Pascal Dupraz
Pascal DuprazCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
ANALYSE

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Le pire, c’est qu’ils n’assument pas »

Après la relégation de l'ASSE en L2, Didier Bigard cible les principaux responsables du fiasco stéphanois, à commencer par le duo de présidents, Pascal Dupraz et les joueurs...

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« Bien sûr que les premiers responsables sont les joueurs et que les noms de Bernardoni, Sacko, Moukoudi, Mangala, Trauco, Camara, Youssouf, Bouanga, Aouchiche, Khazri, Silva, Diousse, Nordin, Boudebouz, Moueffek et malheureusement Hamouma rejoindront dans les archives les patronymes pas plus glorieux de Verts ternis qui, en 1962, 1984, 1996 et 2001 ont envoyé l’ASSE en deuxième division ou Ligue 2, pour ceux qui croient le titre plus pompeux en 2022. Le déshonneur est là, mais on n’en rajoutera pas, parce que c’est la loi du sport, celle du plus fort, celle du talent, celle du cœur, celle de la cohésion et de la cohérence. A ce jeu, l’AJA Auxerre, en dix ans de purgatoire a su trouver quelques bonnes formules pour au final être meilleur qu’un club qui se croyait encore de l’élite.

Nous n’en rajouterons pas plus parce qu’il est inutile d’attiser la colère sourde et aveugle, surtout après une séance de lacrymo, de quelques éléments incontrôlables ou trop bien contrôlés. On comprend la déception des supporters pour avoir croisé un vieux journaliste en retraite qui avait vu naître le club, au bord des larmes à l’issue du barrage contre le Racing en 1984. On comprend la peine des fidèles et le désarroi des salariés, on sait l’importance du football à Saint-Étienne et du maillot vert bien au delà du Forez, de la fierté du passé, de l’espoir d’une couleur, mais le mot solidarité n’est pas seulement à clamer dans un vestiaire. Un match se joue aussi en tribunes et celles de Geoffroy-Guichard ont été trop souvent rendues désertes par esprit de contestation ou de provocation, par sanction, par rétorsion. Et elles le seront encore la saison prochaine.

Il y aurait eu un autre communiqué en cas de maintien avec la même finalité : la vente, enfin

Ceci n’exonère pas ceux qui ont ouvert les vannes de leur défense sans être capables d’efficacité dans l’autre surface de vérité, trop bien nommée pour résumer les lacunes de cette équipe. Mais on ne va pas oublier ceux qui nous ont vendu du sable dans ce désert et aujourd’hui cherchent le moindre caillou pour cacher leurs responsabilités ou les rejeter sur d’autres. Les deux actionnaires ? Tout a été dit sur des banderoles et après s’être présentés dans le costume de sauveurs, improbable duo de faux frères, ils ont revêtu l’habit sombre de fossoyeurs pour s’être accrochés à une gloire incertaine, à des dividendes peut-être. Ils vont partir, ce sera la seule bonne nouvelle tombée dans l’oreille des supporters en ce dimanche d’un vent mauvais de mai. Un communiqué a scellé le sort du club, sobre, froid, un autre plus chaleureux serait sortie en cas de succès même sans gloire. Avec la même finalité : la vente, enfin. Une page va se tourner, tristement, et on aurait bien aimé que le nouveau papa du vestiaire, de Ryad et des autres, vienne la tourner devant la presse, lui et ceux qui ont éjecté Claude Puel comme avant lui Ghislain Printant ou qui ont découragé Christophe Galtier, Oscar Garcia, Jean-Louis Gasset. On pourrait remonter à Elie Baup ou Frédéric Antonetti. Certains manœuvrent depuis si longtemps dans l’ombre avant de chercher la lumière qu’ils viennent d’éteindre.

On aurait aimé entendre Pascal Dupraz et ses patrons

Oui, on aurait aimé que celui qui aurait eu droit à un documentaire à sa gloire en cas de maintien, Pascal Dupraz, nous explique ses choix tactiques ou nous dise le fond sa pensée sur ces joueurs qu’il disait tant aimer. On aurait souhaité que ses patrons comme ils les appelaient, Jean-François Soucasse ou Samuel Rusten communiquent au delà des lignes publiées sur le site du club par les deux actionnaires. Cela viendra sans doute. Attention alors d’éviter le piège de se défausser sur ceux qui ne sont plus là, sur Puel, sur le passé. Sur ceux qui ont avalé des couleuvres pour faire croire que l’ASSE avait une équipe compétitive.

Dès le début de la saison le staff alors en place savait qu’il allait jouer pour éviter la descente. Les douze points, bilan de Puel, que Dupraz mettait de plus en plus en avant ces dernières semaines ont confirmé ces craintes. Le recrutement de janvier n’a rien arrangé. On explique aujourd’hui que le club a pris des hommes de vestiaire pour ressouder un groupe gangrené de clans. On aurait préféré des joueurs opérationnels et bons. Et on aurait apprécié en avoir bien avant. Demain peut-être... Mais retenons cet avertissement de Jean-Marc Furlan. « À Auxerre, on te répète tous les jours, nous on veut la L1. Mais il est difficile dans de tels clubs de mettre en place un projet… ». 

Didier Bigard 

 

Pour résumer

Après la relégation de l'ASSE en L2, Didier Bigard, ancien responsable des sports au Progrès, cible les principaux responsables du fiasco stéphanois, à commencer par le duo de présidents, Pascal Dupraz et les joueurs...

Laurent HESS
Rédacteur
Laurent HESS
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