ASSE : Le rendez-vous de Didier Bigard : « Laissez-nous rêver à des jours meilleurs »
Claude PuelCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
ANALYSE

ASSE : Le rendez-vous de Didier Bigard : « Laissez-nous rêver à des jours meilleurs »

Comme chaque semaine, Didier Bigard évoque l'actualité de l'ASSE. Sous fond de Covid et de Mercato, pour cette première chronique de l'année 2021.

« Il y a beaucoup d’articles sur la situation économique des clubs mais, parfois, les agents et les journalistes font comme s’il n’y avait pas de crise économique du foot français. Pourtant elle est là et bien là. La situation est extrêmement grave ». Julien Fournier, directeur du football de l’OGC Nice interviewé par l’Equipe a raison mais il doit savoir que le cœur n’a pas de raison, et le football vit au rythme des battements de ce cœur.

A VOIR AUSSI : TOUTE L'ACTUALITE DE L'ASSE

Des soucis les supporters aussi en ont, beaucoup en cette période

Ce n’est peut-être pas la même passion qui conduit les agents (!), mais le public, lui, a besoin de vibrer, d’espérer, de discuter et ne peut pas se contenter de la longue litanie des dirigeants se plaignant du manque de recettes. Des soucis les supporters aussi en ont, beaucoup en cette période, et le football n’est qu’une furtive lucarne, même plus un spectacle vivant, pour leur faire oublier un petit peu les vies qui s’écoulent en pointillés, qui s’écroulent en réanimation, le virus, les contraintes, la crainte, les fêtes sans famille, l’amitié sans amis, les projets brisés, le doute.

Alors oui, Fournier a raison de lancer, pragmatique, que « s’il suffisait de mettre un peu d’argent et d’acheter trois joueurs pour être tout de suite un gros, ça se saurait ». Mais les supporters de Nice, Nantes, Bordeaux, Marseille, d’ailleurs et de Saint-Etienne n’ont pas vraiment envie d’un cours sur l’économie bredouillante de dirigeants qui ont bredouillé dans leurs prévisions comme dans leurs discussions avec Mediapro. Non, les supporters ont envie de croire en des jours meilleurs pour leur équipe, envie de meilleurs résultats, de meilleurs matches, de meilleurs joueurs. Ils savent que ce ne sera peut-être que mirage mais au moins auront-ils eu cet espoir au cœur de l’hiver, après ceux déçus de l’été.

Pas difficile de pointer les manques, moins facile de les combler

Personne ne trouve intelligent ce mercato de janvier, ni les entraineurs, ni les joueurs, encore moins les spectateurs et autres observateurs. Mais s’il a une raison d’être, c’est bien cette petite lueur qu’il laisse entrevoir à travers le tableau des transferts, des possibles, des probables, des départs de ceux qu’on a trop vus à force ne pas les voir, des arrivées souhaitées, de noms qu’on découvre et qui font bosser Google. Et tant pis si on restera sur notre faim, tant pis si le renfort n’aura flambé que sur son premier match avant blessure et deviendra un poids mort. Tant pis, si dans le dernier quart d’heure, les négociations échouent sur un sms, une ultime revendication du frère, du père ou du pote du joueur, sur l’irruption d’un quatrième conseiller ou parce qu’une photocopieuse est tombée en panne et qu’il manque un document... Au moins y aura-t-on cru pendant un mois, aura-t-on débattu avec masque sur le nez, pas sur ses idées, de l’intérêt de renforcer la défense, le milieu ou l’attaque.

Ceux qui le feront avec du vert sur les épaules ou dans un coin de la tête n’auront que l’embarras du choix et ont des chances d’effectuer un tour du monde virtuel pour dénicher l’oiseau rare qui ne volera peut-être jamais dans le ciel du Forez. Ils auront essayé de deviner qui est pisté par la cellule de recrutement qui essaie de satisfaire à la fois le staff impuissant face aux manques, les supporters focalisés sur un classement fruit d’une série de défaites qui fait trembler et les deux actionnaires qui ont des sueurs et les mains moites en serrant celles de leurs banquiers ou en croisant le regard de leurs proches.

On a toujours des comptes à rendre à quelqu’un et ceux de ce foot-Covid sans public ni vraie télé ne sont pas simples à expliquer. Comment convaincre qu’il faut investir pour espérer gagner ? Le staff s’y essaie parce qu’il manque un défenseur central, milieu expérimenté, un avant-centre efficace et peut-être bien un gardien.

Le temps presse, Paris arrive après un changement de tête qui est un clin d’œil de l’Histoire. Kombouare avait été remercié après un dernier match à Geoffroy-Guichard, Pochettino y disputera son premier sur le banc du PSG. Écarter un coach qui gagne est un luxe étrange. A Saint-Étienne on se contentera de l’arrivée de deux ou trois bons joueurs. 

Didier BIGARD