ASSE - Le Rendez-vous de Didier Bigard : « On n’en peut plus des discours lénifiants ! »
Puel, ici entre Trauco et HamoumaCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
ANALYSE

ASSE - Le Rendez-vous de Didier Bigard : « On n’en peut plus des discours lénifiants ! »

Didier Bigard revient sur le cuisant revers de l'ASSE lors du derby contre Lyon (0-5) et montre du doigt Claude Puel mais aussi ses joueurs. Et ses présidents.

« On voulait absolument gagner » s’est félicité Rudi Garcia à l’issue du derby. Et les Stéphanois? Nous ne sommes même pas certains qu’ils voulaient absolument ne pas perdre. Ne parlons pas de victoire qui aurait tenu du miracle avec cette équipe qui n’a remporté qu’un succès en dix-huit journées. « On espérait plus de qualité, de suspense, d’agressivité et on est très déçu pour ne pas dire en colère » a commenté Claude Puel en conférence de presse. On espère que sa colère se manifestera vraiment parce que cette fois ça suffit. On n’en peut plus des discours lénifiants, des bonnes intentions, de l’autosatisfaction après un nul, des « Ça arrive à tout le monde » après un ou trois penalties ratés, des occasions gâchées à la pelle par des cadres qui, à peine arrivés se voyaient déjà sur un tremplin pour l’Angleterre, des absences dans le marquage par d’autres ténors les crampons dans les pantoufles, des lignes disloquées, des jeunes qui parlent comme des anciens et qui jouent comme des vieux.

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Aucune excuse n’est recevable après un derby qu’on n’a pas joué

On n’en peut plus et on n’en veut plus des dissertations sur le manque d’expérience, le covid, les blessures. On peut avancer toutes les explications bateau du football, aucune excuse n’est recevable après un derby qu’on n’a pas joué.
Mais pour qui se sont-ils pris pour s’entêter à relancer de derrière par des petites passes face au pressing de Memphis et des autres artistes qui avaient sorti les bleus de chauffe face à ces petits garçons habillés de vert sans être des Verts ? A qui la faute ? Mais à tout le monde dans ce club qui est en passe de devenir le plus grand cirque de la Ligue 1, malgré la concurrence sévère de Marseille. Nous avons posé la question ici même le 25 novembre « Où sont-ils nos présidents ? » tant leur silence était assourdissant. L’un voyage loin et reste un éphémère stéphanois et si on a retrouvé le deuxième à la télé égyptienne, peut-être aurait-il mieux valu qu’il reste discret. Sauf à vouloir faire à tout prix de l’ASSE (une façon de parler pour un apôtre de l’économie) le champion des transferts ratés. Zéro euro dépensé, zéro recrue, pas beaucoup plus de zéro but marqué et zéro point.
Cette fois, il va bien falloir se pencher sur d’autres comptes que ceux que les deux actionnaires ont mis dans le rouge et ne semblent pas disposés à faire virer au moins à l’orange alors que leur club est régulièrement cité comme étant sous la menace d’un dépôt de bilan. Pas de quoi rassurer les investisseurs qu’ils ont hier découragés en voulant rester aux manettes. Celles-ci ci sont aujourd’hui brûlantes.

Pas sûr que Claude Puel ait abattu ses meilleurs atouts dimanche

Les chiffres qui alarment sont ceux de ce classement encore flatteur au point de laisser des autruches crier que « l’équipe se sauvera bien sûr », oubliant que si elle a quatre longueurs d’avance sur Dijon et Nîmes, sept sur Lorient, l’ASSE a aussi joué un match de plus (deux sur les Bretons). Gare au virtuel, au doux rêve alors qu’on est en plein cauchemar.
Guignol est Lyonnais mais a fait une incursion dans le Forez, ballon mal contrôlé au pied. On aurait pu écrire aussi que ni de jeunes poulains ni des chevaux réformés ne courent le prix d’Amérique, mais le football donne sa chance à tous, à condition de ne pas miser à côté de la plaque. Pas sûr que Claude Puel ait abattu ses meilleurs atouts dimanche, ses changements à la mi-temps le confirment. Pas sûr non plus que ceux qui se sont succédé sur la pelouse aient bien compris les consignes et l’enjeu d’un derby, du championnat même tout simplement. « C'est une grosse claque, on est abattus mais il y a un maintien à aller chercher en fin de saison » a lancé Kolodziejczak au micro de Téléfoot dans un éclair de lucidité absente pendant la rencontre. On voudrait croire aux actes, comme les supporters nantais quand ils entendent Traore dire après la défaite des Canaris à Metz « On ne peut s'en prendre qu'à nous-mêmes, nous sommes les premiers coupables. Il faut arrêter de dire que ce sont les entraîneurs. Il faut agir sur le terrain. » De belles intentions, mais comme le relève Domenech « C’est aussi un problème de qualité ».
Didier BIGARD