ASSE – Le rendez-vous de Didier Bigard : « Caiazzo et Romeyer en ligne de mire »
Roland Romeyer et Bernard CaiazzoCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
FRONDE DES SUPPORTERS

ASSE – Le rendez-vous de Didier Bigard : « Caiazzo et Romeyer en ligne de mire »

Didier Bigard revient cette semaine sur les remous internes à l'ASSE, le changement de directeur général et la colère des Ultras...

« Le service communication de l’ASSE est très rigoureux dans son fonctionnement. Il laisse peu de place à l’improvisation, contrôle les interviews, les relit parfois, joue le rôle d’une agence de presse en fournissant photos, textes pour les signatures de joueurs, videos des entraînements, distille des infos auprès de sites amis... Une façon de maîtriser l’information. Ce n’est donc pas un hasard si on n’a pas croisé Jean-François Soucasse en salle de presse. La prudence est de mise, leçon d’un passé récent.

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« Dans toute organisation, avoir une direction bicéphale, c’est compliqué et rarement productif »

Lorsqu’il a pris ses fonctions en janvier 2018, Frédéric Paquet avait été présenté officiellement,  gravant sur les disques durs des propos effacés par la suite d’un coup de vieille gomme. Un mois plus tôt, Bernard Caïazzo avait mis la pression sur Roland Romeyer coupable d’avoir envoyé au front Julien Sablé. Le président du conseil de surveillance voulait un directeur général et c’est au président du directoire qu’il était revenu de passer le témoin : «L’ASSE, c’est une très grande partie de ma vie. J’ai été supporter, sponsor, dirigeant, actionnaire, président... mais le club a besoin d’évoluer, de s’adapter à un nouvel environnement ». Il avait alors martelé : « Le patron du club au quotidien, c’est Frédéric Paquet ». Un communiqué marquait la bonne entente au sein de la direction : « Frédéric s’est imposé comme le meilleur choix. Nous sommes convaincus qu’il saura impulser le nouvel élan dont l’AS Saint-Etienne a besoin pour continuer à progresser dans la durée ».
Raté! Bernard Caïazzo brisait cette concorde dans une interview au Progrès, dès le mois de mai 2019 : « Je juge aux résultats. Je ne fais pas de sentiments. Avec mon frère, ce serait pareil. J'estime que nos ressources de marketing doivent atteindre une vingtaine de millions d'euros d'ici 2021. Le job de Frédéric Paquet, c'est ça. On est loin, notamment sur le digital, d'avoir le bon fonctionnement ».
Le sort du supposé patron était scellé et ce dernier en a tiré la leçon sur France Bleue en août 2020 : « Dans toute organisation, avoir une direction bicéphale, c’est compliqué et rarement productif ».

Un an après les ultras remontent au créneau

C’était également le constat des groupes de supporters « invités » à L’Etrat en septembre 2019 avant même le licenciement pressenti du « fusible » Ghislain Printant « De Paquet à Gasset, tous sont partis à cause de l’incompétence de Bernard Caïazzo et Roland Romeyer. Tous se plaignent des mêmes maux : des désaccords permanents, des présidents qui ne supportent pas qu’on leur fasse de l’ombre et, surtout, ne dialoguant même pas entre eux ».
Allaient-ils être entendus ? A l’arrivée de Puel, Bernard Caiazzo tentait bien de rassurer dans une conférence de presse où Roland Romeyer se retrouvait en bout de table. Et en mai 2020, il insistait dans le Progrès : « Depuis l’arrivée de Claude et de Xavier Thuilot, j’ai pris la décision de prendre plus de hauteur. Avec Roland, ils sont trois. C’est bien suffisant, il faut éviter la cacophonie».
Raté encore! Le même mois, Caiazzo prévenait sur France Bleu Loire : « Parfois, Roland est un peu interventionniste »... L’euphémisme a dû faire sourire Thuilot. Green et Indépendantistes ont, eux, sorti les banderoles. Comme quinze mois plus tôt, ils réclament le départ des deux présidents, pas convaincus par les propos tenus au fil des mois par Caïazzo : « Le Directoire est le plus compétent et expérimenté que nous n’ayons jamais eu à l’ASSE » ou « Puel c'est le patron. C'est à lui de tout gérer, le recrutement, la formation ».
Raté toujours! Le président du directoire est intervenu dans les négociations avec Zamalek pour le transfert de Mostafa Mohamed... Rien ne change, mais quoi d’étonnant. A l’arrivée de Frédéric Paquet, Roland Romeyer n’avait-il pas glissé : « Bernard Caïazzo et moi gardons nos responsabilités d’actionnaires, on est toujours, tous les deux, patrons du club ». Reste à savoir si être des actionnaires responsables c’est investir pour sauver le club. Pour ce qui d’être patron, on a compris... »

Didier BIGARD