ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Debout les gars, réveillez-vous... »
Modeste et BouangaCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
REVOLTE

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Debout les gars, réveillez-vous... »

Didier Bigard incite les Verts à en faire un peu plus s'ils ne veulent pas aller au devant de grosses désillusions, l'avenir de l'ASSE n'étant pas du tout assuré à dix journées de la fin du championnat...

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 Ils sont un peu jeunes pour connaître les paroles d’Hugues Aufray, mais folk ou rap, on a bien envie de leur hurler aux oreilles « Debout les gars, réveillez-vous » et d’ajouter ce qu’ils ne semblent pas avoir bien saisi « Il va falloir en mettre un coup ». Parce que dans la chanson de notre troubadour, nonagénaire mais meilleur pied que certains, c’est bien une montagne qui se présente et il faudra en venir à bout. Au risque de dévisser, de plonger dans un gouffre, celui des ténèbres d’une relégation. Le propos sera jugé pessimiste par les autruches du club, mais l’ASSE est en danger. Claude Puel s’irrite qu’on doute de cette prise de conscience « Vous pensez que ça me fait plaisir d'être là ? Ça veut dire quoi tirer la sonnette d'alarme ? Ça fait longtemps qu'on sait qu'on joue le maintien ». Lui peut-être, mais sur le terrain, les actes sont loin d’être en adéquation avec les belles paroles des points presse. Veut-il éviter la sinistrose qui n’aurait d’égale que celle qui gagne des millions de semi-confinés quand il va jusqu’à affirmer après Lens« On aurait mérité par rapport à notre prestation technique et notre investissement au moins le partage des points » ? Protège-il trop ses joueurs ou met-il un voile pas très discret sur ses choix discutés quand il constate l’évidence « On n'a pas su être efficace. On prend un but en négociant mal la profondeur puis un second en perdant un ballon dans notre camp. Il y a eu gâchis sur les trois derniers matches ».

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Manque de vitesse et de vivacité : les trois jours de repos n’ont rien changé

Pourquoi une telle inefficacité qui oblige ceux qui vendent la Ligue des talent à contorsionner le dictionnaire pour trouver la formule qui fera oublier la pauvreté du jeu? Toute l’expérience de Canal ne peut suffire quand une équipe cadre moins de 25% de ses frappes comme face à Lens ou Lorient et que celles-ci se comptent sur les dix doigts.

Comment expliquer timidité et maladresses ? On veut bien parler de confiance, mais ce ne sont pas des méninges tourmentées qui font que Khazri dynamique à Rennes se pare en fantôme face à Reims, que Boudebouz se perde à Bonal, que Cisse s’emmêle les pinceaux pour de vilaines toiles après avoir offert de belles couleurs pour ses débuts, que Bouanga manque un but dont Gérard Simonian qui a fait toutes les campagnes des vrais Verts aurait affirmé que sa grand-mère l’aurait marqué. On n’a jamais vérifié, mais ce qu’on sait, c’est que le fils Modeste tarde à trouver le chemin des filets promis à sa signature, au point que le site du club met en avant sa réussite dans une opposition avec la réserve !

Ne doit-on pas plutôt s’interroger sur le manque de vitesse, de vivacité, de ce dixième de seconde qui permet de démarrer dans le dos de son adversaire, de faire le bon appel de bénéficier de quelques décimètres pour négocier un contrôle, lever la tête et voir la meilleure solution de passe, de centre ou de frappe? Puel doit avoir des doutes lui qui avait donné trois jours de repos, avant Lorient «Il fallait qu’on souffle, qu’on se régénère, dans les têtes et physiquement ».  La reprise de l’entraînement avait été « intense et de qualité » selon lui. La suite le fut moins en match et cette coupure n’a pas redonné des jambes.

Le problème n’est pas nouveau, à contrarié bien d’autres plans dans le passé. Mais sans doute nous sortira-t-on des graphiques pour nos convaincre que Sainté, c’est presque aussi fort en termes de performances que le PSG (on nous a déjà fait le coup). Nous, on a toujours préféré le basique d’un tableau d’affichage. Ah oui, dernier message aux joueurs s’ils sont au rendez-vous de la montagne de cette fin de saison». Hugues Aufray termine par «On n’oubliera jamais ce qu’on a fait ensemble »...

Didier BIGARD