Loïc Perrin
Loïc PerrinCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
ANALYSE

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Le choix des hommes »

Cette semaine, Didier Bigard fait le bilan du Mercato de l'ASSE en évoquant les choix de Laurent Batlles et Loïc Perrin. Mais aussi la mise à l'écart de Charles Abi...

Zapping But! Football Club ASSE : le palmarès complet des Verts

« On ne va pas tirer sur l’ambulance, devenue corbillard, ni sur ceux qui, pour ne pas avoir entendu la sirène alertant de l’urgence, l’ont suivi jusqu’au funeste destin qu’ils avaient entre les pieds, la relégation qui fera à jamais tâche sur leur CV et ne méritera que quelques lignes sur fond noir dans l’histoire du club. On va les oublier comme eux croient fermer les yeux sur le passé en se projetant sur un ailleurs. Quelques-uns restent en Ligue 1, qu’on évitera d’appeler élite. D’autres sont dans l’attente d’un contrat digne de ce qu’ils ont cru être parce que l’argent a coulé à flots dévastateurs pour qu’ils revêtent le maillot vert. Oublions ces corps meurtris sans doute puisqu’ils n’ont pu éviter de meurtrir des cœurs qui avaient cru en eux, en leur talent finalement au mieux furtif. Oublions mais si la vérité du football est toujours celle du terrain, gardons à l’esprit que ce n’est pas sur la pelouse qu’on a le plus souvent guetté le mensonge au cours de ces dernières années.

Rien n’a profondément changé, s’inquièteront ceux que se soucient de ces coulisses devenues discrètes mais pas aussi inactives que le laisse penser l’organigramme avec un trio Jean-François Soucasse - Samuel Rusten - Loïc Perrin supposé tout diriger. Pas sûr que Laurent Batlles ne songe qu’à ces trois hommes quand il lance « Demandez à la direction »  au sujet de la situation de Charles Abi. Que les actionnaires regardent le verre à moitié plein qui s’est largement vidé avec vingt-deux départs dont l’ultime, poids trop lourd, Adil Aouchiche. On lui souhaite de justifier un jour des qualités dans lesquelles avaient cru Claude Puel, un peu, et sans doute Bernard Caïazzo, beaucoup.

Que Charles Abi médite sur l’exemple Jean-Philippe Krasso

On l’incite à méditer sur ce mea-culpa de Sada Thioub dans Ouest-France « En arrivant à Saint-Étienne en janvier dernier, je me suis vite rendu compte que je n’étais pas au point physiquement. Ce que je faisais avant, ce n’était pas assez ». La même réflexion vaut pour Abi qui a quelques raisons de s’interroger sur son plafond de verre pas seulement vert, les Guingampais en ont fait les frais. Ces deux espoirs, au risque de s’éterniser, devraient aussi jeter un œil au parcours commenté de Léo Pétrot passé par Andrézieux « Une carrière tient à des détails. Ces moments difficiles m’ont rendu plus fort, me permettent de savoir d’où je viens et qu’il y a des choses que je ne peux pas me permettre ». 

Jean-Philippe Krasso, deniché à Épinal, révélé à Ajaccio pourrait embrayer. Pour avoir souvent émis des réserves à son sujet, on apprécie encore plus son explosion, son efficacité comme sa sagesse quand il relativise sa réussite en Corse « un niveau inférieur à la L1 ». Claude Puel ne s’est pas trompé sur lui, Olivier Pantaloni l’a conforté et il a aujourd’hui la fraîcheur d’une recrue pour avoir échappé au naufrage. Mais cessons d’enfoncer les autres, restés sans répondre présents, partis sans gloire pour être sortis de leur couloir. Et ne glorifierions pas avant la ligne d’arrivée ceux qui prennent le témoin brûlant, avec en point de mire des virages qu’ici on appelle Kops. Les starting-blocks ont eu du mal à les libérer et on les aurait aimé sprinters quand ils s’engagent sur une course de fond, mais on a envie de leur faire confiance comme on l’a fait dans le passé avec les bandes d’Henryk Kasperczak et André Laurent, Robert Nouzaret, Gérard Soler et Alain Bompard, Frédéric Antonetti et Christian Villanova. Thomas Dutang, dans Le Progrès, fait lui le rapprochement avec l’ère Galtier. Loïc Perrin ne peut qu’y souscrire au souvenir des Fabien Lemoine, Jérémy Clément, Renaud Cohade. « Ce sont des joueurs de club, des hommes dont l’état d’esprit correspond à nos valeurs, à la mentalité de Saint-Etienne. Il est super important que les gens qui viennent au stade puissent s’identifier. C’est la base. On ne veut jamais faire exactement pareil mais ce genre de recrutement a marché ». Il sait l’importance du choix des hommes. Il en connaît aussi les dégâts quand on se trompe. »

 Didier Bigard 

 

Pour résumer

Cette semaine, Didier Bigard fait le bilan du Mercato de l'ASSE en évoquant les choix de Laurent Batlles et Loïc Perrin. Lequel a expliqué qu'il avait donné attaché beaucoup d'importance à l'état d'esprit des joueurs recrutés...

Laurent HESS
Rédacteur
Laurent HESS
Podcast Men's Up Life
 

La quotidienne

Retrouvez tous les soirs une sélection d'articles dans votre boite mail.