ASSE – Le rendez-vous de Didier Bigard : « Et les gars, vous avez un buteur maintenant ! »
Anthony ModesteCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
RENFORT

ASSE – Le rendez-vous de Didier Bigard : « Et les gars, vous avez un buteur maintenant ! »

Cette semaine, Didier Bigard évoque le Mercato de l'ASSE et l'arrivée d'Anthony Modeste. Que les Verts vont devoir intégrer, eux qui jouaient sans véritable n°9 depuis le début de la saison.

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 « Ce n'est pas celui qu'on attendait, mais l'ASSE a trouvé son avant centre, Anthony Modeste, le 2 février, à l'heure du goûter des enfants ou de la sieste pour un footballeur, lundi couperet d'un marché dont on se demande pourquoi il dure un mois, puisque tout ou presque se conclut ou se défait au bout de la dernière soirée quand les esprits des négociateurs s'embuent. Parfois on a droit à un trio surprise, pas toujours gagnant, comme en août 2011 quand Roland Romeyer avait posé tout sourire avec Gradel, Nicolita et Kitambala. A l'inverse, nous avons vécu en direct des négociations rompues à 23h55, en 2017, alors que tout le monde croyait l'affaire signée avec Salibur. Cette fois, pas de photo, le Guingampais fila en douce par une porte dérobée, pendant que son agent lançait « Président nous avons été mauvais ».

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Modeste, pas un pari sur l'avenir mais un investissement pour le présent

Il y a deux ans, Jean-Louis Gasset n'avait pas eu besoin de sablier pour le décompte du temps de l'espoir. S'il avait souri devant la presse « croire au Père Noël », il n'allait pas coacher l'avant centre qu'il avait coché sur sa liste. Pas plus que Ghislain Printant l'été suivant et on imaginait la mauvaise blague reprise cette année, sans rire, pour Claude Puel. La prestation de son patron à la télé égyptienne aurait même pu lui tirer une grimace. Au royaume de Robert Herbin, le président du Directoire aurait dû savoir qu'au pays du Sphinx, on n'attise pas les susceptibilités, encore moins en affaire. Sauf à vouloir la faire échouer. A Zamalek, on n'a pas aimé et c'est pour Galatasaray que Mostafa Mohamed, longtemps convoité puis annoncé à Saint-Etienne, a marqué deux buts cette semaine.

Bernard Caïazzo se pose des questions « C’est étrange et surprenant » avec un commentaire qui pourrait aussi froisser les Turcs « Galatasaray n’est pas connu pour payer rapidement les montants qu’il propose ». Mais tournons cette page mal écrite. L'heure n'est plus aux regrets. Anthony Modeste est arrivé, heureux d'avoir gardé son téléphone à portée de main quand son agent l'a appelé pour évoquer l'intérêt de l'ASSE. Banco pour celui dont on a vu arriver le père, Guy, en 1972, sur l'annexe de Geoffroy-Guichard, en même temps que Gérard Janvion, Gérard Pinson et Ludjen à la carrière brisée par une blessure. Anthony au destin teinté de vert aussi par Serge Recordier son beau-père et Etienne Mendy son agent, avait déjà failli venir deux fois dans le Forez. La troisième a été la bonne, et ce n'est plus un petit jeune mais un attaquant confirmé, pas un pari sur l'avenir mais un investissement sur le présent.

Comme avec Gasset, Puel a évité le parallèle avec Antonetti

L'urgence est là et Claude Puel n'a pas attendu pour titulariser Cissé et Modeste dans des secteurs dont personne n'avait la bonne clé. Face à Nantes en deuxième période puis Metz, on a eu un aperçu de cet apport, même si ce fut plus difficile devant. A force de jouer sans avant-centre, les Stéphanois ont perdu l'habitude de ce point d'ancrage, de cette solution dans la finition. Frédéric Antonetti l'a noté « J'analyse le contenu. Saint-Etienne, qui a marqué un bon coup franc, n'a gagné que 1-0 et ne nous a jamais déstabilisés ». Pas faux mais Puel a des raisons de souffler «  En trois matches, nous gagnons deux fois avec deux clean sheets. Nous avons gardé une bonne structure avec une bonne solidarité pour garder le résultat et sans concéder d'occasions ».

On comprend son soulagement. Sans en faire une affaire de personne, au-delà du résultat, il y avait l'ombre d'Antonetti, celui qui avait fait remonter l'ASSE en L1, comme il y avait eu à Bordeaux l'ombre de Gasset qui avait redonné le goût de l'Europe. Juste ou pas, une défaites face aux Messins comme avant aux Bordelais n'aurait pas assaini le climat autour du club, du management, des choix de laisser Khazri et Boudebouz sur le banc, Aouchiche en réserve. On ne va pas vous dire qu'il n'y aura pas quelques débats, mais ils se feront avec 26 points en toile de fond, 7 devant Nantes, 11 sur Dijon et Nîmes. Avec aussi l'espoir de se découvrir un buteur. Modeste l'assure, « marquer, c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas » Reste à lui donner quelques ballons… »

Didier BIGARD