ASSE - le rendez-vous de Didier Bigard : « L’ASSE, comme d’autres, aime le risque »
Claude Puel et Bernard CaiazzoCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
ANALYSE

ASSE - le rendez-vous de Didier Bigard : « L’ASSE, comme d’autres, aime le risque »

La L1 à 18 clubs est au centre de la chronique de Didier Bigard cette semaine, et ses conséquences à prévoir pour les clubs, notamment l'ASSE.

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Maxime Saadi a gagné. Le message de Canal est passé auprès de la Ligue. Le championnat devrait voir son élite réduite à dix-huit clubs en 2023. Comme l’a rappelé l’Equipe, la réforme avait déjà été présentée en 2003 par Frédéric Thiriez et remise sur le tapis en 2013 par le même président. Certains disent qu’il s’était cassé les dents sur  le mur du conservatisme mais c’était peut-être bien plus les dents des progressistes et présidents aux crocs acérés que les siennes qui avaient dérapé sur le parquet de la tradition. Jean-Michel Aulas avait soutenu ce projet, comme il le fait aujourd’hui encore, comme également Nasser Al-Khelaïfi. Chacun est dans son rôle et prêche pour défendre son club.

En face on fait de même à l’image de Jean-Pierre Caillot à Reims. Président du collège des clubs de L1 il a beaucoup consulté ses pairs, trop aux yeux du patron du PSG à la double casquette puisqu’à la tête de BeIN. «Je travaille dans l'intérêt général » a répondu le premier au second qui redoutait un front commun des petits de la L1 et de la L2.

Quel intérêt ont les chaînes de télévision à vouloir réduire le nombre de clubs? Sans doute celui du coût des retransmissions et la volonté affichée de revoir à la baisse le prix payé. Un match de moins, c’est dix pour cent économisés et pour les clubs c’est dix pour cent de plus à se partager entre pensionnaires de l’élite. En L2 si on veut une plus grosse part de gâteau, il faudra aussi réduire le nombre de convives. Et plus bas? Au football amateur de se débrouiller.

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Pour les dirigeants des clubs, les supporters ne sont-ils là que pour mettre de la couleur dans les stades ?

Max Marty, directeur général de Grenoble (GF38) l’a bien compris en dénonçant le déficit du football français, dans le Dauphiné Libéré: « On parle de 1,2 milliard d’euros. Sur cette somme, il y a certes 600-700 millions qui n’ont pas été donnés par Mediapro. Et le reste ? Ce sont sept clubs de L1 qui font 95% de la dette ! Et maintenant on doit tout réformer pour ces clubs-là… Le FC Nantes n’a qu’à mieux gérer, les Girondins de Bordeaux, l’ASSE, l’OM, le PSG, le LOSC… ».  Il aurait pu ajouter l’OL mais sa petite liste est d’autant plus intéressante qu’elle comporte plusieurs clubs dont les dirigeants auraient dû se montrer plus prudents à l’heure de voter pour ce passage à dix-huit qui entraînera quatre descentes en 2023.

Cette saison, Saint-Étienne et Bordeaux ont longtemps lutté pour éviter les barrages, Nantes a fini dix-septième, à la même place que l’ASSE en 2020, Monaco en 2019,  Lille en 2018. Le jeu est dangereux pour ceux qui s’imaginent intouchables. Imaginez un championnat sans les Canaris, les Verts, les Monégasques et les Lillois. On nous dira que bien sûr ils ne seraient pas descendus ou seraient remontés dans la foulée. Bien sûr, dans un monde idéal, tel celui rêvé par quelques puissants au niveau européen...

Dans le Journal du Dimanche. Hristo Stoichkov revenait cette semaine sur le projet avorté de Super League, rappelant que jamais lui n’aurait pu jouer avec le CSKA Sofia contre le Barça en 1989 et taper dans l’œil de Cruijff, si les petits pays avaient alors été écartés. « Injuste » est le qualificatif qu’il emploie et que les supporters de clubs français peuvent reprendre. En Corse on a souvent clamé que Bastia et Ajaccio gênaient. Luzenac a payé pour savoir que la cour des grands est bien fermée. À Clermont on est en droit de s’interroger sur l’accueil réservé aux Auvergnats par la L1 avec porte ouverte sur l’ascenseur si souvent emprunté par Troyes. Lorient, Brest, Angers vont s’accrocher. Pas plus désirés que ça dans les grands stades et stadium, ils ne figureront pas souvent sur les affiches de Canal. Quant aux supporters, qu’ils mettent de la couleur dans les tribunes, qu’ils fassent entendre leur voix mais pas pour discuter les décisions de la Ligue sous prétexte de défendre une certaine idée du sport. Même s’ils savent, de Nantes à Saint-Étienne, Bordeaux, Nantes, Lille ou Lens, qu’une L1 à dix-huit peut coûter cher.

Didier BIGARD

Pour résumer

La L1 à 18 clubs, quel impact pour l'ASSE ?

Laurent HESS
Rédacteur
Laurent HESS