Laurent Batlles
Laurent BatllesCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
ANALYSE

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Laurent Batlles déjà dans le rôle du porteur de parapluie »

Cette semaine, Didier Bigard revient sur la lourde défaite de l'ASSE face au Havre (0-6) et sur les difficultés rencontrées par Laurent Batlles et par ses recrues, toutes décevantes ou presque en ce début de saison où les Verts ne parvienne t pas à décoller de leur 20e place.

Zapping But! Football Club ASSE : La stratégie de Batlles est-elle la bonne ?

 « On aimerait un titre moins négatif. Mais en ce moment, être positif sur les prestations de l’équipe comme sur la situation du club ferait plisser le nez d’un nouveau né dans le monde du football. Les autres, vieux briscards du ballon, pencheraient pour de l’humour mal dégrossi et s’en fâcheraient tant le temps n’est plus aux plaisanteries. On croyait avoir tout vu avec l’ASSE, de la légende aux descentes, du flirt avec le National au dépôt de bilan redouté, des transferts fumeux aux recrutements fumistes, des espoirs de renaissance aux déceptions infernales, des scandales aux feuilletons judiciaires, du meilleur public de France à la violence, des humiliations à l’Europe retrouvée, des licenciements à la valse des directeurs généraux, des recruteurs, des entraîneurs, des joueurs, des millions dépensés aux caisses vidées, de la vente jurée aux coups bas entre les deux frères, du rêve américain aux manœuvres de soupirants, des mirages aux mensonges.

Mais non, il nous restait à découvrir un scénario écrit par des pieds maladroits sur une pelouse pelée avant même de souffrir de crampons trop tendres. Six buts encaissés à la maison, ça c’est inédit. Une façon singulière d’inscrire son nom dans l’Histoire pour des types qui viennent tout juste d’enfiler un maillot déjà bien déteint et qu’ils ont trouvé le moyen de tâcher. 

Trop c’est trop aurait éraillé Gérard Simonian dont les vieux lecteurs du Progrès ont pu goûter les analyses. Après la honte de ce samedi après-midi il aurait sans doute refermé d’un coup sec le capot de sa machine a écrire. En 2022, ce sont les portables qui ont perdu le fil, les téléobjectifs ont flouté, les smartphones se sont tu, leurs propriétaires se frottant les yeux, la voix cassé, l’esprit tiraillé entre le décompte des ballons dans les filets et celui du temps restant. Comme les acteurs havrais ou faire-valoir stéphanois sollicitant l’arbitre pour mettre fin à la démonstration des uns, au calvaire des autres. « Enfin une bonne décision de M. Letexier» soupireront les derniers fidèles irréductibles qui pensent le sifflet trop rouge responsable des maux verts.

 Vous êtes sûr que le public voudra revenir ?

Trop simple, trop simpliste comme l’analyse de Jimmy Giraudon, dans la continuité de prestations pas plus rassurantes. Il explique ce non match par des faits de jeu qui, pour lui, « sont incompréhensibles ». Pour nous, ce sont plutôt les erreurs de jugement devenues fautes grossières qui le sont. L’arbitre n’a fait qu’appliquer les lois du jeu quand les joueurs stéphanois ont bafoué le jeu. M. Letexier n’a pas fait preuve de mansuétude mais ni Anthony Briançon, ni Mathieu Cafaro, ni Étienne Green n’ont montré plus de clairvoyance. Pas sûr que le VAR l’aurait déjugé s’il était utilisé en Ligue 2. Tout au plus l’aurait-il alerté pour des fautes sur Pintor, Camara et Briançon… ou sur un tacle dangereux de Maçon.

Pas de quoi oublier la honte du score et du renoncement. On préfère donc la lucidité de Victor Lobry... «Même s’il y a des faits de jeu, on ne peut pas craquer comme ça et même si on a une équipe plutôt jeune, on n’est pas des U17 non plus… On peut maintenir un niveau de jeu correct, éviter d’encaisser autant de buts. On peut être déçu, énervé, mais il faut rester dans son match… être moins ridicule ». Il est, pour l’heure, la seule recrue à justifier sa venue. Les autres installent Laurent Batlles dans le rôle inconfortable du porteur de parapluie dévolu aux entraîneurs de l’ASSE. Il répète « faire avec ce qu’il a » quand Loïc Perrin rappelle, lui, qu’il n’a pas les cordons de la bourse. Bref rien n’a changé dans le ciel stéphanois. Batlles a tiré le signal d’alarme tout en regrettant le vide des tribunes. Encore deux matches à huis clos. Mais est-on sûr que le public aura envie de revenir ? »

Didier Bigard 

Pour résumer

Cette semaine, Didier Bigard revient sur la lourde défaite de l'ASSE face au Havre (0-6) et sur les difficultés rencontrées par Laurent Batlles et par ses recrues, toutes décevantes ou presque en ce début de saison où les Verts ne parvienne t pas à décoller de leur 20e place...

Laurent HESS
Rédacteur
Laurent HESS
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