ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Sainté ferait un bon titre pour une série télé »
Roland RomeyerCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
UNIVERS IMPITOYABLE

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Sainté ferait un bon titre pour une série télé »

Cette semaine, Didier Bigard évoque les coulisses de l'ASSE plutôt que le terrain, avec notamment les tensions apparues en interne autour de Stéphane Ruffier ou Xavier Thuilot...

Ce n’est pas un bilan à mi-saison qui sera fait dans la France du foot au cours de cette semaine que les joueurs appellent en plaisantant « un long week-end », et qui n’est qu’une trêve de Noël même pas respectée par le Covid ou ses petits frères. Le virus a repoussé le titre de champion d’automne un peu plus loin dans cet hiver plus froid que jamais dans les stades. Mais entre nous, les conclusions ne seront pas vraiment bouleversées par les deux prochaines journées qui mettront fin à la phase aller, qui n’est pas allée si bien pour certains.

La valse des entraîneurs montre que les présidents ou propriétaires n’ont pas attendu pour donner le tempo, à Dijon, Nice, Nantes ou Paris. C’est celui qui paie qui décide, qui a le droit de jouer au chef d’orchestre et de mettre des coups d’une baguette qui n’a rien de magique, à la manière d’un Bolloré à la porte duquel le foot frappe. Mais seulement pour que Canal sauve ce qui peut l’être après le fiasco Mediapro. Pas pour prendre des billes dans un club. Il serait capable de mettre sur le carreau toute une équipe parce qu’il a entendu rire dans le vestiaire à un bon mot de Stéphane Guy...

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Tout le monde était-il d’accord sur la mise à l’écart de Ruffier?

Les dirigeants de l’ASSE rêveraient peut-être d’être aussi expéditifs avec Ruffier, autre Stéphane, histoire de gagner du temps et d’économiser des frais d’avocat. Mais les contrats sont plus solides dans l’univers du ballon que dans celui de la télé, Loïc Perrin le consultant de Téléfoot peut en témoigner. Mais au fait, les dirigeants sont-ils vraiment convaincus qu’il fallait écarter le gardien qui a été si longtemps celui de leur temple? Pas sûr, même si des communiqués ont fait part d’un consensus officiel. Il y a eu débat comme le prouvent les propos d’un proche de la direction que nous avions rapportés le 17 août. Évoquant la mise à l’écart de joueurs cadres, il s’inquiétait « C’est bien gentil mais s’ils ne partent pas, il faudra les réintégrer et les gérer.» Comme cela arrive parfois (!) les deux actionnaires n’avaient pas tout à fait le même avis sur la politique sportive, même si, au final, l’attaque de l’un n’a pas été frontale, n’a pas concerné les choix du coach.

En vous révélant la semaine dernière qu’il y avait eu quelques vives discussions lors du dernier Conseil de surveillance autour de la direction administrative, nous laissions chacun en tirer des conclusions pas très difficiles à trouver. Est-il besoin de rappeler que Roland Romeyer s’était opposé jusqu’au dernier moment à l’arrivée d’un directeur général, que ce soit Xavier Thuillot ou un autre d’ailleurs. Il avait tout juste eu le temps de reprendre sa place dans le bureau directorial, après avoir obtenu le départ de Frédéric Paquet qui, déjà, lui avait été imposé au plus fort d’une crise sportive. Il n’avait pas envie de laisser à nouveau les clés de la maison. S’il avait cédé, il nous avait fait comprendre que ce n’était pas de gaieté de cœur avec un « Tu es content, c’est ce que tu voulais, on a pris un directeur général...»

Vivre à crédit se paie comptant comme à Lille avec l’éviction de Gérard Lopez

La gouvernance de l’ASSE, ce n’est pas un Dallas du 21eme siècle mais Sainté ferait malgré tout un bon titre pour une série télé. Des frères peuvent prendre des chemins plus ou moins parallèles, ceux de Bernard Caïazzo et Roland Romeyer divergent parfois, s’éloignent ou se rapprochent selon les circonstances, les résultats.

A quoi faut-il s’attendre en 2021 que l’équipe entamera dans la grisaille et qu’on reparle de vente? Bernard Caïazzo a prospecté dans les Émirats comme il l’avait fait il y a un an et demi aux USA où le club avait été poussé à participer à un tournoi catastrophique en pleine préparation de la saison. C’était alors une initiative de la Ligue avec à sa tête Didier Quillot, le même dont on murmure le nom pour un projet de reprise de l’ASSE... ou de l’OM. Au club, on s’en est étonné en l’absence de tout contact avec l’ancien directeur général de la Ligue. Mais ne nous a-t-on pas toujours dit que si des investisseurs étaient intéressés ils devaient passer par une banque mandatée pour étudier les dossiers de reprise? La situation des clubs français font qu’ils sont des proies faciles pour des fonds d’investissements et l’ASSE ne fait pas exception. Vivre à crédit se paie comptant comme à Lille avec l’éviction de Gérard Lopez. Pour avoir vu s’envoler le mirage Mediapro, Didier Quillot est bien placé aussi pour le savoir. Mais il n’est pas le seul. 

Didier BIGARD