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par Alexandre Corboz
HUMEUR

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « On a juste perdu quelques années… et une division »

Plume historique du Progrès, Didier Bigard est revenu sur la descente de l'ASSE et les premières pierres de la reconstruction. L'occasion de revenir sur ce qui s'apparente à un énorme gâchis.

Zapping But! Football Club ASSE : La stratégie de Batlles est-elle la bonne ?

Un communiqué officiel pour souhaiter une bonne continuation à Pascal Dupraz le jeudi 2 juin à 19h02, un autre pour remercier Julien Sablé dans tous les sens du terme le même jour à 19h15, un troisième le lendemain à 18h48 pour annoncer la nomination de Laurent Batlles à la tête de l’équipe. Les dirigeants stéphanois n’ont pas perdu de temps. Eux qui nous avaient plutôt habitués à conclure des transferts dans la dernière demi-heure du mercato, quand l’affaire ne capotait pas dans les ultimes minutes, ont fait taire les doutes sur leurs talents de négociateurs. Trois jours plus tôt, le, 31 mai, sur France bleu, Jean-François Soucasse, sans faire mystère d’un changement de coach, avait juste dit espérer «  être en capacité de faire des annonces positives dans les meilleurs délais » en précisant  que le sujet était dans les mains de Loïc Perrin. Cinq jours entre le coup de massue de la descente et la refonte du staff! Le coordinateur sportif de l’ASSE a fait fort. 

On n’est, bien sûr, pas obligé de croire qu’aucun contact n’avait été établi avant cette triste semaine où d’imaginer que lors de leurs rencontres amicales, Loïc et Laurent, ne parlaient que cuisine, bons vins et peut-être football international. Disons que les liens noués sous le même maillot et nourris d’une réelle proximité ont permis d’accélérer les discussions. Disons surtout que ce choix était si naturel que seule une prudence professionnelle obligeait quelques confrères à mettre un bémol à ce qui était plus qu’une rumeur. Batlles pouvait-il être tenté d’aller voir à l’échelon supérieur? La réponse ne faisait guère de doute avec une nomination qui aurait dû se faire bien avant si les présidents du club n’avaient pas préféré entrer dans une spirale incertaine lancée par Oscar Garcia. Il aurait pu être le successeur naturel de Christophe Galtier qui avait décelé tout le potentiel de son joueur cadre. Il y a un an ce dernier expliquait ainsi dans l´Equipe « On s’est séparés parce que j’ai vite compris qu’il n’allait pas être heureux au poste d’adjoint. J’aime voir jouer son équipe. Il a un jeu très ambitieux, vraiment très ambitieux. Il cherche, il innove. C’était un joueur qui était un créateur. Ça se retrouve dans la manière dont peut s’exprimer son équipe. Avec les années qui vont lui servir d’expérience, je suis sûr que c’est un entraîneur qui atteindra le très haut niveau ».

Les joueurs, premiers responsables, sont désolés et demandent pardon. Un peu tard

Pour l’heure, ce ne sera que la L2, mais avec une page blanche qui devrait permettre de repartir sur de meilleures bases que celles qu’on a voulu nous faire croire solides tout au long de cette saison. « Le groupe vit bien, il n’y a pas de clans, les jeunes sont à l’écoute, les cadres les conseillent ». A force d’entendre ce leitmotiv, de Puel à Dupraz, on pouvait s’interroger sur ce besoin de le clamer. Sinon pour s’en auto persuader…

Aujourd’hui, on lit avec circonspection les messages d’Arnaud Nordin « Les mots manquent pour dire combien je suis désolé pour tous ceux qui ont cru en nous » ou Denis Bouanga « Des regrets ? De la colère ? De la tristesse ? Une forme de honte ? Ces sentiments sont multiples. Je pense à nos salariés du club à qui je demande pardon ». On aurait préféré des actes et à l’heure du bilan on reste rêveur devant les explications avancées par le staff évoquant en fin de saison la fatigue pour des joueurs employés à mi-temps. Leur chance a été que le public dirige sa colère vers Puel et les actionnaires, pas exempts de tout reproche, on l’a assez écrit. Mais là aussi, la page va se tourner. On ne chantera pas que c’est l’Amérique, mais si Bernard Caïazzo et Roland Romeyer parviennent enfin à aller au bout des discussions avec David Blitzer, on pourra soupirer que, comme avec Batlles, on  a juste perdu quelques années. Et une division.

La chronique de Didier Bigard

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