ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Quand il y a le feu, on appelle les pompiers »
Roland Romeyer et Bernard CaiazzoCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
OPINION

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Quand il y a le feu, on appelle les pompiers »

Didier Bigard évoque l'actualité de l'ASSE, comme chaque semaine. Il s'interroge notamment sur le silence des présidents, et sur le prochain Mercato.

« Au fait où sont nos présidents ? » interrogions-nous la semaine dernière. La question n’a pas dû faire sourire Bernard Caiazzo, lui qui ironisait un autre jour de crise « On ne pense à nous que lorsque les résultats sont mauvais ». Pas faux, de même que les actionnaires ne songent à trouver un nouvel investisseur que lorsqu’il y a le feu et qu’il faut appeler les pompiers. Ce n’est pas un hasard si nos confrères du Progrès ont retrouvé la trace du président du Conseil de surveillance à Dubai « où il était invité par le Ministère des sports ». Peut-être s’était-il un peu invité, mais c’était alors pour la bonne cause, que le président a lui-même précisé dans l’Equipe « C’est dur en ce moment avec le Covid-19 et c’est dans l’action que nous trouverons les solutions de survie ». En clair, il recherche bien des fonds pour renflouer les caisses et assurer l’avenir, et il définit au passage les rôles de chacun, celui de Roland Romeyer étant d’avoir les mains dans le cambouis : « Roland, c’est le quotidien. Le mien, c’est demain ».

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Qui investira dans un club dont les actionnaires ne veulent pas lâcher les rênes ?

On aimerait que demain soit aujourd’hui, mais un tweet de l’institution émiratie a laissé entendre qu’on en est qu’à un travail d’approche lointaine. Pourquoi des investisseurs se précipiteraient-ils d’ailleurs au chevet d’un club qui a été obligé de vendre son dernier actif Fofana (« Entre pérenniser le club et ses salariés et garder Wesley, il n'y avait aucun débat » dixit Puel) ? Même si Bernard Caiazzo poursuit ses recherches du côté des pétrodollars, après l’échec enregistré avec les dollars américains de Peak 6, il vaut mieux ne pas rêver. Qui investira dans un club dont les actionnaires ne veulent pas lâcher les rênes et c’est l’attelage Caiazzo - Romeyer qui va devoir cautionner quelques moyens supplémentaires pour le mercato hivernal. Comme c’est le rôle de tout actionnaire. Si pour sauver l’équipe avec Jean-Louis Gasset ils avaient pris des risques, couverts depuis par les transferts, ils n’ont pas accordé le même crédit à Claude Puel. Tout heureux que ce dernier y trouve son compte avec une politique de jeunes qu’il affectionne... même si les comptes au classement ne sont pas bons du tout.

Le débat du recrutement est ouvert et vif en interne

Le débat a été ouvert par le capitaine d’hier, Loïc Perrin, avant d’être étayé en interne par celui qui a repris le brassard des sages, Mathieu Debuchy, tous les deux sur Téléfoot. En évoquant la nécessité de recruter deux ou trois joueurs expérimentés en janvier, Debuchy a même mis les pieds dans le plat obligeant Puel à éviter les éclaboussures « Le mercato, c’est encore loin. Il y a six matches super importants d’ici la trêve et on n’a pas à se disperser dans ce genre de considérations ».Fermez le ban ? Peut-être pas. On écrira plutôt que le ballon a été passé par le joueur au staff et à sa direction, d’une façon assez appuyée « Je fais confiance au coach et à l’ASSE pour trouver les meilleures solutions pour repartir de l’avant. Il y a un ensemble de choses à mettre sur la table et à discuter ». Le point pris face à Lille ne change rien. Ce match a même mis évidence des données du problème, qu’on avait poussées sous le tapis en même temps qu’on y glissait des cadres. C’est ainsi le retour de ces derniers qui rappelle des questions sans réponse. On veut bien qu’ils manquent de rythme mais on est en droit de s’interroger sur ces problèmes physiques qui touchent aussi les plus jeunes, comme on le fait sur les blessures musculaires depuis plusieurs saisons. Dimanche, tous ont consenti beaucoup d’efforts mais n’ont été percutants que sur une mi-temps. Pourquoi ce manque de vitesse et de vivacité ? Il met en évidence des faiblesses techniques qui ne seraient  pas criantes avec du mouvement, des appels, des solutions pour le porteur du ballon. Le problème ne date pas d’hier, les actionnaires le savent. »

Didier BIGARD