ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « L’hiver a commencé tôt à Saint-Étienne »
Puel et ses joueurs après le nul contre Angers (0-0)Credit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
ANALYSE

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « L’hiver a commencé tôt à Saint-Étienne »

Didier Bigard évoque chaque semaine l'actualité de l'ASSE. Il insiste sur la nécessité pour les Verts de vite se remettre à gagner...

 « Bafoué, souillé, humilié » les Ultras nantais n’ont pas fait dans la dentelle en déployant leur banderole ras-le-bol devant La Beaujoire. Le remplacement de Christian Gourcuff par Patrick Collot n’a pas apaisé leur colère. Eux, ce qu’ils veulent c’est « Kita out ». Que ce dernier ait songé à demander à son ancien coach un avis sur celui qui le remplacera n’a rien fait pour arranger son image de président hésitant. Mais il n’est pas le premier à oser cette démarche. Roland Romeyer avait sollicité Elie Baup pour savoir qui pourrait le remplacer, alors qu’il venait de le remercier ! 

Pour l’heure, le patron de l’opérationnel des Verts n’a pas à se poser ce genre de question. S’il y a tentation de changement dans le club, ce serait du côté de l’administratif ce qui aurait provoqué quelques discussions lors du dernier Conseil d’administration. Côté sportif, rien à signaler, c’est la continuité. Logique quand on travaille sur le long terme.

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On ne peut pas se satisfaire de trois nuls

Il n’empêche qu’on s’interroge sur le moyen terme et donc le très court qui nous y mène en espérant que ce n’est pas le même chemin que celui de la L2. Ceux qui avaient rêvé après les succès des trois premières journées ont été douchés, froidement car l’hiver a commencé tôt à Saint-Étienne. Le 20 septembre, très exactement, quand d’autres saluaient l’automne. Et c’était à Nantes...

Le nul concédé chez les Canaris a été un tournant psychologique, physique, tactique, technique avec une équipe dès lors en proie au doute, aux blessures, aux errements et aux maladresses. Onze matches sans victoire : il n’y a pas de hasard et ce n’en est pas un non plus si Claude Puel avait lancé après le derby « On se doit désormais de ne pas descendre en-dessous de ce niveau de jeu. » En fait, c’était surtout ne pas descendre plus bas au classement... À défaut d’avoir été bien compris à Brest, le discours est mieux passé avec le retour de Mathieu Debuchy, Wabhi Khazri et Ryad Boudebouz. De là à se satisfaire de trois nuls, dont deux à domicile et un chez la lanterne rouge il y a un pas. Mais si la Loire est plus capricieuse dans le Forez qu’aux abords de l’Atlantique les supporters y sont manifestement plus patients. Ou plus résilients. Ils en ont tellement vu... Peut-être sont-ils aussi partagés, comme ils le sont quand on leur parle de Stéphane Ruffier en répartissant les torts avec un « en même temps » dans l’air du temps. A moins, et ce serait plus grave, que les débats ne soient moins passionnés parce qu’il n’y a plus de passion.

Des abonnés désappointés, désorientés autant par l’empêchement de faire vivre les tribunes que par les résultats

Nous écrivions la semaine dernière qu’il faudra reconquérir le public après la crise sanitaire et que ce n’était pas gagné. Charles Biétry, ex-directeur des sports de Canal et ancien dirigeant de beIN n’est pas plus optimiste dans un propos rapporté par Le Monde « Le plus grand danger que court le football en ce moment, c’est que le public est en train de perdre l’habitude de regarder le championnat, à la télé ou au stade. Remonter cette pente sera extrêmement difficile ».

On espère qu’il se trompe, que nous nous trompons, même si de mauvais échos nous reviennent du côté de l’ASSE avec des abonnés désappointés, désorientés autant par l’empêchement de faire vivre les tribunes que par les résultats de leur équipe. Le dernier match face à Angers n’a fait que confirmer les lacunes de l’équipe, les mêmes que la saison dernière avec une moyenne d’un but marqué par match. Pour la sixième fois après Rennes, Lens, Metz, Montpellier et Dijon, personne n’a trouvé l’ouverture. Trois tirs cadrés sur quatorze et 23% seulement de réussite sur les 22 centres de l’équipe, les stats ne font pas rêver et sont loin de traduire les efforts consentis avec 62% des duels gagnés (73% même pour les duels aériens alors que c’est un point fort des Angevins). On ne peut pas s’en contenter, pas se satisfaire d’une défense plus compacte si l’attaque reste aussi inefficace, le jeu offensif improductif.

Les optimistes (ou humoristes) pourront toujours dire que grâce au confinement et aux difficultés de Mediapro, personne ou presque n’assiste à ces déconvenues qui peuvent devenir désastre. Mais attention, les stades vont bien rouvrir leurs portes et le foot revivre.

Didier BIGARD