puel l’a promis dimanche après une cinquième défaite consécutive « Je serai toujours derrière ce groupe ». Pas question pour lui d’enfoncer une équipe qui doute « On a besoin de confiance alors que nous aurons encore à déplorer des absences durant quelque temps ». Une semaine avant, c’est Nico Kovac, l’entraîneur de Monaco qui avait expliqué après la lourde défaite à Lyon « En tant que coach, j'ai la responsabilité de défendre mes joueurs. Nous sommes tous sur le même bateau ».

Anthony Clement, dans l’Equipe a relevé cette tendance avec pour exemple Villas-Boas qui a « endossé la défaite de l’OM à l’Olympiakos. Dans ce même article, Rolland Courbis se rappelle avoir parfois reconnu « ne pas avoir été très inspiré » après un match ou avoir entendu Julien Stéphan lancer « Je n’étais pas très en forme ». Courbis note aussi que « Marcelo Bielsa assumait lui aussi les défaites, ce qui est assez malin car quand l’équipe gagne, c’est grâce à lui ».

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Puel n’a pas le choix entre un Depay et un Cherki, n’a pas Jovetic, Sidibé, Fabregas sur le banc

Les mauvais esprits avanceront qu’en devançant la critique, les techniciens coupent l’herbe sous le pied de ceux dont c’est le métier. Mais ça ne marche pas toujours et Rudi Garcia a admis des erreurs, sans freiner le train de la remise en cause. Si après le nul de l’OL à Lorient, Pierre Mènes avait jugé que l’OL servait de « la bouillie offensive » et pas compris l’absence de Depay, d’autres estimaient fin août qu’il ne donnait pas assez sa chance aux jeunes, ce qui l’avait fait exploser dans OL Night System : « Arrêtez un petit peu avec ça. Caqueret, Cherki et Bard, c’est moi qui les ai fait jouer ici, et personne d’autre avant moi... Moi, je ne rejette la faute sur personne, mais il faut arrêter de me gonfler avec ça ».

Le technicien olympien avait ajouté une phrase qui pourrait sortir de la bouche de Claude Puel « Les jeunes, je les adore, ils sont là, ils sont bons et je les fais progresser ». Sauf que le Stéphanois n’a pas le choix entre un Depay et un Cherki, n’a pas Jovetic, Sidibé et Fabregas sur le banc comme Kovac, et que le parapluie qu’il ouvre au-dessus de ses hommes ne sera jamais assez large pour protéger tout le monde en cas de gros orage à Décines. Doit-il se préparer à une pluie acide à la manière d’un Tuchel dont le sourire s’est effacé face à l’intransigeance médiatique, traduite pour l’Equipe par Nabil Djellit « Je m'interroge vraiment sur ce qu'il apporte » et Mevlüt Erding  « Je ne comprends pas ce choix de Tuchel (Marquinhos au milieu)»?

Il vaudrait mieux que le ton monte un peu et pas seulement dans les médias

L’entraîneur est un coupable tout désigné, Villa-Boas l’a compris après la débâcle face à Manchester « Tous les choix que je prends, maintenant, sont mauvais… Vous commencez à entrer dans le système, bloc haut, bloc bas… Il ne faut pas abuser, quand même ». C’est le discours que nous avait tenu un jour Frédéric Antonetti amusé de cette même formule usitée et personne n’est à l’abri de ceux (nous en sommes) qui refont le match. Pas même le vieux sage Jean-Louis Gasset égratigné par Dominique Armand sur Canal « Je n’ai pas de leçon tactique à lui donner, mais mettre Ben Arfa en pointe lui qui passe son temps à décrocher... »

S’il suit ces débats, Puel sait donc à quoi s’attendre. Pierre Menes a averti « OK, il y a pas mal de blessés. Mais c’est aussi ce qu’il a voulu. Il ne va pas pouvoir venir pleurer d’avoir une équipe trop jeune. Quand tu vois la prestation réalisée par M’Vila avec l’Olympiakos face à l’OM... Sainté est prisonnier des choix philosophiques de Puel ». Comme en écho, Loïc Perrin a expliqué sur Téléfoot« avoir souvent répété que (dans les moments difficiles) les joueurs d'expérience sont importants, qu’il faut que les jeunes soient bien encadrés ».

On ajoutera « Et qu´ils gagnent leur place » comme l’a suggéré Alain Roche sur Canal avant le match de Bordeaux à Monaco, ou que « Les joueurs alignés prennent leurs responsabilités  » comme l’a réclamé Laurent Koscielny après la défaite. C’est ce que promet Neyou du côté de l’ASSE « On va tout faire pour revenir de Lyon avec un résultat ». Il ajoute « cela va tourner, nous ne sommes pas inquiets », mais nous le sommes plus. Et si le milieu stéphanois ajoute que « L'équipe n'est pas en crise », il vaudrait mieux qu’elle le soit un peu et que le ton monte. Pas seulement dans les médias. »

Didier BIGARD