ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Il faudra reconquérir le public et ce n’est pas gagné »
Whabi Khazri et les Verts, lors du match nul à Dijon (0-0)
par Laurent HESS
OPINION

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Il faudra reconquérir le public et ce n’est pas gagné »

Didier Bigard évoque chaque semaine l'actualité de l'ASSE. Une équipe qu'il considère « en perdition »...

Sauf nouvelle flambée virale, les spectateurs devraient retrouver le chemin des stades en janvier, avec des restrictions, à raison d’une personne pour 4 m2, ce qui obligerait de savants calculs ou plus simplement avec 25% de la capacité de l’enceinte. Ce serait un moindre mal, une lueur d’espoir, le retour de rentrées liées aux espaces réceptifs pour des clubs qui souffrent de l’absence de recettes. Au delà des retombées immédiates, il y a les reconductions des contrats de sponsoring pour la saison prochaine. Les partenaires ont joué le jeu jusqu’à présent, mais mis en difficulté par la Covid, beaucoup s’interrogent. Revenir dans les salons, inviter des clients et retrouver un peu de sourires autour du ballon peut les inciter à poursuivre leur partenariat, à en discuter au moins les termes.

A VOIR AUSSI : TOUTE L'ACTUALITE DE L'ASSE

Ironie sur les plateaux télé

Mais voilà, on a parlé de sourires et pour cela, il faut qu’ils remontent du terrain, ce qui est loin d’être évident aujourd’hui avec la Ligue 1. Si Thierry Laurey a sauvé sa place à Strasbourg, la soupe reste à la grimace à Nantes, Nice, Dijon, Reims, Saint-Étienne et ce n’est pas la valse des entraineurs qui change le tempo. « On se régale » a ironiquement lâché Pierre Menes sur Canal au sujet de Reims-Nice (0-0) tandis que sur l’Equipe du Soir, Gilles Favard  se gaussait de Claude Puel « Qui a confondu un championnat des moins de 19 ans avec la L1 »... La stat mise en avant dans le même temps, « dix matches sans victoire pour les Verts » accentue le malaise pour ceux qui s’interrogent, à l’instar de cette jeune journaliste demandant avant le déplacement en Bourgogne « Tu crois qu’on peut rêver ? ». La réponse coulait de source : on le saura en janvier après le Mercato et a enflé avec ce 0-0 qui n’a pour saveur qu’une cage inviolée après les quatre buts encaissés à Brest.

On avait eu tendance à oublier ceux qui font vivre le football... quand ils étaient là

On se console comme on peut et, si Favard allume « Quand on parle de Saint-Étienne, je n’ai pas envie de sourire », force est de constater qu’il n’est pas le seul à grimacer, même si, lui, c’est beaucoup par amitié pour Ruffier. Sur le fond, il a raison, les chiffres jalonnent l’inquiétude avec seulement 2 tirs cadrés sur 7pour les Verts au stade Gaston-Gérard. En Bretagne, c’était pire avec un 1 cadré sur 17, soit 6%. Pour les centres on est sur les mêmes bases d’imprécision avec 14% de réussite sur les 36 centres expédiés dans la surface bretonne et 13% sur 30 centres devant la cage bourguignonne. Pas de quoi grimper aux grillages !

Si on plonge dans les statistiques de la LFP, ce n’est pas pour noyer une équipe qui coule toute seule, mais pour marquer une balise en attendant la bouée que seuls les kops pourront peut-être lancer s’ils se garnissent enfin. L’absence des supporters fait mal, comme le relève Pep Guardiola, inquiet de voir des tribunes sonnant le creux : « Les joueurs perdent la joie de jouer ». Les spectateurs français, devenus rares téléspectateurs, ont, eux,  perdu la flamme, éteinte autant par le coronavirus que par l’inconséquence de ceux qui se sont tournés vers un diffuseur resté confidentiel. Ce choix a creusé le fossé avec le public et les caméras se sont braquées sur le football anglais comme elles l’avaient fait hier sur la NBA au détriment d’un basket français croyant faire une affaire avec TPS. La balle orange s’en remet tout juste... avec des retransmissions en clair.

Qu’en sera-t-il de la Ligue 1 et surtout des équipes en perdition comme l’ASSE ? Il ne suffira pas d’ouvrir les portes du stade, ni même de trouver un nouveau diffuseur pour reconquérir ceux qui font vivre le football. Et qu’on avait eu tendance à oublier... lorsqu’ils étaient présents. »

Didier BIGARD