ASSE – Le rendez-vous de Didier Bigard : « L’Histoire des Verts est un éternel recommencement »
Monnet-Paquet, Moulin et YoussoufCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
OPINION

ASSE – Le rendez-vous de Didier Bigard : « L’Histoire des Verts est un éternel recommencement »

Didier Bigard évoque l'actualité de l'ASSE et plus particulièrement la défaite contre Nice (1-3) et son obligation de vendre ses meilleurs joueurs, chaque saison....

« S’ils n’avaient pas assez souffert, dimanche avec une troisième défaite de leurs favoris, les supporters stéphanois pouvaient suivre ensuite la première apparition de Wesley Fofana sous ses nouvelles couleurs. Leicester a cédé dans le temps additionnel face à Aston Villa, mais le Stéphanois a étalé sa puissance, sa détermination, une lecture du jeu qui a impressionné Sinama-Pongolle.

On ne va pas remuer davantage le couteau dans la plaie. Puel y a posé un pansement ou plutôt un grand voile après amputation en rappelant « On ne voulait pas le vendre... mais on était dans l’urgence pour changer de stratégie sinon on allait dans le mur. Et il y avait très peu, pour ne pas dire aucun joueur, qui représentait une valeur marchande ».

Voilà comment on s’est retrouvé avec une défense qui « n’est plus du tout la même qu’en début de championnat ». Le coach des Verts mange son pain noir entre suspensions et blessures. « Nous avons des absents. Il faut retravailler. Nous manquons de latéraux opérationnels ».

Il attend les retours « qui feront du bien » sans qu’on sache vraiment si cela sera suffisant à Metz, face à Montpellier et dans le derby. Sans qu’on sache si Saint-Etienne aura enfin trouvé son joker alors que son entraîneur répète « Je ne suis pas partisan de prendre pour prendre... Sur du court terme, c’est dangereux d’aller dans l’urgence.

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Sow, Moulin : questionnement après Nice

Sans doute, mais, en première période face aux Niçois, l’alerte est passée au rouge. Si Puel protège ses joueurs en préférant l’autocritique aux reproches « Je prends la première période pour moi car nous avons essayé un autre système que nous n'avons pas pu mettre bien au point à l'entraînement », il ne trompe personne. Le manque d’automatismes n’a pas gêné Retsos « Il a amené de la sérénité. » Ce ne fut pas le cas de tous, ni du jeune Sow, ni de l’ancien, Moulin. Dans sa communication très maîtrisée, le coach de l’ASSE a réaffirmé dans l’Equipe et le Progrès qu’il ne compte plus sur Ruffier. « Je suis très satisfait de Moulin, Bajic et Green. J’ai dit que ce serait les trois gardiens pour la saison et je n’ai pas de raison de changer». On ne voudrait pas qu’il en trouve. Sur ce match il y a questionnement.

Les réponses ne viendront que des intéressés, des cadres. Ceux de Nice ont justifié leur statut, à l’image de Dante ou Schneiderlin en ramenant sur terre les jeunes aiglons. Qui peut le faire à Saint-Etienne en l’absence de Kolodziejczak et Debuchy? Bouanga qui devrait être un leader a débuté sur le banc et déçoit Puel « J'attends beaucoup plus de lui, un bien meilleur niveau ». Sur ce que Krasso a montré, on peut discuter de ce choix, d’ailleurs rectifié à la pause, comme on peut s’interroger sur la mise à l’écart prolongée de Boudebouz, héros de deux des matches qui ont marqué Puel la saison dernière : le derby et la demi-finale face à Rennes.

Saliba, Fofana... Au siècle dernier, c’était Grondin

Tout ça, c’était avant le changement de ligne du club « qui ne pouvait plus assumer ce train de vie. » Désormais, les anciens n’apparaîtront qu’en pointillés « Ils  savent à quoi s’en tenir, je ne veux pas remettre en cause ce vers quoi on a orienté l’équipe. Ils seront appelés ou non comme n’importe lequel du groupe ». 

Puel s’inscrit dans le moyen terme « On amènera ce groupe à son meilleur », et on aurait pu croire qu’Arsène Wenger songeait au Stéphanois dimanche sur Canal quand il a expliqué « Un entraîneur a une influence sur la vie des joueurs, sur le style de l’équipe, sur la dimension, la structure d’un club ». On a pensé aussi à l’ASSE lorsqu’il a évoqué « les présidents supporters remplacés par des investisseurs » ou quand il a relevé « Dans le football, c’est déjà difficile lorsque les gens sont unis, alors quand tu ne sais pas qui prend les décisions... » Mais il parlait d’Arsenal. Vous savez, c’est le club où avait été transféré Grondin vainqueur un an avant de la Gambardella. C’était au siècle dernier. L’Histoire des Verts  est un éternel recommencement. »

Didier BIGARD