ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Geoffroy-Guichard est un paradis »
Claude PuelCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
1 victoire en 11 matches à domicile...

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Geoffroy-Guichard est un paradis »

Cette semaine, Didier Bigard revient sur l'incapacité de l'ASSE à s'imposer à domicile depuis la fin de l'été dernier, elle qui n'a battu que Metz (1-0) lors de ses 11 derniers matches à Geoffroy-Guichard...

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« On l’appelle le chaudron, ce n’est plus qu’un petit bol d’eau à peine tiède. Quand il se réchauffe, c’est trop souvent sous un coup d’accélérateur des visiteurs. On est bien loin de la légende née le 6 novembre 1974, le soir du deuxième grand fait d’armes des Verts, le premier étant le 3-0 de l’équipe emmenée par Keita et Hervé Revelli, servis par Bereta et Samardzic face au Bayern le 1er octobre 1969. Le lendemain, dans l’Equipe, Robert Vergne trempait dans la grande Histoire sa meilleure plume (mais en avait-il de mauvaise?) « Comme Napoléon à Austerlitz, ceux qui ont assisté à cet exploit extraordinaire pourront dire longtemps encore: J'y étais ! ». Pierre Guichard était l’un de ceux-ci «C'est le plus beau jour de ma vie ».

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Faut-il leur expliquer que c’est à eux de faire bouillir la marmite?

Cinq années plus tard ce sont Larqué, Bathenay, Bereta et Triantafilos qui inscrivaient leurs noms sur l’une des plus belles pages du sport français, faisant dire à Stephan Kovac dans l’Equipe « Saint-Étienne, c’était Ajax ». C’est le quotidien sportif qui allait vulgariser ce nom de chaudron, employé aussi par les journalistes yougoslaves, impressionnés par la chaleur des populaires d’où semblait sortir la fumée des cheminées qui ont si longtemps veillé sur ce stade privé aujourd’hui de ce symbole mais où les kops ont pris la relève pour faire monter la température et empêcher le four de s’éteindre. Cela, c’était hier, c’était l’année dernière, c’était il y a une éternité.

Aujourd’hui, plus besoin de signer des arrêtés pour priver les ultras de leur passion. Le confinement est général, généré par le virus venu de Chine où on est supposé regarder les matches fixés à l’heure des repas de famille dominicaux. Ballon d’essai à transformer autant que mesure prise par Canal pour laisser toute sa place au ballon ovale?

On s’éloigne de notre feu qui enfume sans flamme, peut-être, mais en Asie, les amateurs de football ont dû s’interroger comme nous devant ce stade privé de spectacle sur le terrain autant que dans les tribunes. Quelle tristesse et si beaucoup se sont targués en leur temps d’avoir inventé le surnom de chaudron, plus personne n’a de raisons de le coucher sur le papier ou de le crier dans un micro et pas seulement parce que l’équipe accumule échecs ou demi-échecs dans cette maison qui devrait être la leur. Mais prennent-ils le temps de lire cette ligne inscrite dans l’histoire du club et dans le tunnel d’entrée des joueurs « Ici, c’est le chaudron »? Faut-il leur expliquer que c’est à eux de faire bouillir la marmite?

« Quand on jouait à 20h30, l’ambiance commençait s’échauffer dès 17 heures et ça pouvait durer jusqu’à minuit »

Il y a deux ans, Jean-Michel Larqué rappelait à Akhillé Aercke dans Télé Loisirs combien était justifié ce nom. « Quand on jouait à 20h30, l’ambiance commençait s’échauffer dès 17 heures et ça pouvait durer jusqu’à minuit. Ca bouillonnait. » On craint que désormais ce titre ne soit usurpé. 

Face à la vague de défaitisme, les supporters ont fait ce qu’ils ont pu, pour aider leur Sainté à gagner dimanche, à l’appel des Magic fans. A défaut d’être dans le stade, ils étaient plusieurs centaines à sa porte à l’arrivée du bus des joueurs et ceux-ci ont apprécié si on en croit Debuchy «Voir les supporters m’a fait beaucoup de bien » ou Puel «Ils ont fait quelque chose d’extraordinaire. C’était coloré, chantant, super». Plus que des mots, des actes auraient montré que le message était reçu. Mais le constat est triste, résumé par l’entraîneur lui même « Notre première période a été insuffisante en termes de volume, de courses, d'intensité de jeu, de pressing. Nous avons manqué de tout ». La présence des supporters aurait-il changé la donne comme le suggère joueur «  On sait à quel point il sont importants ici à Saint-Etienne... » et coach « On imagine toute la pression qu’il y aurait eu sur l’adversaire en seconde période »? Sans doute et les Stéphanois ne sont pas les seuls à ne plus être chez eux à la maison (on n’a jamais autant compté de victoires à l’extérieur que cette saison). Raison de plus pour leur faire comprendre que ce sont eux qui ont les clés de ce Geoffroy-Guichard devenu paradis pour les visiteurs quand il devrait être un enfer. »

Didier BIGARD