ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Qui est responsable des échecs du Mercato ? »
Claude Puel et Bernard CaiazzoCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
OPINION

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Qui est responsable des échecs du Mercato ? »

Didier Bigard évoque l'actualité de l'ASSE et les vrais fausses arrivées de M'Baye Niang et William Saliba. Mais aussi Mediapro et le risque de faillite pour les clubs de L1...

« Poser la question « Y a-t-il menace sur le versement des droits télé ? », comme nous le faisions la semaine dernière, c’était y répondre. Claude Puel nous avait mis la puce à l’oreille en déclarant avoir connaissance d’un nouvel élément incitant le club à accepter l’offre de Leicester pour Fofana. « Certains redoutent des difficultés du côté de Mediapro » écrivions-nous en relevant l’inquiétude  des représentants des clubs professionnels: «La menace d’un effondrement économique pour la plupart des structures pourrait se concrétiser dès les semaines à venir par des situations de cessation de paiement ». 

Une interview du patron de la coûteuse chaîne Telefoot, Jaume Roures, à L’Equipe, a confirmé ce que beaucoup pressentaient. Mediapro ne veut, ou ne peut pas honorer son contrat tel que signé avant la pandémie. Vincent  Labrune a sonné l’alerte « Si je n’étais pas inquiet pour les finances de nos clubs, je serais irresponsable ». Dans l’immédiat, le nouveau président de la Ligue a trouvé un emplâtre à poser sur une jambe de bois avec un prêt pour suppléer le groupe catalan, 172M€ qui s’ajoute à celui, garanti par l’Etat, de 224,5M€ accordé par la Société Generale. Il faudra bien rembourser un jour et, à l’heure où la Ligue veut créer une société commerciale, elle peut se retrouver en position de faiblesse face à des investisseurs plus gourmands que bienveillants.

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Remplacer Fofana par Saliba et empocher 40 M€ plus les 25 ! Inespéré... et irréalisé

C’est justement pour ne pas tomber dans le portefeuille de ces opportunistes, comme les qualifie Waldemar Keita, le président de Nantes, que les dirigeants stéphanois ont cédé face aux Anglais. Ils sont d’autant plus fragiles qu’ils avaient anticipé la hausse des droits TV en empruntant il y a deux ans, pour recruter et aider Gasset à sauver l’équipe. La situation est suffisamment grave pour que Puel en adopte le ton en expliquant que l’ASSE ne pourrait pas recruter, même après le transfert de son plus grand espoir.

De quoi alarmer les supporters qui ont pourtant rêvé dans les dernières heures du Mercato. Quelques jours plus tôt nous avions évoqué la possibilité d’un prêt de Saliba avec un membre du club, mais ce dernier y croyait peu, Rennes étant sur les rangs. C’était sans compter sur l’attachement du jeune Gunner à son club formateur, à sa volonté de se relancer. Remplacer Fofana par Saliba et empocher 40 M€ plus 25 ! Inespéré... et irréalisé.

La cellule recrutement a-t-elle été surtout une cellule de dégraissage?

Qui est responsable de cet échec pour quelques tours de trotteuse dans ce marché minuté ? Selon les dirigeants stéphanois « toutes les conditions administratives n’ont pu être réunies en Angleterre », ce à quoi les Anglais répliquent que les Verts n’auraient « pas envoyé les derniers papiers nécessaires ». C’est un Brexit sans accord, avant l’heure, avec pour  seuls gagnants les Britanniques qui espèrent prêter Saliba à plus généreux. Les Foréziens seraient-ils parvenus à leurs fins en négociant plus en amont ? Ils ont caché leur jeu pour ne pas éveiller la concurrence. C'est perdu.

Échec encore pour l’attaquant voulu par Galtier, Garcia, Gasset et désormais Puel. Là aussi le coup aurait été parfait, mais M'Baye Niang n’est qu’un mirage. Que de sable soulevé pourtant pendant cinq jours, que de tractations, d’affirmations de ceux qui croient savoir, de tergiversations de ceux qui devraient savoir. C’est Saint-Etienne qui ne prend pas assez le salaire du joueur en charge. C’est Rennes qui ne lui paie pas une prime. C’est Niang qui réfléchit. Ce sont les agents qui font irruption à L’Etrat. C’est un film, aussi mauvais que celui d’un autre roi de la volte face à la stéphanoise, Salibur. La comparaison s’arrête là, Niang, lui, aurait pu devenir un prince de Geoffroy-Guichard. Et voilà qu’on nous joue du biniou après le baroque londonien. C’est pas moi, c’est l’autre, mais, là encore, à qui profite cet échec, sinon au prêteur qui espère une meilleure affaire ? Fallait- il, là aussi, s’y prendre plus tôt? La cellule recrutement a-t-elle été surtout une cellule de dégraissage ? Puisque Khazri, Boudebouz, Trauco sont encore là, elles sont peut-être là les recrues... »

Didier BIGARD