ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Copain-copain, dans le foot, ça ne dure pas toujours longtemps »
Puel et Roussey à leur époque lilloise
par Laurent HESS
RELATIONS

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Copain-copain, dans le foot, ça ne dure pas toujours longtemps »

Cette semaine, Didier Bigard évoque le projet de reprise de l'ASSE piloté par le duo Pauly-Roussey, en lequel il ne croit guère, mais aussi certaines relations passées ou présentes au sein du club...

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« Même lieu, un hôtel de chaîne plus fréquenté par les journalistes en déplacement que par des présidents de clubs qui préfèrent la gamme supérieure, même en temps de grandes économies. Même duo et finalement même discours qu’il y a trois ans... Jacques Pauly et Laurent Roussey ont tenté de relancer leur rêve de reprise qui n’en porte pas le nom. Et pour cause, on imagine facilement qu’il n’aboutira jamais, malgré la confiance affichée par l’ancien prodige du football français qui nous affirme que « Jacques ne lâchera jamais, parce que c’est moi qui l’ai amené ici ».

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Lyonnet et Roussey, amitié contrariée

On veut bien croire à cette idée de solide amitié débutée à Rouen où le duo a croisé le chemin d’un troisième homme, Philippe Lyonnet alors journaliste. Lui aussi était un proche de Roussey au point de le voir débarquer dans les valises de celui que le duo Caiazzo - Romeyer avait choisi pour devenir l’adjoint d’Ivan Hasek. « Lorsqu’on l’a vu descendre de la voiture devant le stade où allait se tenir la présentation du nouveau staff, on n’y croyait pas, car Philippe, ancien correspondant du Progrès, était encore un confrère pour nous »se souvient un ancien témoin de la scène. Mais on n’allait pas être au bout des surprises puisque le duo présidentiel allait carrément introniser l’adjoint Roussey comme étant le futur entraîneur de l’ASSE, « celui avec lequel on allait retrouver l’Europe ». Lunaire puis ensoleillé car le scénario se déroula presque comme prévu, ce que Roussey n’a pas manqué de rappeler à Thomas Dutang dans Le Progrès « Ma période d’entraîneur a été plutôt bonne (2007-2008). On était en Coupe d’Europe, qui est l’ADN de l’ASSE ». 

La suite ce fut un gâchis avec une gestion difficile de résultats bien moins flatteurs, un licenciement du staff avec, entre-temps, la scandaleuse interdiction de pénétrer au Centre d’entraînement faite à Robert Herbin dont la chronique dans le quotidien régional avait déplu. Qui avait pris la décision ? Romeyer, Roussey, Lyonnet ? L’amitié des deux derniers se lézarda en tout cas après leur départ du club où plutôt après le retour du directeur de la communication dans la garde rapprochée de Roland Romeyer. Aujourd’hui, le patron de la com n’est pas tendre avec le projet soutenu par celui qui était pratiquement un membre de sa famille. «Son communiqué évoque « une tentative de déstabilisation... un rocambolesque montage financier...  une nouvelle démarche nuisible et malveillante... une conférence de presse abracadabrantesque destinée à entretenir l’illusion d’un projet de reprise pharaonique».

Pauly, c’est de la philosophie ... mais ça ne nous rassure pas

Copain-copain, dans le football, ça ne dure qu’un temps et c’est aussi ce qu’un coup d’œil dans le rétro médiatique nous confirme (si tant est que notre petite carrière nous laissait encore quelque illusion). Il y a tout juste un an, sur France Bleu Saint-Étienne-Loire, Roussey apportait son soutien à  Puel « Il croit à ce qu'il fait et s'appuie sur les valeurs qu'il défend ». Aujourd’hui , il dit avoir de la peine pour « Claude » mais brigue la place de directeur technique sans que les deux hommes aient éprouvé le besoin de se croiser ou de s’entretenir au téléphone depuis l’arrivée de Puel à l’Etrat, à deux pas du lieu de résidence de son ancien adjoint.

Étrange, mais ne généralisons pas. Les liens nés sur le terrain peuvent être très solides, les anciens les vrais Verts, ceux qui les ont précédés et nombre de ceux qui les ont suivis nous le prouvent régulièrement. Disons qu’il ne faut parler de présidence ou de rachat. Vous me direz que ça tombe bien : Pauly, c’est de la philosophie « Pensée, matière, énergie! » ... mais ça ne nous rassure pas. »

Didier BIGARD