ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : Les Ultras ont leurs raisons, Puel a les siennes
Claude PuelCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
ANALYSE

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : Les Ultras ont leurs raisons, Puel a les siennes

Cette semaine, Didier Bigard évoque le coup de pression des groupes Ultras après la déroute de l'ASSE lors du derby contre Lyon (0-5), et les difficultés rencontrées par Claude Puel avec le manque de moyens du club.

La concomitance des deux manifestations a conduit certains commentateurs en colère à mettre tout le monde dans le même sac. Mais non ! Si Marseillais et Stéphanois ont fait entendre leur voix le même jour devant les résultats de leur équipe respective, le raccourci serait trompeur. A l'Etrat, le face à face entre joueurs et supporters appelés à manifester par les Magic Fans, s'est déroulé sans heurts. Loin de ce que la Commanderie a subi dans la cité phocéenne. D'accord, il y avait eu dans la semaine des banderoles pas plus poétiques en gaga égaré, qu'en un Pagnol dévoyé, mais cette fois, on était revenu à un slogan plus parlant pour un vrai Steph « Lavez l'honneur de notre blason, allez au charbon ».

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Les Stéphanois ont été plus patients que les Marseillais

On ne va pas verser dans l'angélisme et voir les Verts plus blancs que des bleus. Frédéric Antonetti nous rappellerait à l'ordre en grattant le souvenir de sa première à Geoffroy-Guichard, les heurts et les grilles forcées à l'issue d'une défaite face au Havre. On ne vous fera pas croire que les héritiers des énervés d'hier sont modérés après vingt printemps chauds dans les kops et quelques hivers rigoureux sur le terrain. Le jeune de l'Etrat Sportif pris à partie pour avoir porté un maillot de l'OL à l'entraînement avant le derby nous reprendrait de volée. On peut même imaginer un ancien préfet nous expédier un arrêté polycopié au fil des décennies pour rappeler les incidents collectés par ceux qui voient le stade à travers la vidéosurveillance. Mais leurs écrans sont devenus gris, les tribunes tristes. Plus d'interdictions de déplacement, plus d'hélicoptères dans les airs, plus d'escadrons dans les rues, sinon celle de Verdun près du Centre Robert Herbin, la veille du voyage périlleux à Nice, pays de Roby. Plus que le bruit des pétards, c'est le discours des ultras qui a résonné sur le terrain Aimé-Jacquet, et a marqué les esprits. Les supporters avaient des raisons d'être là, de manifester leur colère après la claque lyonnaise, de dire leur mal-être qui ne tient pas qu'au Covid quand défaites et désillusions coagulent leur sang vert. Mélisande Gomez s'interrogeait dimanche dans l'Equipe sur la grogne marseillaise « Si, quand on est sixième on s'en prend aux joueurs et on casse, que fait-on quand on est dernier ». On doit reconnaître que les Stéphanois ont été plus patients. Peut-être parce qu'ils savent qu'il y a des raisons à cette seizième place loin des objectifs et des rêves.

Puel doit bricoler depuis le début de saison

On ne va pas revenir sur le pilotage à vue, ou plutôt à double vue, des dirigeants, sinon pour regretter une nouvelle fois, les retards pris sur le mercato. A l'Allianz Riviera, l'équipe a encore souffert d'un manque d'efficacité offensive qui oblige Claude Puel à bricoler depuis le début de saison. Esprit corporate, il ne s'était pas étendu avant le match sur les discussions ou embrouilles avec Zamalek pour Mostafa Mohamed, ajoutant «   Il n'y a pas de sauveur ». Mais il ne trompe personne, admet qu'un joueur peut changer le visage d'une équipe, que la blessure de Dante a handicapé les Niçois comme le départ de Fofana l'ASSE. Il est vrai toutefois que le problème des Verts n'est pas circonscrit au seul poste d'avant centre. Puel a souhaité l'arrivée d'un milieu, bien avant le derby dans lequel il a aligné un entre-jeu de gamins, pour des raisons qu'il lie au Covid, aux méformes et aux blessures « Les deux derniers matchs on les joue avec un groupe décimé ». Il sait qu'il doit remobiliser sans cesse un groupe qui n'avait pas fait preuve de caractère pour compenser ses lacunes face à l'armada de Garcia. Les supporters aussi le savent. »

Didier BIGARD