ASSE - le rendez-vous de Didier Bigard : « Quatre jours pour avaler son chapeau »
La joie des Verts après leur victoire à RennesCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
INCONSTANCE

ASSE - le rendez-vous de Didier Bigard : « Quatre jours pour avaler son chapeau »

Cette semaine, Didier Bigard met en relief le contraste saisissant entre les deux derniers matches de l'ASSE, victorieuse à Rennes (2-0) après avoir été sortie de la Coupe de France à Sochaux (0-1)...

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 « Lents et désolants » aurait été le titre de notre papier si nous avions dû le rédiger au soir de l’élimination de l’ASSE à Sochaux. Nous aurions même pu ajouter « décevants, énervants, inquiétants, défaillants, inopérants, bégayants, déficients, plombants » tant pendant plus d’une heure nous avions amassé de rancoeur après cette grossière erreur de Cisse, face à l’impression de suffisance de certains, au manque de concentration et de détermination, à cette persistance à  repartir de derrière jusqu’à reculer pour le faire. Bien sûr il y avait eu cette fin de match qui a fait briller Mehdi Jeannin au point qu’on s’est demandé s’il n’allait pas être contacté par la cellule recrutement comme l’avait été Krasso l’an dernier pour avoir marqué contre l’ASSE en coupe avec Épinal. Insuffisant.

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Claude Puel très soft après l’élimination à Sochaux

Vous l’aurez compris, nous étions plus en colère que n’a semblé l’être Claude Puel très soft après cet échec. « C'est une grosse déception, ça ne fait pas plaisir de se faire éliminer d'entrée ». Nous avions trouvé qu’Abi avait joué à contresens, ne se créant aucune occasion, que Trauco avait été imprécis, que beaucoup avaient manqué de vivacité. Nous voulions débattre sur les mauvais choix du « manager général » comme l’appelle « amicalement » Patrick Guillou dans ses rubriques pour le Progrès. Mais pourquoi s’était-il privé de Khazri et Aouchiche ? Et pourquoi les joueurs n’avaient-ils commencé à jouer que dans le dernier quart d’heure ? Nous aurions adapté aux Verts cette remarque de Kombouare destinée aux Canaris « Ils savent qu’ils sont mauvais. Ils doivent être responsables ». 

Nous aurions ressorti les ciseaux comme le disaient les anciens qui savent qu’ils s’aiguisent dans la désillusion. Nous aurions aussi glissé en avoir assez de « vite tourner la page » comme le demandait Youssouf, parce qu’on n’arrête pas d’en froisser et qu’elles sont toutes très mal écrites. Nous aurions donné la leçon et nous aurions eu quatre jours pour avaler notre chapeau...

Tout simplement « verdoyants » à Rennes

Tenir une rubrique hebdomadaire nous a évité de nous étrangler en public, et c’est en toute discrétion que nous pouvons tourner notre veste devant notre écran, après ce Rennes-ASSE dont Puel avait écrit le scénario entre les lignes de son analyse à Bonal. « On a fait de bonnes choses sur un terrain difficile. Avec 21 tirs et 11 arrêts du gardien, les stats montrent qu'on a entrepris. J'ai bien aimé le contenu et c'est intéressant pour la suite. On n'a pas concédé une seule situation. Il va falloir rester solidaire, continuer à travailler, cravacher ».

Avec un brin de mauvaise foi on pourrait se gargariser de sa décision de titulariser Aouchiche et Khazri en Bretagne et passer sous silence qu’au coup d’envoi nous étions étonné de l’absence de Youssouf plutôt bon à Sochaux. Mais le football est une école de modestie dont nous avons usé quelques strapontins. Une fois de plus, une prestation a effacé la précédente (autre formulation du match après match). Parfois, c’est dans le mauvais sens, cette semaine, c’est dans la bonne direction qui aurait pu nous faire sortir des titres et relances style « Revitalisant, encourageants, réjouissants, pétillants, patients, probants, clairvoyants » ou tout simplement « verdoyants ».

Le débriefing de Claude Puel a été un peu plus... technique « On n'a pas eu la possession mais on est restés très solides, bien organisés en essayant d'exploiter la moindre situation ». Il a ajouté la force mentale de son groupe en évoquant le forfait de Modeste « On perd Anthony alors qu'il était bien, c'est un groupe qui se forge dans l'adversité. Chaque jour a son lot d'imprévus et j'aime la façon dont on répond dans ce genre de circonstances ». 

Mais lui aussi sait que les rebonds du ballon commandent la mesure « Il y a eu tellement de matches où on a dominé notre sujet, où on n'a pas été récompensés... Je ne sais pas ce qui fait la différence ». Et puisqu’on a déjà fait référence à Kombouaré, reprenons la déclaration du successeur de Domenech après le succès nantais à Angers « Ce n'est pas parce qu'on a gagné que j'ai eu raison ». Le football, le sport, apprend l’humilité... »

Didier BIGARD