ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Cette fois Caiazzo et Romeyer veulent vendre. Vraiment ? »
Bernard CaiazzoCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
ANALYSE

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Cette fois Caiazzo et Romeyer veulent vendre. Vraiment ? »

Didier Bigard évoque cette semaine la vente de l'ASSE, ou plutôt sa mise en vente. En exprimant certains doutes...

Zapping But! Football Club ASSE : top 10 des valeurs marchandes des Verts

« La vente, on en reparlera très vite », écrivions-nous la semaine dernière... Il n’a pas fallu attendre longtemps. Bernard Caïazzo et Roland Romeyer ont enfin confirmé leur intention de céder le club. Cette fois, ils ne posent (poseraient) plus comme condition de rester aux commandes ce qui clarifie la donne. Jusque là, ils s’accrochaient à leurs prérogatives. Le président du Directoire avait si longtemps attendu dans la coulisse, qu’arrivé dans le bureau du patron, un rêve même s’il s’en défend, en sortir constituait un arrachement. On ne va pas dire qu’il a tout tenté pour faire capoter l’entrée d’investisseurs aux ambitions qui confinaient à une révolution pour le roi de l’Etrat, mais l’échec des négociations avec Peak 6, il y a tout juste trois ans ne l’avait pas chagriné. Les Américains avaient rapidement ressenti des freins à leur venue, un Roland Romeyer peu concerné. C’est humain relèveront ceux qui connaissent son attachement au club. Mais la situation a évolué parce que les années passent comme se plaît à le rappeler Bernard Caïazzo en évoquant régulièrement l’âge de son binôme. Elle a changé aussi pour le président du Conseil de surveillance.

A VOIR AUSSI : TOUTE L'ACTUALITE DE L'ASSE

Pas facile d’évaluer le marché actuel

Dire qu’il a mis de la distance avec Saint-Étienne, lui qui n’y passait déjà pas ces vacances, est un euphémisme. Il est loin de  Geoffroy-Guichard et même de Paris et de la Ligue où ses fonctions stéphanoises lui permettaient  de siéger ou de courir les plateaux télé avec son titre de président de Première Ligue. Aujourd’hui le syndicat des clubs de l’élite qu’il a fondé après un divorce avec l’UCPF  a renoué les liens pour devenir Foot Unis avec à sa tête Laurent Nicollin. Pas sûr que Bernard Caïazzo y trouve une place à la dimension de ses espoirs, pas plus qu’à la Ligue, même si on le dit bien s’entendre avec Vincent Labrune. En 2016 le « Stéphanois » avait favorisé la nomination de Didier Quillot à la direction de la LFP à laquelle le Marseillais était opposé. Ce n’est pas Dallas mais pour une place, on trouve partout des impitoyables.

Si on ajoute un choix de vie moins concentrée sur le football, on comprend mieux sa volonté de vendre, mais cela ne signifie pas qu’il bradera ses parts et on aborde le nœud du problème. 20, 50 millions ou plus? Entre les ultras et le maire de la ville qui rappellent la promesse des deux propriétaire de ne pas faire d’argent sur le dos du maillot, les stades vides, le fiasco Mediapro et le climat alourdi quand les résultats ne répondent pas aux attentes, pas facile d’évaluer le marché actuel.

Le monde de la finance n’est pas parsemé de bons sentiments. Celui du football non plus

Dans une interview à France TV sports, Mickael Terrien, économiste du sport, pense qu'il sera difficile de trouver un nouvel investisseur alors que Pierre Rondeau, co-directeur de l’Observatoire Sport et société estime, lui, l’ASSE à 60 millions.  Mieux, l’observatoire sports et business évoquait presque 100 millions il y a un an ! On en sera sans doute  loin, d’autant que le nouveau propriétaire devra ajouter au moins 50 millions pour éponger le déficit de l’exercice, renforcer à minima l’équipe et rassurer la DNCG.

C’est un enjeu impossible pour un investisseur local, solution qui aux yeux des fans et politiques, constituerait la meilleure solution. Si on écrit « un » et non « des », c’est qu’on a vu la difficulté de l’exercice pluriel avec le duo actuel ! Baisser le prix, c’est donc l’argument de ceux qui poussent des pions plus que des fonds. Leur raisonnement autochtone se tient et Roland Romeyer y souscrit.  D’accord sur 20 millions au contraire d’un Bernard Caïazzo plus gourmand, il s’est même vu attribuer le beau rôle. Ses détracteurs se demandent, eux si le président du Directoire ne pousse pas une porte pour rester dans la maison, sous couvert de passage de témoin, avec des proches déjà au Conseil d’administration... Le monde de la finance n’est pas parsemé de bons sentiments. Celui du football non plus. »

Didier BIGARD